DE GROS CALIBRE
Quand, le 19 août, à 6 heures du matin, commença le premier bombardement, la batterie de canons de i5 cm essaya d'entrer en lutte avec les batteries assiégeantes,
ia8 DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRES SOCS PORT-ARTHIH
elle fut rapidement réduite au silence en raison de sa visibilité au milieu du fort et de l'installation à découvert de ses pièces. Rien donc d'étonnant à ce que, dès 1 1 heures du matin, le général Gorbatovski, commandant la défense du front est, ait téléphoné au commandement : a Sur Ehrlong, tous les grands canons sont détruits. »
La batterie s'était tue, mais l'ennemi n'en avait pas moins continué à diriger sur elle ses obus et ses shrapnels. Il était clair d'ailleurs qu'il avait décidé de réduire la batterie au silence. Il tirait juste et ses coups portaient sinon sur la batterie, du moins sur les autres parties du fort : escarpe, fossé, parapet, cour, etc., détruisant les meurtrières, perçant les blindages, blessant et tuant des hommes, ricochant ou tombant dans un tonneau à ciment dont les pierres s'éparpillaient de tous côtés. 11 devint évident dès lors qu'une batterie de canons de gros calibre établie sur le fort ne pourrait être pour ce dernier qu'une cause de dommages et de ruines.
On réussit néanmoins à réparer les canons endommagés au moment du premier bombardement et la batterie continua à fonctionner jusqu'à la fin. Souvent, lorsqu'on signalait au loin un but en mouvement, voitures, cavalerie, colonne d'infanterie, on lui ordonnait de diriger son feu de ce côté, mais à peine avait-elle eu le temps de tirer ses premiers coups de canon et de régler son tir, qu'elle recevait une volée de projectiles de l'artillerie adverse. La batterie se taisait rapidement sans avoir eu le lemps de produire aucun effet. On en concluait qu'il ii<^ fallait pas essayer de laisser sur le fort des canons visibles tirant à longue portée sur des buis mobiles et qu'il valait beaucoup mieux les dissimuler et effectuer un tir au goniomètre. Malheureusement, on ne pouvait y Hongcr à ce moment, en raison du manque d'expérience et de pratique de ce tir en temps de paix.
Finalement, on voit d'après cela qu'il est désirable de ne pas laisser sur les forts les canons de gros calibre*