CHAPITRE lé 23g
)p tonne moyen. Elle diffère aussi suivant la ré* gipn du corps où on la détermine. À la bouche , elle est ordinairement-un peu supérieure à celle des parties extériei^res du tronc, de quelques fractions de degré à un degré entier, Pour établir une comparaison entre l'adulte et l'enfant nou-r veau né , il est nécessaire d'appliquer le thermomètre aux mêmes endroits. Comme on ne saurait bien constater la température de la bouche de l'enfant , il faut choisir l'aisselle.
En prenant ainsi la température de vingt adultes, il en est résulté qu'elle a varié entre 35°,5 et Zj° centigrades, dont le terme moyen était 36°, i a, ce qui s'accorde avec les meilleures observations. On a négligé d'en faire sur les enfans nouveau nés. Mon ami M. Brescbet m'en a facilité les moyens. Il a permis qu'on prît, dans les salles de son hôpital, la température de dix enfans bien portans, âgés de quelques heures à deux jours. Les limites des variations ont été 4e 34° à 35°,5. Le terme moyen de toutes les températures individuelles fut de 34% 7 5. Leur température est donc inférieure à celle des adultes ; rapport prévu par l'analogie et confirmé par l'observation. Je. le répète , je n'aurais tiré aucune conclusion d'une si légère différence si les expériences nombreuses faites sur les animaux à sang chaud ne m'en eussent donné l'interprétation j . si je n'eusse pas constaté que, dans les premiers temps de la vie, les animaux produisent moins de chaleur, et qu'une pareille
aZ6 QUATRIÈME PARTIE.
différence- flans leur température naturelle coïncide alors avec cette modification de la fonction.
J'ai désire pouvoir vérifier une autre concision tirée de l'analogie: Elle est relative à la température des enfans nés long-temps avant terme. L'occasion est rare , mais elle s'est présentée. M. Da-»» gneau, accoucheur d'une damé dont j'étais lé médecin f me fit avertir qu'elle venait d'être délivrée d'un enfant à sept mois. L'accouchement avait été tellement facile , que l'enfant était venu avant qu'on pût appeler du secours. Deux ou trois heures après sa naissance, je le trouvai bien portant, •bien emmailloté et près d'un bon feu. Je pris sa température à l'aisselle, et je la trouvai de 5a° centigrades. Cette différence de température est remarquable, et prouve évidemment que l'homme suit pour kt production de chaleur le rapport de l'âge que nous avons constaté chez les animaux à sang chaud.
Au degré de développement où cet enfant est né, la membrane pupillaire n'existe ordinairement plus. Il pourra donc conserver une chaleur élevée quoique inférieure à celle des enfans nés à terme, lorsque la température de l'air est douce.
S'il venait au monde assez long-temps a va ut la disparition de sa membrane pupillaire, point de doute, d'après les faits que nous venons de rapporter, que sa faculté de produire de la chaleur sera il si faible, qu'elle ne différerait guère de celle drA jeunes mammifères qui naissent les yeux fermes.