COMMUNICATIONS SURES A L'INTÉRIEUR DES FORTS
La garnison d'Ehrlong était scindée en deux parties : un peloton de service était logé dans l'abri pour les canons contre l'assaut de la face et les trois autres dans la caserne de gorge, où se tenait également le commandant du fort. L'abri et la caserne étaient reliés par le téléphone, mais il fut rapidement détruit. La communication entre eux ne se faisait donc plus qu'à découvert par la cour, et la distance qui les séparait était de 90 m.
Les hommes de service devaient se rendre dans la ca<^ semé pour y chercher leur nourriture, prendre les ordres du commandant, satisfaire à leurs besoins naturels dans le fossé de la caponnière de gorge... Aussi beaucoup
\^o DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRES SOUS PORT-ARTHUR
d'entre eux furent-ils tués ou blessés pendant le premier bombardement. Il en résultait que les autres préféraient soudVir de la faim ou subir d'autres privations en attendant une accalmie. Cette situation anormale se reproduisait à chaque bombardement, de sorte que Tabri de la face et la caserne de gorge étaient comme deux îlots sans communication. Lorsque l'ennemi s'approcha de plus en plus et occupa le glacis, la traversée de la cour, même dans les moments de calme relatif, devint tout à fait impossible et il fallut y creuser un chemin de communication en ligzag. Malheureusement les bombes et obus brisants le détruisaient continuellement, et dans le sol rocheux il était bien difficile de le réparer ou de le crt^user à nouveau»
H ressoirt donc de là : fa nécessité de pratiquer des Ci}iii?nunicxitlons à ré/reui^ entre la caserne de gorge et l\ibi^ affecté atuc hommes de sarnce soas la face du fort^
URIS POUR CANONS CONTIE L'ASSAUT
t\irtillorio d'au fort* qui ne doit compretidrc que des Cviuonx do Cviinpaiîue à tir rapide, se subdivise en deux jkirti(.\\ : Tuno doit doteudre les iuterralle» et soutenir U\\ l'vuK xoixiu.'i et c\>usàtue rarmement de la eaponnière d\uu<>u^; Tuatix"' xeH uiiact pale ment pour repousser les tioujHW d uxvuii et }K>iir battre les approches immédiates Jo i ou\uu)o, i\\s vivtntot's cajtous sont emmagasinés )UNv|u uu vUnuor nK>uivtu viatis des abris partictiBers d'où \^\\ \v\ vmI |khu icîv a»iio*ior Niir les barbettes dfes angles
Vtu\t vju'oa Ta àoi^i vin '»i>vtHitMume«t. au fbrtEhrioQg, A\ \\\ kW sKi\ ^auvHàx vHa^oiU :vau>es dans uu abri Toisin
\\\\ y\\\\^\\K\\y> vie -u iK^;r»»io du ornfn? nord-est dbms la \vMii, l xA ai Ikv.u *u\v viu oxHtivitii d'air coutigu se trou-
SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i3t
vaîenl à 25 m des barbettes et à 3,6 m en contre-bas. Les rampes d'accès étaient par suite très raides (i/4).
Cette grande distance à parcourir sur une pente très dure exigeait la présence de dix hommes et deux minutes et demie pour amener un des canons en batterie. En temps de pluie, il fallait presque doubler l'équipe et pas moins de trois minutes. Cette manœuvre sous le feu de l'ennemi était beaucoup trop longue et presque tous les servants étaient mis hors de combat. Aussi, dès le premier jour du bombardement, les artilleurs renoncèrentils à remiser les canons sous l'abri, qui fut occupé par l'infanterie.
Cet abri avait aussi un inconvénient : il débouchait dans le courant d'air dont la sortie est était vue et prise d'enfilade par la montagne Takouchan. On avait cherché à pallier ce défaut dès le début en masquant cette ouverture par une traverse, mais, le premier jour du bombardement, un obus tomba dans un angle du courant d'air et un autre démolit la traverse ; aussi se hâta-t-on de fermer complètement la sortie (c'est ce qui est indiqué sur la planche II). Le même fait se passa dans d'autres forts et eut des conséquences plus graves, car la chute des projectiles dans le courant d'air, qui était toujours rempli d'hommes cherchant à respirer un peu d'air pur, occasionna des accidents nombreux. C'est ainsi que, dans un fort, il y eut du même coup cinquante hommes indisponibles et dans un autre sept.
Des considérations précédentes, il résulte que : le^. sorties des abris des canons contre tassant doivent être aussi rapprochées que possible des barbettes qui recevront ces pièces et que la dénivellation ne doit pas être très forte; pour les débouchés des poternes ou abns, les cou'~ rants d'air doivent être à F épreuve des projectiles et non soumis au tir d'enfdade. Sans cette dernière observation, le courant d'air le plus utile jouera le rôle le plus néfaste.
■ "^ condition,, ~--Mls an mt.
, '**' 'i'DocUibn . ^ ^-fw. après
J -""parts des : " -''"UTraje
^- Baia atla- " " An^ soa.
-^iUijFr les "■^ '"'« opé.
^'~-" ^"ageni "' ■» on. 11 ^ ™'«B ù tir ^ '^UTaot se
SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i33
Incontestablement, les mitrailleuses peuvent jouer un très grand rôle pour repousser un assaut, mais on peut cependant leur reprocher de ne pas lancer des projectiles d'une puissance de pénétration suffisante. On en eut un exemple aux assauts de Songchouchan. Les Japonais rampaient en se protégeant avec des sacs, des boucliers ou des cuirasses et les mitrailleuses ne pouvaient rien contre eux, tandis que les shrapnels des canons en avaient facilement raison.
Il semble donc imprudent de renoncer aux canons, qui auront une action sur les approches du fort et dont le rôle cessera lorsque les colonnes ennemies atteindront le parapet; c'est alors qu'un grand nombre de mitrailleuses contribueront à repousser les assaillants. Il sera bon de doter chaque mitrailleuse d'un observateur, cai* cela réussit parfaitement à Ehrlong.
Les mitrailleuses sont, du reste, l'un des meilleurs systèmes de flanquement des fossés et rendront aussi de grands services pour la défense des intervalles.
Les petits canons de 87 mm provenant des vaisseaux de l'escadre se montrèrent très utiles dans les forts où on les installa sur les flancs. Ils tiraient aussi bien sur des unités isolées que sur des groupes jusqu'à une distance de 2 km. A cette distance, il parait inutile de dépenser des coups de canons de 7,5 cm, qui n'auraient pas grande action, tandis que le rendement des canons de 87 mm est très grand.