CHAPITRE I. l5g
que leur température ne se soutint qu'à un degré fttt~dessus de celle de l'aîr (i).
On sait que ces oiseaux naissent sans plumes , et l'on pourrait attribuer à l'absence ou au peu de développement de celles *- ci les phénomènes de refroidissement que nous venons d'exposer.
Les plumes doivent être considérées comme une enveloppe ; elles font l'office de nos vêtemens. L'enveloppe conserve , mais ne produit pas la chaleur. Le foyer en est dans l'intérieur de l'animal; c'est là qu'elle se forme et se renouvelle. Les vêtemens naturels ou artificiels en retardent rémission , et contribuent ainsi à maintenir la température du corps ; mais si la production de chaleur est faible, la température ne laissera pas que d'être basse malgré la présence de l'en-* veloppe. Or, s'il est vrai que les oiseaux sont de tons les animaux à sang chaud ceux qui pro~ doisent le plus de chaleur, la nudité de leur corps ne devrait pas les empêcher de soutenir leur température, surtout lorsque l'air extérieur est chaud, puisque l'homme et quelques mammifères qui ont la peau nue ont cette faculté. Nous pouvons donc présumer que les jeunes oiseaux qui se refroidissent à l'air ne produisent pas autant de chaleur <pœ les adultes. Ce raisonnement , quelque probable qu'il soit, ne suffit pas dans une question
(i) Voyez lab. 3.7.
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de cette nature. Le fait est trop important pour qu'on ne cherche pas à le vérifier par des recherches directes.
Je dépouillai un moineau adulte de ses plumes, en les coupant de manière à le dénuder entièrement : j'exposai en même temps à l'air , qui était à 18% de jeunes oiseaux de même espèce, que j'avais tirés de leur nid , où ils avaient une chaleur convenable , et qui étaient en partie garantis par des plumes. Cet abri leur donnait l'avantage, et les mettait dans une condition plus favorable pour les soustraire à l'action de l'air. Cependant ils se refroidirent, comme dans les expériences précédentes , au point de ne différer que d'un ou deux degrés de l'air extérieur, tandis que le moineau adulte, qui était tout-à-fait nu, conserva la température qu'il avait avant l'expérience, et ne paraissait nullement souffrir de sa nudité. Sans aucune enveloppe qui le garantît , il ne laissa pas de soutenir sa température à 200 au-dessus de celle de l'air, sans mouvemens, sans efforts, sa source intérieure de chaleur étant assez abondante pour compenser ses pertes. Il faut donc , au contraire , qu'elle soit très-faible chez les jeunes oiseaux, puisqu'ils subissent un refroidissement si considérable, malgré le secours de leurs plumes et la température élevée de l'air.
Pour ne rien omettre qui puisse laisser de» doutes sur la justesse dé cette conclusion, il faut Itstûr compte de l'influence du volume sur le ré-
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Ici commença une nouvelle époque qui les élève dans l'échelle des êtres : dans l'âge qui la précède ils sont asservis à la température extérieure , et fautant plus qu'ils sont plus rapprochés de l'époque de leur naissance» »
Ce premier âge, où ils sont compatibles aux animaux & sang froid, s'écoule rapidement; il ne dure guère que trois semaines ou un mois* Dans ce court espace de temps tout l'être s'est développé , tt si les changement extérieurs sont visibles , il s'erf est opéré d'intimeâ qui sont bien plus importons, puisque de ceux-ci dépendent la formation et le renouvellement de la chaleur»
Ces phénomènes, que j'ai constatés parles expériences et les observations précédentes, ne sont pas communs à tous les jeunes oiseaux. Tous ne naissent pas dans cet état où ils se refroidissent si facilement. U en estxpii éclosent avec la faculté de tooserver une température élevée, lorsqu'ils sont «posés h Pair dans une saison favorable. Us naissent à l'époque qui caractérise le second, âge des autres oiseaux. Ils ont franchi le premier avant de naître, et viennent au monde dans. un état plus avancé. Au sortir de l'œuf , ils âoni'dans la coihdition oh les autres n'arrivent que plus tard. À peine éclos, ils peuvent manger et ctmrir. C'est enfin vers l'époque où les autres oiseaux acquièrent cette faculté après leur naissance qu'ils développent la même chaleur. / *
Cependant ceux qui marchent en naissant n'ont
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pas leur plumage; ils ne sont revêtus que de duvet qui, à la vérité, est épais , mais. qui ne doit pas les garantir comme les plumes bien fournies qui les couvrent dans un âge plus avancé. Us ne laissent pas néanmoins d'avoir une haute température , nouvelle preuve , s'il fallait de nouvelles confirmations, que la différence de chaleur que nous avons observée dans le premier âge ne tient pas essentiellement à ces enveloppes.
