‹ De l'influence des agens physiques sur la vieChapitre 94 sur 206 · CHAPITRE I. J>3l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. J>3l

11 n*a aucun privilège d'organisation capable de le soustraire à l'empire des lois physiques qui pré-r sident à la formation des vapeurs, et en vertu des* quelles une partie de l'eau qu'il contient se dissipe dans l'atmosphère , ni une sensibilité si spéciale que la fonction par laquelle la peau porte au de-* hors une partie de ce même liquide , ne soit soumise, comme chez les mammifères, à l'influence de la température extérieure.

Comme espèce, il sera affecté par ces divers agensdans la mesure qui lui est propre, mais de la même manière que les autres mammifères : en cela chaque espèce, je dirai plus, chaque individu , et le même à différentes époques de sa vie a 9a me* sure particulière. Comme espèce* il rentrera donc dans le groupe que nous avons étudié dans la troi* sième partie de cet ouvrage , et les vérités générales que nous y avons établies lui seront également applicables,

Nous nous occuperons d'abord des modifications , dans la faculté de produire de la chaleur, qui doivent avoir lieu chez l'homme, en vertu de J âge , d'après les observations et les expériences que nous avons faites sur le* animaux à sang

chaud*

Il en résulte que cette faculté chez l'enfant non*» veau né sera à son minimum, et qu'elle s'accroîtra successivement jusqu'à l'âge adulte.

Nous avons constaté que les animaux à sang chaud, à leur naissance, différaient entre eux pair

Un phénomène remarquable f relatif à la chaleur animale. Les uns , lorsqu'on les eipose à l'air, soit au printemps , soit en été , se refroidissent àpeu-près comme les vertébrés à sang froid ; les autres , dans les mêmes circonstances , conservent une chaleur élevée et constante.

Nous avons donné des caractères extérieurs qui peuvent servir à les distinguer sous ce rapport. Les espèces, parmi les mammifères, qui naissent les yeux fermés, fonjuent le premier groupe j celles qui naissent les yeupt ouverts appartiennent au se* coud,

Telle est aussi \a condition de l'homme. L'enfont nouveau né aura donc, comme ces dernières espèces, la faculté de conserver une température élevée, à -peu- r près constante dans les saisons chaudes.

Nous avons supposé ici que l'enfant naissait à terme ; mais s'il venait vers le cinquième ou le sixième moi?, , les phénomènes seraient differens.

Quoique cette époque il naisse les yeux ouverts, il arrive ordinairement que sa pupille est encore fermée p»r une membrane que , d'après sa situation, on appelle pupillaire. Ce caractère, tiré de l'état d^as yeux, me paraît équivalent à l'occlusion d<*s paupières. Nous en conclurons, par analogie ri que la faculté de produire de la chalcnr serait; si faible que sa température serait tres-basse*

Cherchons maintenant à vérifier ces conclusions pnr des observations directes. Nous n'aurons pas

Murent cette ressource; car il est évident que nous ne saurions soumettre l'homme aux diverses épreuves que nous faisons subir aux animaux.

Un enfant né à terme et séparé de sa mère, exposé à une chaleur douce , n'éprouve guère de variation dans sa température. Il est vrai qu'on ne s'aviserait pas de le dépouiller de ses vêtemens pour juger de sa faculté de conserver sa chaleur par une longue exposition à l'air ; mais j'ai fait voir précédemment que cette épreuve n'est pas nécessaire. Les mammifères nouveau nés qui se refroidissent à l'air à-peu-près comme des animaux à sang froid, ont beau être bien recouverts, leur température ne laisse pas de baisser, quoique cet effet ait lieu alors plus lentement.

L'enfant nouveau né appartient donc au second groupe, comme nous l'avons conclu du caractère fourni par l'état des yeux.

S'agit-il maintenant de déterminer si l'homme à sa naissance produit moins de chaleur que dans la suite; nous n'exposerons pas des individus dfe différeris âges à un froid artificiel pour juger, par h différence dans l'abaissement de leur température, de leur faculté respective de développer de la chaleur, ainsi que nous l'avons fait pour les animaux. Ne pouvant faire dépareilles expériences, j'y substituerai des observations qui fourniront des données suffisantes.

Je n'ai pas considéré de légères différences dans la température des animaux , comme des indica-

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tions suffisantes d'une différence correspondante dans leur faculté de produire de la chaleur; c'est pourquoi j'ai eu recours , dans les recherches que j'ai exposées dans la troisième partie, à la méthode des refroidissemens artificiels. Après m'être assuré par ce moyen que les jeunes mammifères qui naissent les yeux ouverts produisent moins de chaleur que les adultes, nous pouvons tirer parti des observations que j'ai faites sur leur température naturelle.

Tous les individus de ce groupe que j'ai examinés ont habituellement, à leur naissance et quelque temps après , une température plus basse que celle de leurs parens. J'ai observé, à cet égard, des différences de i° ou a° centigrades. Ce caractère , dans le cas dont il s'agit , est donc un indice d'une grande valeur de la différence dans la faculté de produire de la chaleur. Dans toute autre circonstance je n'en tiendrais aucun compte, jusqu'à ce que j'eusse d'autres faits & l'appui.

Si une pareille différence existe dans la température de l'homme à ces deux époques de la vie, nous n'hésiterons pas à la regarder comme une preuve suffisante d'une différence dans sa faculté de produire de la chaleur, telle que nous l'avons constatée chez les mammifères.

On a souvent pris la température de l'homme adulte ; et comme elle n'est pas la même chez tous les individus , il s'agit d'en assigner les limites t4

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