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CASERNE POUR LA GARNISON ET COMMUNICATION DES FORTS AVEC LA PLACE

La caserne pour la garnison a sa place tout indiquée sous le rempart de gorge : c'est là qu'elle se trouve le plus en sécurité contre les obus. L'organisation de celle d'Ehrlong était loin d'être idéale; elle n'avait que des

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défauts. Elle était en effet étroite, resserrée, avec peu d'air et de lumière ; il n'existait ni ventilation, ni locaux pour les ofiiciers, ni cabinets, ni communications sûres avec la face du fort et avec l'arrière; une sortie unique donnait accès dans la cour et une autre dans le fossé. Les cinq premiers défauts eurent pour effet d'engendrer différentes maladies. Par suite du manque de logement pour les officiers, ceux-ci durent occuper un passage au milieu des canons dans la caponnière de gorge. La pénurie de magasins conduisit à ce résultat que les vivres et les munitions (bombes à main, pyroxyline, mines...) étaient entreposés sous les lits de camp. Le courant d'air était encombré de tonneaux d'eau- L'absence de water-closets et de communications avec la face du fort causèrent un grand nombre de victimes pendant le bombardement. L'unique sortie dans la cour et dans le fossé de gorge se passe de commentaires^ et ce défaut capital se montra le 3 1 décembre lorsque la garnison fut faite prisonnière. La porte débouchant dans le fossé fut en effet bouchée par un éboulement et la sortie dans la cour détruite par une explosion.

Quelques ingénieurs prétendent qu'il ne faut pas généraliser cet exemple, parce que l'occlusion de la sortie dans la cour se produisit fortuitement par la déflagration de petites bombes qui y avaient été déposées. Mais il semble parfaitement indifférent d'épiloguer sur les causes de l'explosion. Le fait est le fait. La sortie unique est comblée et l'ouvrage demeure sans défenseurs !

11 faut absolument chercher à supprimer toutes les défectuosités signalées précédemment, sinon on n'aura pas le droit de dénommer caserne l'abri ainsi créé, mais de le considérer seulement comme un blindage un peu moins imparfait que les autres. On insiste donc pour l'organisation de ; deux sorties couvertes de la caserne dans la cour du fort et deux autres découvertes dans le fossé de gorge ; d'une communication souterraine entre la

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caserne et les abris de la face et des flancs d'une part et avec le terradn en arrière du fort. Celle-ci devra déboucher dans un endroit parfaitement défilé et sa nécessité résulte d^ailleurs des circonstances ci-après.

Au moment de l'assaut, l'ennemi allongera son tir et couvrira de projectiles, non seulement l'intérieur du fort, mais encore une bonne partie du terrain en arrière de la gorge, c'est-à-dire les communications de l'ouvrage avec le noyau central de la forteresse. Ce fait s'est produit souvent dans le cours du siège et on peut citer en particulier l'exemple suivant : le 22 août, le général Kondratenko, qui se trouvait alors à quelques centaines de mètres d'Ehrlong, dépécha au capitaine von Schwarz qui s'y trouvait enfermé, un planton qui partit à 1 1 heures du matin. Le feu était alors si violent sur le fort et sur le terrain en arrière, que ce planton ne put pénétrer dans le fort qu'à 4 heures de l'après-midi.

Bien plus, à chaque bombardement, on devait cesser absolument les réapprovisionnements en vivres et en eau et les défenseurs avaient la sensation d'être tout à fait isolés. Les troupes de secours n'arrivaient jamais au complet. Ainsi, à Kikouan-nord et à Ehrlong, il ne parvenait, au moment des assauts, presque jamais plus de la moitié des réserves expédiées de la place.

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