CHAPITRE II. l4g
leur classe ; maïs quand on les observe plus tard 9 dans leur hibernation , leur température e$Jt très* basse, et souvebt à peine supérieure à celle de fatmosphère. Us semblent alors avoir ctyapgé de nature; ils. paraissent avoir subi une métajnoi*phose qui, d'animaux à sang chaud, les a convertis en animaux à sang froid. Ils en ont , en effet, plu-» sieurs caractères ; ils sont engourdis comme de$ reptiles ; leurs mouvemens respiratoires sont irréguliers , faibles et long - temps suspendus , et ce qu'il y a de très-remarquable , cet état persiste plusieurs mois , pendant lesquels ils peuvent, se passer de toute nourriture* On ne, saurait guère imaginer deux modes d'existence plus opposas./ . Ces effets proviennent-ils 4' une modification de structure qui change leur man ière de vî vrg^cçnyrçe, quelques-uns Font pensé? Ou, cousjçiyirot^Jar même organisation dans lç coity^ des ^ùçcyo/^ piresentent-ils des phénpii}èn<|s c^fféren^ petrep <pie. leur tempérament est asservi aux variations $ç V^t-
Si Ton réfléchit que c'est seulement lorsque .fa température baisse en automne qu'ijjsu $$ retirent dans des cavités, 014 on \es trouve !en^rite froids et engourdis, on peut présumer que c'est l'action de cette cause qui produit cet effet ; etf? d'aprè^ ttout ce que nous avons rapporté précfidçmpfi^l, , de l'influence de la température extérieure, sur lest jeunes animaux à sang chaud , nous n'aurons pas de peine à le concevoir. Si l'on supposée qu'çp çtd
l5o TROISIEME FlETR*
et au printemps les mai^tiiîfères htbefnans produisent beaucoup moins de dialeur qtiè les autres animaux k sang chaud adultes , c'edt une Conséquence nécessaire que leur température doit baisser avec celle de la saison. Mais on peut l'attribuer k uhe toute autre cause, en faisant une supposition tout aussi probable. Lorsqu'on se borne au simple raisonnement , on peut croire que c'est le défaut de' nourriture qui produit tous ces effets y que , ue pouvant pas s'en procurer dans la sai$o)i froide x le jeûne qu'ils subissent les met dans un état de langueur voisin de la mort, et que leur refroidissement, leur insensibilité, lettr respiration interrompue et a peinie perceptible eh Sont les conséquences.
Inobservation et ' l'expérience pouvaient seules en 'd&rdéri Ces aniibaux ont été l'objet de nombreui 'èVcPfinpoftâris travaux. Ils ont été principrffébiéïVt étudiés dans là saison de leur hibernation1. Oh a «déterminé' les phénomènes qtfifc présentent pendant leur en gourd issement , lès Vnpy en s de les rappeler à unp vie active^ et de les replonger dans ht tôr^çtar , et plusieurs autres feits que nous devons à Spallanzani, Hunter et àTMïlî. Mmigili, Prunelle et îîe Saissy, etci Dans le nombre desphériômènes singuliers que présentent les mammifères hibertoahô, nous ne devons nous attacher ici qu'à deux qui Concernent leur chaleur , puisque c'est le sujet q\ri nous occupe. Ils offrent d'ailleurs d'autant plus d'intérêt qu'ils paraissent influer sur tousles aufres» '
CHlMSntlBE *I; l5l
Ëuffon avait cru que krfemfiétttarii propre, des mammifères hiberu ans «tatt.de s o?ft. j. ce quLéqiu^ vaut à 12% 5 du thermaarètre cèntigtiade ) niais les sa vans que je viens dé ci^er ont constaté quelle était de 55 à $7° au printemps et en été. Ils ne diffèrent donc pas essentiellement, sons ce rapport ^ des autres mammifères adultes j mais si l'on vent savoir si , malgré cette parité de température , ils produisent réellement moins de chaleur à cettp époque , ▼oyons comment ils se comportent sqvh l'influence d'un refroidissement naturel ou aiètft» ciel de l'air.
M. de Saissy a observé plœieursde ces ammaiu/ pendant leur état de veille , à différentes époques depuis le mois d'août. Le 6 aoAt, l'air était à 22* cent. ; une marmotte : en avait 5Ô%5 , à la W selle. Le 25 septembre , la température de l'air» était de 18°; l'animal avait subi un refroidisse* ment de 5°, 3 5f Le 10 novembre, l'air était à y°,' tt la marmotte n'avait plus que a7*,a5, c'ést-à-dirfe 9%a5 au-dessous de sa température au mois d'aoAC Un létfot / à la même époque en été , et d^ns lear mêmes circonstances extérieures, avait 56°> 5; le 2$ septembre, il s'était refroidi d^5°,5 ; le to notem-* bre de 15^,5 ; de manière que la température était descendue alors à ai \
Un hérisson , observé comparativement avec les; autres , s'était refroidi dé a0 au mois de sep^ tembre et de 31 °,^5 etî novembre : sa teiftpé* rature était alors à *30,7 5.
i5a raanÉnr mette.
L'auteur de ces observations n'a pas rapportes!,' pendant que ces animaux se refroidissaient, Us prenaient habituellement de la nourriture , circonstance qu'il nous importerait de connaître pour juger de la cause de leur refroidissement; car la question que nous examinons ici est desavoir quels seraient les effets du froid sur la température des animaux hibernans , vivant de la même manière que les autres mammifères , lorsqu'ils sont sortis depuis long* temps de leur torpeur, lorsqu'une chaleur douce et soutenue, l'habitude du mouvement et de la nourriture ont concouru pour développer toute leur activité.
M. de Saissy à réussi à engourdir une marmotte au, mois de mai et au mois de juin. Il l'avait enfermée, avec un peu de paille, dans une botte de cuivre dont le couvercle était percé d'une ouverture du diamètre d'un centime. Après l'avoir laissée dans une glacière pendant vingt-quatre heures, il l'exposa à un froid de 10* au-dessous de zéro. Elle s'engourdit profondément onze heures après ; sa température était descendue à 5° de 55? qu'elle était avant l'expérience.
Quoique cette marmotte fût plongée Ains au sommeil léthargique , dans une saison où elle ne s'engourdit pas naturellement, et par uh froid artificiel très-rigoureux , sa santé ne parut pas plus altérée que si elle s'était trouvée dans les circonstances ordinaires de l'hibernation ; car,» exposée ensuite à la chaleur de l'atmosphère , elle sortit do