INTRODUCTION
L'histoire du Paludisme se divise nettement en deux parties : avant et après les découvertes :
1° De l'hématozoaire par Laveran ;
2e De la transmission par les moustiques, grâce aux travaux de Ross complétés par ceux de Grassi Bignani et Bastianelli, et de Manson.
Les auteurs anciens recherchaient avec minutie toutes les causes déterminantes de la maladie, dont ils ignoraient l’agent pathogène; les conditions météorologiques, topographiques, elc., paraissant en favoriser l’éclosion étaient par eux abondamment décrites.
Les auteurs récents laissent volontiers dans l'oubli ces conditions générales, et le paludisme est considéré par eux comme uniquement en rapport avec
P. Le Goff +
la présence de moustiques vecteurs ayant été contaminés par des réservoirs humains de virus.
Si, comme on semble l’admettre actuellement, l’on
accepte sans réserves, comme une équation mathématique la proposition suivante :
Réservoirs de virus + moustiques — paludisme l’on remarque beaucoup de faits qui sont parado- XaUX :
La fièvre intermittente était très abondante dans
toutes les régions de la France, il y a seulement cent ans, elle était commune aux environs de Paris, or, si l’on excepte les pays restés palustres (Camargue, Landes, Vendée, Sologne, Dombes, ete.) où la maladie diminue de jour en jour, les fièvres intermiltentes ont complètement disparu de France. Et cependant les anophèles sont nombreux en certaines régions, où l’endémicité paludique est inconnue : L'on est autant assailli par ces hôtes importuns au Bois de Boulogne, à Meudon, dans la Forêt de Fontainebleau, etc., que dans certaines régions où le paludisme est presque foudroyant, et pourtant le nombre de paludiques porteur de gamètes doit être considérable dans la clientèle de ces insectes.
Dans un hôpital où j'ai été hospitalisé, sur la Côte d'Azur, pendant la saison chaude, les anophèles étaient nombreux, tant dans les chambres que dans les jardins de l'hôpital, où il existait un bassin tout à fait propice à leur culture, De nombreux malades ou blessés non paludiques étaient voisins de lits de paludéens dont les accès étaient fréquents; en trois
mois je n'ai vu aucun cas de fièvre ainsi contractée. L'on s'était’ de même ému en 1917, du danger que pouvaient faire courir les paludéens de l’armée d'Orient aux civils et aux militaires des régions à anophèles où ils étaient hospitalisés, Une mission, sous la direction de M, Labbé reconnut que malgré la présence d’anophèles et de nombreux paludéens sur la Côte d'Azur, l’on n’avait signalé aucun cas d'infestation.
Dutroulau cite abondamment des pays qui semblent avoir tout ce qu'il faut pour l’éclosion du paludisme, ei qui cependant en sont exemptés, l’on y a cependant depuis montré la présence de moustiques vecteurs d’hématozoaires, et ces pays ont certainement été visités par de nombreux paludéens.
Des villes, des villages situés en plein pays palustre restent indemnes, de même des individus reslent sains en plein milieu paludique : nous en aurons de nombreuses observations à fournir.
Certains auteurs, frappés de ces anomalies étaient
arrivés :
a) Soit à la négation du rôle pathogène de l’hématozoaire, en particulier : Treille, Legrain (Legrain) ;
b) Soit à la négation de la transmission par les moustiques :
c) Soit de la possibilité d’autres agents de transmission ‘origine hydrique, tellurique, de la maladie, ou même transmission par les déjections (Treille).
La spécificité de l’hématozoaire est actuellement
hors de conteste, ainsi que la transmission anophélienne du parasite.
Si l’on excepte l’inoculation directe de sang palustre, qui ne peut que très rarement être réalisée en dehors de l’expérimentation, aucune expérience, aucune observation précise, n’ont démontré d'autre agent de contage que le moustique. L'on ne peut cependant en écarter à priori la possibilité (Manson et Laveran).
L'inoculation par le moustique de l’hématozoaire étant faite, la maladie ne s’en suit pas fatalement.
En dehors d’une infection massive, ou de parasites hypervirulents l’organisme résiste à l'infection. L’hémaltozoaire peut y persisier plus ou moins longtemps sans causer de troubles (porteurs sains d’hématozoaires, paludisme latent). Que pour une raison ou une autre l'organisme vienne à fléchir, la maladie s’installe.
Il y a donc à considérer dans l'étude du Paludisme :
a) Les conditions régissant l’hématozoaire, déterminant sa présence, son absence, sa virulence ;
b) Les conditions déterminant la présence, la fréquence des moustiques vecteurs, et l'importance des inoculations ;
c) Les conditions modifiant la résistance de l’organisme au parasite.
La distinction de ces conditions n’est pas aisée : en général les mêmes conditions agissent sur les trois facteurs : parasite, moustique, organisme.
ES Ru 15 mer
ne En Macédoine la présence des anophèles a été constatée partout, leur nombre semble indépendant de la fréquence ou de la gravité du paludisme.
Nous ne nous préoccuperons donc pas des deux facteurs moustique et parasite, leur étude a été amplement faite, nous étudierons successivement ;
1° Les conditions générales favorables au paludisme ;
2° Les causes du fléchissement de la résistance à la maladie, les conditions individuelles de la maladie.