CHAPITRE VI
0 s'agit maintenant de savoir ce qui arrive au poids du corps lorsqu'il a atteint dans l'eau le jwnt de saturation. Reste - 1 - il stationnaire , ou teroit-il? Ou, en d'autres termes, subit-il des pertes malgré la présence de l'eau, lorsqu'il est saturé?
Voici le résultat des expériences que j'ai faites,' One tarde pas à décroître en poids, mais ce décroîssement n'est pas continu. Il y a des alternatins de diminutÎQn et d'augmentation ; mais dans ces fluctuations, les accroissemens ne dépassent point le terme de saturation où les pertes avaient commencé.
On voit que c'est ici que les phénomènes de la nutrition commencent à se manifester, puisqu'il y a un échange de substance absorbée et excrétée ; cet aussi la limite où je dois m'arréter dans ce genre de recherches, qui n'est pas compatible avec an examen plus approfondi de ce sujet.
Cependant, avant de le quitter, je dois m'arréter un instant pour dire un mot sur la nature de ces pertes et l'influence que la température exerce sur elles; connaissance indispensable pour apprécier les phénomènes de la transpiration dans l'air et Faction de l'atmosphère. J'observerai d'abord* qae pendant la transpiration dans l'air , nous n'avons considéré que les pertes de poids , sans oaminer si , dans les liquides perdus par la transpiration , il y avait autre chose que de l'eau. C'est qae, dans ces circonstances, la distinction n'était
ÎOO PREMIÈRE PARTIE/
terme ayant d'atteindre le peint de saturv Il arrive donc un temps où l'accroissement cessif de poids s'arrête. Voyons maintena r marche de l'absorption pendant ce temps - . est décroissante, ainsi que nous l'ayons rem "pour la transpiration dans l'air, lorsque la tr ~ j rature n'est pas très-élevée. De plus, ce déc * ment est très-rapide , à mesure que les ar se rapprochent .de la saturation : de manier r * si l'on veut les comparer sous le rapport d -• • tesse de l'absorption , il faut , toutes chose "^ \ . d'ailleurs , qu'ils soient également éloignés Ar^ point de saturation : alors les résultats devi -* ^- .. comparatifs. Si, au contraire, ils différerai coup à cet égard , les résultats sont très-di et l'on voit que ceux qui sont le plus éloj • ^ lg .«. terme de la saturation absorbent beaucofùse^v vite que ceux qui en sont rapprochés C0^«1* 4" Eu comparant la vitesse de l'absorption je ^7*: de la transpiration, dans le cas où celle- ti^ *** plus rapide, on trouve qu'elle peut être^; j ^ °°r plus grande; mais il est évideht , d'aprè^^J précède, que ces rapports varieront sp^.^' distance du point de saturation. 11 rés'^ J^a moins de cette comparaison que les pertïjjjL ^ transpiration dans l'air peuvent se répî1^^ P' l'absorption de l'eau , dans un temps h^^oii court que celui pendant lequel ces pertes on^" ** r
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pas facile, et que le premier pas à faire était de déterminer la perte par la transpiration sans eu examiner la nature. Il n'en est pas de même lorsque l'animal est placé dans l'eau. On peut distin-* guer, suivant les circonstances de température et le laps de temps, qu'il se fait une excrétion de matières solides; car l'eau se trouble beaucoup dans les temps chauds, et contient seusiblcmçnt des matières animales.
Cette première observation s'accorde parfaitement avec l'analyse qui a été fuite de la sueur de l'homme, qui démontre qu'elle contient une matière animale et une grande proportion d'eau. Sans examiner davantage la nature chimique de cette substance, cette observation suflitpour rendre raison des fluctuations du poids du corps dans l'eau. Les pertes par l'excrétion des matières animales se rétablissent d'abord par l'absorption de ce liquide; mais si Von prolonge ces observations dans un espace de temps assez, considérable , on trouve un décaissement réel et progressif dans le poids du corps,. malgré les fluctuations. C'est que les pertes considérables de matières animales changent la capacité de saturation du corps pour l'eau, et l'absorption alors ne ramène plus le corps au point de départ. Far la même raison la vie finit par s'éteindre, si des matières plus nutritives que l'eau ne viennent réparer les pertes de substance animale.
J'appelle capacité de saturation pour l'eau la
GHAPITBS VI. !03
qaantitéde ce liquide qu'un animal peut contenir cotre les limites de la plus grande inanition et de la plus grande réplétion. Elle se mesure de deux façons; d'abord, en supposant l'animal sa-* taré de liquide > elle peut se mesurer par la quantité qu'il perd par la transpiration avant de mourir, lorsque ses pertes ne sont pas réparées; et dans ce cas, il passe du terme de saturation au terme d'inanition ; en second lieu, par la quantité d'eau qu'un animal peut absorber , lorsqu'à* tant à son point d'inanition relativement à l'eau, on le mçt dans ce liquide : il augmente alote progressivement de poids jusqu'à ce qu'il arrive au maximum d'accroissement: le poids qu'il acquiert ainsi est une mesure de sa capacité de saturation pour l'eau.
On volt par ce qui précède, que lorsqu'un de ces animaux est! placé dans l'eau , sa peau exercedeux fonctions qui agissent en sens inverses dont le rapport détermine le poids de son corps. J'ai pensé qu'il serait intéressant de déterminer quelle influence des variations dans la température exerceraient sur les rapports de l'absorption et de la transsudation .
J'en ai constaté les effets sur les mêmes an imaux, dans des quantités d'eau semblables,- à o* 20° et 3o* ceutigr*
Il est résulté d'expériences comparatives qu'à zéro l'absorption l'emporte de beaucoup sur les pertes, tandis qu'à 3o° les pertes sont plus grandes
que les accroissemens de poids par absorption (î) j* de sorte qu'il doit y avoir des degrés intermédiaires où les alternatives d'accroissement et de diminution tendent à l'égalité.
On observait de plus que l'élévation de température dans l'eau agissait sensiblement pour augmenter les excrétions de matières animales ; nous pouvons donc présumer , sans craindre de trop étendre la conclusion , que cet agent produit un effet analogue sur la transpiration dans l'air. Or, les mouvemens de l'air, auxquels on ne reconnaît guère d'action chimique, doivent influer moins que la température sur les excrétions de matières animales , et agir , par conséquent , pour augmenter la proportion de la partie aqueuse qui se dissipe dans la transpiration.
Les effets de la sécheresse et de l'humidité paraissent influer aussi moins que la température sur les pertes de matières animales.
Je n'insisterai pas davantage çur ces considérations; j'ai poussé mes recherches & cet égard aussi loin que je l'ai pu, à l'aide d'expériences physiques , et la nature de ce travail m'interdit d'empiéter sur le domaine de la chimie.
Je termine ici mes recherches sur la famille des batraciens ; je n'en présenterai pas le résumé ;' une pareille récapitulation ne pouvant offrir d'intérêt qu'en établissant une comparaison entre ces résul-
(0 Fojratth. i5, 16 et 17.