A) MÉTÉOROLOGIQUES
Nous en étudierons deux, dont l'importance ést mise en relief par tous les auteurs : la chaleur et le froid.
Chaleur. — La chaleur est nécessaire à l’éclosion du paludisme, le paludisme ne se contracte qu’en temps chaud. La chaleur est nécessaire pour la vie et l’activité du moustique, et de plus pour l’évolution de l’hématozoaire dans le moustique qui ne se fait pas au-dessous de 18 à 20 degrés (Laveran). La chaleur a également un grand rôle par son action déprimante sur l’organisme, ceci est de notion classique et nous n'insisterons pas, et aussi par son action favorisante sur les infections, en particulier les infections gastro-intestinales, nous le verrons plus loin,
Cependant j'ai observé en Macédoine du paludisme contracté en hiver. Moi-même, arrive en octobre 1915 à Salonique, par temps froid, indemne de tout paludisme antérieur, ai été infesté en décembre dans la région de Stroumilza, et ai présenté deux
accès dont l’allure né laissait aucun doute at dia» gnostic et qui ont immédiatement cédé à là quinine L'on ne peut considérer comme une règle absolue la notion classique que dans les pays méditerranéens le paludisme ne se contracte que de juin à décembre, En Macédoine, l'hiver, quoique rigoureux, est entres coupé de journées très chaudes, pendant lesquelles les moustiques se font sentir. Le paludisme ainsi contracté a une allure frusté, et cède presque immédiatement à la quinine.
Froid, -- Le froid a une action très grande, tant sur le paludisme primaire que secondaire. Le nombre et la gravité des accès étaient plus élevés après des nuits très froides en été, ou des jours très froids, ou lorsque les hommes avaient été exposés au froid,
B) ToPOGRAPHIQUES
Sol. = Lé type di foyer de fièvre ést lé marais classiqué, là térre non cultivée et incomplèlement recouverte d’eau staghante, On Seulèment humide (Datroûlau).
Le marais ést le milieu de prédiléction, mais l'existence d’un marais propremént dit n'est pas indispénsablé. Dés plaines basses, mal drainées et maintenues humides par une nappe d’eau Souterraine superficielle, dés terres inondées, ou mal irriguées, des rivières, des canaux ou des fossés mal entre: tehüs et mis à sec pendant l'été, suffisent souvent
à provoquer où à entretenir l'endémie palustre (Laveran),
Ce rôle du terrain marécageux ne semble être accepté aujourd’hui, que comme générateur de moustiques, et pourtant les parasitologues nous apprennent que les milieux de prédilection des anophèles sont des eaux claires, à faible courant, mais non stagnantes. Les anophèles ne sont pas plus nombreux dans les marais qu'ailleurs.
Les anciens auteurs insistaient beaucoup sur le bouleversement du sol les grands travaux de terrassement, de défrichement. Le paludisme aurait été observé à Paris lors des travaux du canal de l'Ourcq, du canal Saint-Martin, des fortifications (Colin).
L’état du sol et du sous-sol a toujours été noté dans mes observations.
a) La compagnie 5/14, campait depuis le mois de février 1916 tout au bord du Galiko, sur un sol pierreux, sec, très en pente, avec sous-sol de sable. Jusqu'au mois d’août, date à laquelle elle changea d'emplacement, il n’y eut à la compagnie de cas de paludisme que dans des détachements se trouvant à une certaine distance en. terrain marécageux : cependant, les cas, dans les unités voisines, étaient nombreux, et les anophèles étaiént fréquemment rencontrés. Il y à des réserves à faire dans cette observation ; d’autres facteurs (eau, hygiène plus grande), que nous verrons plus loin y sont intervenus ;
b) Morbidité plus grande, cas plus graves que partout
mets tr de
ailleurs dans les détachements des compagnies 0/5 et4/5, qui avaient campé près du pont de la Balitza (sur la route Salonique-Monastir) terrains d’alluvions, argileux, fréquemment inondés ;
c) Gas plus nombreux et plus graves dans la plaine du Vardar, alluvions imperméables fréquemment inondés, qu’à Sendel, qu'aux environs de Vertekop, terrains sablonneux, tous ces endroits ayant présenté le maximum de fréquence et de gravité du paludisme et cependant les moustiques n’y
étaient pas plus nombreux qu'ailleurs.
Altitude. — L'influence de l'altitude est classique ; sur les montagnes, la température est moindre, les vents plus forts dispersent les moustiques. Cependant les lieux élevés peuvent ne pas être exempts de paludisme. Les cuvettes marécageuses de la région de Sorovitch, Exsissou, ou celle plus élevée encore de Florina, Monastir étaient aussi favorables au paludisme que la plaine du Vardar, quoique la maladie ait semblé avoir une nocivité moindre que dans ce dernier lieu.