Nous avons vu que les mammifères qui naissent les yeux fermés et les oiseaux qui écl osent sans plumes, produisent si peu de chaleur qu'ils se comportent à l'air comme des animaux à sang froid. Nous avons suivi les changemens qu'ils subissent à cet'égard avec les progrès de l'âge, et nous avons fait connaître l'époque où ils acquièrent la fatuité de soutenir une température élevée , lorsqu'ils sont exposés sans abri à l'action de l'air. Examinons maintenant les circonstances où ils jouissent de cette faculté. Us naissent ordinairement en été, et lorsqu'ils sont en état de ne pas subît de refroidissement à l'air, ils y trouvent une douci chaleur. Cette condition leur est favorable; maî< si elle venait à changer, trouveraient-ils assez «J< ressources en eux-mêmes pour résister au fjroit comme l<fe adultes? Pour ne pas compliquer* h question, nous supposerons le froid modéré et. <V peu de durée, et, s'il est possible, toutes les coudi tions égalée , excepté l'âge : les jeunes animaux oo n serveront-ils leur température de même que le
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adultes? Cest ce qui aurait lieu s'ils produisaient artant de chaleur; car les pertes étant les mêmes , tk auraient la même faculté de les reparer. On peut les mettre à l'épreuve en exposant les uns et tes autres à un froid artificiel. Dans cette vue, je ne procurai, au printemps, une température d'hiver, en plongeant des vases dans un mélange de sel et de glace. Ils étaient semblables en tout point : 1 air s'y refroidissait et se maintenait à-f» 4°* Je choisis de jeunes oiseaux dont la température paraissait fixe. Dans une atmosphère artificiellement refroidie, comme je viens de l'exposer, je plaçai de jeunes pies et les y laissai un court espace de temps. Après 20 minutesl'uned' elles avait baissé de i4*« J'examinai les autres à difierens intervalles , dent le plus grand n'excédait pas une heure dix minutes : elles s'étaient refroidies de i4° et i<5°; refroidissement considérable et . rapide , et que ces animaux ne pourraient guère dépasser , safis mourir.
Comparons maintenant à ces jeunes oisteailix un adulte de même espèce, et placé dans les inerties ctiwnstances : il ne s'est refroidi que de 3% différence légère, qui n'est pas incompatible aiy ecfl'état de santé*.
Quelles sont les causes qui influent sur cette inégalité de refroidissement ? Elles ne ^peuvent se rapporter qu'aux animaux > puisque les conditions extérieure» sont les mêmes. La grandeur et le plumage 'diffèrent peu; car, ainsi que je l'ai dit,
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de cette nature. Le fait est trop important pour qu'on ne cherche pas à le vérifier par des recherches directes.
Je dépouillai un moineau adulte de ses plumes, en les coupant de manière à le dénuder entièrement : j'exposai en même temps à l'air , qui était à 18% de jeunes oiseaux de même espèce, que j'avais tirés de leur nid , où ils avaient une chaleur convenable , et qui étaient en partie garantis par des plumes. Cet abri leur donnait l'avantage , et les mettait dans une condition plus favorable pour les soustraire à Faction de l'air. Cependant ils se refroidirent, comme dans les expériences précédentes , au point de ne différer que d'un ou deux degrés de l'air extérieur, tandis que le moineau adulte, qui était tout-à-fait nu, conserva la température qu'il avait avant l'expérience , et ne paraissait nullement souffrir de sa nudité. Sans aucune enveloppe qui le garantît , il ne laissa pas de soutenir sa température à 200 au-dessus de celle de l'air, sans mouvemens, sans efforts, sa source intérieure de chaleur étant assez abondante pour compenser ses pertes. Il faut donc, au contraire, qu'elle soit très-faible chez les jeunes oiseaux, puisqu'ils subissent un refroidissement si considérable, malgré le secours de leurs plumes et la température élevée de l'air.
Pour ne rien omettre qui puisse laisser des doutes sur la justesse dé cette conclusion, il faut tenir compte de l'influence du volume sur le ré-