‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 64 sur 206 · CHAPITRE I. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. l

ce qu'il fat de toutes parts eu contact avec l'annmal.

J'ai pris ainsi la température de petits chiens nouveau nés» qui étaient à la mamelle. Je lai trouvée à-peu-près égale à celle de leur mère , ou inférieure d'un ou deux degrés; mais comme cette différence n'est peut - être pas constante , et que les adultes en présentent de semblables entre eux,, on peut la négliger, et conclure de cette observation que la température des jeunes animaux n'est pas supérieure à celle des adultes. Voilà ce qu'on observe lorsque l'animal nouveau né est placé près de sa mère; niais en changeant les conditions, on obtient des résultats bien différens.

Si, à une température de l'air de 10° à ao° % on éloigne un chien nouveau né de sa mère* et qu'on le tienne isolé pendant une heure ou deux, on remarque que sa température baisse considérablement; et cet abaissement continue encore jusqu'à ce qu'il s'arrête à un petit nombre de degrés au-dessus de la température extérieure. Ce phénomène a lieu dans l'espace de trois ou quatre heures , quoiqu'on ait soin de ne prendre ces jeunes animaux, pour les isoler, que lorsqu'ils sont dans toute leur vigueur, après avoir pris une nourriture suffisante, et que leur température ne diffère guère de celle de la mère.

Ce n'est pas le défaut de nourriture , dans un si court espace de temps , qui produit cet effet : cpiand même il eu dépendrait , il n'en serait pas

moins remarquable par la différence qui existe sous ce rapport entre les jeunes animaux et les adultes. Mais rabaissement commence aussitôt que ces petits animaux sont éloignés de leur mère , ei non-seulement cinq minutes suffisent pour le rendre évident ; mais il a lieu , dans le même intervalle, pendant tout le temps du refroidissement p seulement dans des proportions variables. On peut d'ailleurs s'assurer par une expérience directe que le défaut de nourriture , dans ce court espace de temps , ne règle pas ce phénomène ; car en donnant de temps en temps du lait au jeune animal „ pendant qu'il est isolé de sa mère , sa température n'en baisse pas moins (i).

Ce phénomène ne se borne pas aux petits chiens , il s'observe encore sur les chats et les lapins nouveau nés (a). Quelle qu'en soit la cause, il est évident qu'ils présentent le phénomène priucipal qui caractérise les animaux à sang froid; celui d'éprouver des variations de température correspondantes à celles de l'atmosphère, et de n'en différer que d'un petit nombre de degrés.

On peut supposer que la production de la cha— leur est la même chez ces jeunes animaux et chez les adultes ; mais que les conditions de refroidissement dépendantes de l'enveloppe n'étant pas les mêmes dans les deux âges , il en résulte une tempe-?

(i) T'oyez lab. 3i el 32.

(2) t'ojez i*l. 33 cl 34.

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rature différente. Il est évident qu'une différence dans les enveloppes naturelles doit en produire une dans les quantités de chaleur perdues dans' un temps donné, et que, par conséquent, la tempéra-* tare de ces jeunes mammifères peut s'en ressentir. Le lapin , par exemple, naît la peau presque nue, aussi se refroidit- il plus vile que les chiens et les chats nouveau nés; mais ceux-ci naissent la peau bien garnie de poils , et la différence qu'ils présentent à cet égard avec les jeunes lapins est évidemment plus grande que celle qu'ils offrent sous ce rapport avec les adultes. C'est pourquoi cette condition n'influe que secondairement, et ne peut se faire sentir que par une moindre vitesse de refroidissement. Ils arrivent tous à-peu-près au même terme , malgré la différence de leurs tégumens , en y mettant plus ou moins de temps.

On peut .d'ailleurs prouver directement que la, différence de l'enveloppe n'est pas la cause principale de leur refroidissement. Il est facile , par le moyen d'une enveloppe artificielle, de compenser les avantagea qu'ils retireraient d'une fourrure plus épaisse ; on peut même par ce moyen mettre J'avantage du côté des jeunes animaux ; mais ils ne se refroidissent pas moins au même terme : seulement leur refroidissement est plus lent.

H faut doqc admettre une autre cause de rabaissement de leur température > qui ne peut consister que dans la production de moins de chaleur dan& un temps donné,

l36 TROISIÈME PARTIE.'

Nous examinerons' maintenant les changemens qu'éprouve la température de ces animaux suivant les progrès de leur âge. Dans les premiers temps, on observe peu de différence. Mais. en suite leur refroidissement devient beaucoup pins lent , Quoiqu'ils arrivent au même degré ; enfin , leur température baisse de moins en moins , jusqu'à ce qu'elle se soutienne à-peu-près ^gale à celle des adultes, au-dessus d'une tempéra— ture extérieure moyenne. JC'est ordinairement au bout de quinze jours que ce' changement a lieu (i).

Ce changement remarquable qui s'opèi* chex les jeunes mammifères , sous le rapport de leur température, les fait passer de l'état d'animaux à sang froid à celui d'animaux à sang chaud.

On aurait tort de conclure de ces expériences que tous les mammifères nouveau nés présentent les mêmes phénomènes que ceux dont nous venons de parler. Si l'on prend la température de jeunes cochons d'Inde nés à une température de l'air égale à celle que nous venons d'indiquer (de io° à ao° ), on trouve qu'elle est à-peu-près égale à celle des adultes ; et si on les tient isolés dans les mêmes circonstances , leur température ne baisse pas. Beaucoup d'autres animaux de cette classe sont dans le même cas. Ainsi les jeunes mammifères se divisent en deux groupes , sous le

(i) Fojez lab. 55 et 56.

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