Une simple élévation de terrain semble quelquefois être défavorable à l’éclosion de la malaria :
Un détachement d’une compagnie de génie travaillant sur la route de Salonique-Monastir, était campé à 200 mètres à peine d’un endroit marécageux où la morbidité palustre était fort grande (5 soldats qui y campaient furent évacués en moins d’une semaine, avec des formes sévères) leur campement se trouvait sur une légère éminence avec 20 mètres
P. Le Goff ji
environ de dénivellation avec le marais. Le paludisme n’y apparut que très tard dans des circonstances que nous rapporterons. La raison de cette immunité des petites hauteurs me semble être la plus grande siccité du sol, qui est naturellement drainé, et aussi le moindre refuge qu’elles offrent aux moustiques, qui y sont plus exposés aux vents.
Villes. — Le paludisme est une maladie rurale. Les villes sont moins alteintes de l’endémie palustre, tout d’abord parce que, surtout au centre des grandes villes, les anophèles sont rares ou absents. Cependant, dans les petites villes de la Macédoine: Florina, Verria, et surtout Vodéna, abondamment irriguées, l’on trouve des anophèles un peu partout, les réservoirs du virus y sont abondants, et pourtant le paludisme y est bien moins fréquent que dans les villages. Le mal est très inégalement réparti, suivant les quartiers, bien plus fréquent à la périphérie et dans les quartiers pauvres, malsains.
Habitations. — Les riches, habitant des maisons bien conditionnées (sauf protection des moustiques) étaient bien moins atteints que les pauvres, mal logés et entassés.
La maladie atteint moins également les gens habi-
tant des villages que ceux qui campent (nomades, militaires).*
C) RÉSERVOIRS DE Virus
L’inoculation anophélienne ne peut se produire que si le moustique a été au préalable infecté par le parasite. L’expérimentation montre que la transmission héréditaire de l'hématozoaire ne se produit pas. Il faut donc pour l’endémicité de l'affection, des
réservoirs de virus, qui en outre, doivent être pro-
ches, car si les moustiques peuvent être exceptionnellement transportés au loin (vents, foins, roseaux, etc.), leurs déplacements habituels sont minimes. Actuellement l'on ne considère que des réservoirs humains.
Le paludisme le plus sévère (je crois pouvoir dire sans témérité que paludisme grave veut dire à la fois hypervirulence et infestation massive), le paludisme le plus sévère,dis-je,a été constamment observé dans des endroits inhabités, parce qu'inhabitables, rarement fréquentés le jour par les indigènes, et pas du tout la nuit. Le virus ne pouvait provenir de certains hommes des détachements, tous exempts de paludisme, et d’ailleurs, il faut de dix à quinze jours pour l’évolution du parasite chez l’anophèle et l’on compte une incubation de huit à dix jours, ce qui aurait reporté les premier cas à au moins trois semaines après l’arrivée des troupes: la maladie s'était mapifestée bien longtemps auparavant.
L'on voil ainsi que suivant les saisons (conditions météorologiques) suivant le lieu de l'infestation (con-
ditions topographiques), en dehors des variations individuelles le paludisme offre une grande régularité de formes :
Variations saisonnières. — Le paludisme contracté exceptionnellement en hiver a des formes larvées, peu bruyantes, affectant l'allure intermittente d'emblée, peu résistant à la quinine ; au printemps et au début de l'été, à la fin de l’automne, l’on voit de petites continues à forme d’embarras gastrique en été, les continues de forme grave d’allure pernicieuse.
Suivant le lieu de l’infestation. — Nous avons remarqué un parallélisme remarquable pour les formes contractées aux mêmes endroits, à la même époque.
Au pont de la Balitza (détachements successifs des Cies 4/15 et 0/5), bo hommes environs, 49 évacués (un seul n’a présenté aucun accident, son observation sera relatée plus loin), 5 décès environ : ont tous manifesté des continues avec accidents gastro-intestinaux graves d’allure presque identique (à noter qu’il ne s'agissait que de paludisme, d’après les recherches hématologiques et sérologiques faites dans les ambulances et à Salonique).
Au pont du Vardar (Cie 4/15), 8o hommes envi-
ron, 77 ayant été impaludés, les autres étant d'anciens paludéens, 70 à 92 ont fait des accès à forme gas-
trique, tous semblables, et qui ont disparu lorsque la compagnie s'est déplacée,
re PIN ER LUN or
A $ \4 \ ee > v ÿ NS regt es RU + | Là ; : 1%) | SE” ; ï Che * M + dt FT Lys 23 | pa Ù À Sendel (Cie 0/5) continues graves, d’allure grippale, et beaucoup de fièvres à formes typhoïdes. A Vertekop (Cie o/2) fièvres bénignes à forme d’embarras gastrique.
Fa #1 | £ : À