CHAPITRE I
/raidissement. La petitesse des jeunes oiseaux peut certainement y influer.
0 est évident qu'un corps de jtetit volume se refroidit, toutes choses égales d'ailleurs, plus promptement qu'un autre de plus grandes dimensions : s'il est dans le cas de produire de la chaleur, et qu'il en développe en quantité suffisante, il réparera ses pertes, et conservera sa température, quel que soit son volume. C'est précisément le caractère distinctif des animaux à sang chaud adultes. Leurs dimensions sont infiniment variées : cependant leur température est semblable. Les plus grandes disproportions de volume n'affectent pas le degré de leur chaleur. Un roitelet la conserve de même que l'aigle, lorsque la température extérieure n'est'pas extrême. On ne peut donc attribuer h la petitesse de ces jeunes oiseaux le refroidissement qu'ils ont subi à une chaleur douce de l'air, mais au peu de chaleur qu'ils produisent. Je m'en suis d'ailleurs assuré en comparant entr'eux de jeunes oiseaux qui diffèrent beaucoup de grandeur. Des éperviers déjà couverts d'un duvet épais et presqu aussi groa que des pigeons, dans un air à 17% subirent un abaissement de i4° ou 1 5°. Us ne diffèrent guère des jeunes moineaux et des hirondelles placés dans les mêmes circonstances que par un refroidissement un peu moins rapide (1). Tout concourt donc à prou-
(1) Vojcl lab. 38.
de cette nature. Le fait est trop important pour qu'on ne cherche pas à le vérifier par des recherches directes.
Je dépouillai un moineau adulte de ses plumes, en les coupant de manière à le dénuder entièrement : j'exposai en même temps à l'air , qui était à 18% de jeunes oiseaux de même espèce, que j'avais tirés de leur nid , où ils avaient une chaleur convenable , et qui étaient en partie garantis par des plumes. Cet abri leur donnait l'avantage, et les mettait dans une condition plus favorable pour les soustraire à l'action de l'air. Cependant ils se refroidirent, comme dans les expériences précédentes , au point de ne différer que d'un ou deux degrés de l'air extérieur, tandis que le moineau adulte , qui était tout-à-fait nu, conserva la température qu'il avait avant l'expérience , et ne paraissait nullement souffrir de sa nudité. Sans aucune enveloppe qui le garantît , il ne laissa pas de soutenir sa température à 200 au-dessus de celle de l'air, sans mouvemens, sans efforts, sa source intérieure de chaleur étant assez abondante pour compenser ses pertes. Il faut donc, au contraire, qu'elle soit très-faible chez les jeunes oiseaux, puisqu'ils subissent un refroidissement si considérable, malgré le secours de leurs plumes et la température élevée de l'air.
Pour ne rien omettre qui puisse laisser des doutes sur la justesse dé cette conclusion, il faut tenir compte de l'influence du volume sur le ré-
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jours âpres, ils se refroidissaient beaucoup nioins , lorsqu'au les exposait au même degré de froid* Cependant on ne reconnaît guète de différence » l'extérieur x nouvelle preuve que l'inégalité de refroidissement, à différentes époques de la jeunesse, dépend principalement de Ut différence dans la production de chaleur. .
Cette influence de Tige ne se borné pas aux oiseaux > je l'ai constatée sur des mammifères. De jeunes cochons dinde sont> à leur naissance, en état de marcher , de courir et de prendra la même nourriture que leutf mère* Ils n'ont pas besoin d'être réchauffés par elle > et paraissent avoir une température également stable lorsque la èaison n'est pas rigoureuse ; mais ils n'ont pas la même faculté de la soutenir lorsqu'on les expose au froid* Je me suis assuré* par les mêmes moyens que j'ai employés pour les oiseaux, que cette différent* t$t mit également à une plus faible production d* chaleur (i).
in prenant donc Une vue générale de toute» ta expériences snr les emimanx à stog chaud; nous arrivons à cette conclusion , qu# Jttir fe-r culte de produire de la chaleur est à 30a Jaini* mum à l'époque de leur naissance, et qu'elle s ao croît successivement jusque l'âge adulte» ,
(0 FbjTàub. 43. l
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