FRONT DE TERRE
Le colonel Velilchko, chargé d'établir en 1899 le projet de défense de la place, avait été frappé par le caractère et l'aspect des lieux environnants et il estimait qu'on ne trouvait dans aucune des forteresses existantes un pareil relief et une nature de sol semblable. Des sites très découpés, des rangées successives de collines de forme conique se détachant en une quantité de petites pointes avec des pentes très escarpées forçaient à construire un très grand nombre d'ouvrages afin qu'ils pussent se voir et se soutenir mutuellement.
De plus, une quantité de ravins profonds obligeaient à élever des batteries complémentaires, des retranchements ou des caponnières.
Par suite des escarpements, il existait beaucoup d'angles morts devant les ouvrages : on ne pouvait y remédier qu'en multipliant encore ceux-ci pour obtenir des vues de flanc ou en construisant des ouvrages avancés.
Il en résultait également que, pour avoir des vues et un champ de tir convenables, on se trouvait dans la nécessité de se placer à la crête des collines. Enfin, la nature rocheuse du sol devait exercer une influence considérable sur les emplacements des fortifications et sur le détail de leur édification.
Le front de terre comprenait des positions avancées, la ligne des forts et l'enceinte centrale.
Ligne des forts
D'après Timtchenko Rouban, la ligne des fortifications de terre, qui comportait 287 canons, peut se subdiviser en trois secteurs : nord-est, nord et ouest.
Secteur nord^est
Ce secteur nord-est avait son flanc droit au fort I et son flanc gauche à la batterie B et devait comprendre : un fort permanent I, deux ouvrages fortifiés de type plus léger, mais avec constructions bétonnées désignés sous le nom d'ouvrages n°" i et 2, deux batteries permanentes A et B, une caponnière découverte n° i ; un ouvrage en arrière sur la Grande Montagne et trois batteries qui devaient être élevées au moment de la mobilisation.
Pour tous ces ouvrages, en outre des batteries de mobilisation et de l'armement de réserve de Tartillerie de forteresse, on avait désigné 62 canons et 12 mitrailleuses, au nombre desquels il y avait 28 canons légers de campagne et 4 mitrailleuses contre l'assaut. Pour la lutte d'artillerie, il devait y avoir 18 canons de i5 cm (8 de 3 o4o kg et 10 de I 920 kg). Enfin, on avait prévu 6 canons à tir rapide de 87 mm et 8 mitrailleuses pour le flanquement des fossés. La longueur de ce front était de 4j5 km, et les troupes d'infanterie qui devaient occuper les ouvrages s'élevaient à l'effectif de deux compagnies et demie.
hefort /pour une compagnie, à une altitude de 128 m sur un embranchement rocheux du massif principal de la colline du Dragon, était bien disposé pour battre les pentes de Siaokouchan, de Takouchan et les approches de la colline du Dragon. Il était en outre renforcé par la batterie n° 25 avec ses 4 canons de i5 cm(3o4okg) ^' qui agissait sur la baie du Taho.
La caponnière découverte n° i, à 5oo m au nord du fort I, constituait une batterie permanente pour les canons légers destinés au flanquement des approches du front considéré.
Avec les batteries de mobilisation qui occuperaient les hauteurs en arrière, on pouvait aussi canonner les pentes de Siaokouchan et les vallons en avant du fort I.
Vouvrage n? i de type temporaire, pour une demicompagnie, devait occuper le sommet de la montagne Dangereuse, à la cote i85, et jouer le rôle de point de soutien arrière.
La batterie permanente A, armée de 6 canons de i5 cm (i 920 kg), canonnait bien la partie haute de la vallée du Taho, les hauteurs de Siapkouchan et de Takouchan et flanquait les approches du fort IL .
U ouvrage /i° 2 (Kinkiéchan-nord), pour une compagnie, servait de lien aux forts I et IL D'après la configuration des lieux, il était à peine en état de se défendre lui-même, mais ses approches pouvaient être bien battues des batteries A et B. Aussi, pour réaliser ce desideratum, proposa-t-on d'établir dans la suite en supplément deux canons de campagne légers sur la batterie A et quatre sur la batterie B.
La batterie permanente B {Kikouan-est)^ établie pour recevoir 4 canons de i5 cm (3o4o kg), pouvait canonner toutes les approches des ouvrages voisins des fronts nord-est et nord.
Enfin, Touvrage projeté sur la Grande Montagne à l'arrière du front nord-est et vis-à-vis de son centre, presque à l'abri d'un assaut en raison de la configuration du terrain, aurait pu servir pour couvrir la retraite en cas de prise par l'ennemi des ouvrages de première ligne.
En général, on peut remarquer que les principales approches de ce front consistaient en deux vallées nettement dessinées, l'une entre Siaokouchan et Takouchan
et l'autre au nord de Takouchan, Tous les ouvrages étaient bien disposés pour les battre et, sans compter les batteries de mobilisation, on pouvait concentrer sur chacune d'elles le feu de 22 canons.
Secteur nord
Le secteur nord, limité à droite au fort II et à gauche à l'ouvrage n° 3, devait comprendre : deux forts permanents (II et III); deux ouvrages de type plus léger (Wangtaï ou Nid de l'Aigle et n° 3) ; deux redoutes temporaires (n°' I et 2) et sept batteries de mobilisation. Sans compter ces batteries, on devait armer les ouvrages de 66 canons dont : 36 canons légers de campagne contre les troupes d'assaut, 6 canons de i5 cm (2 de 3 o4o kg et 4 de I 920 kg) pour la lutte d'artillerie et 24 canons à tir rapide de 67 mm pour le flanquement des fossés. L'étendue du front était de 5,5 km et la garnison d'infanterie des ouvrages se composait de quatre compagnies et demie.
Le fort II (^Kikouan-nord), projeté sur l'emplacement d'un vieil ouvrage chinois à la cote 170 et à i 260 m au nord de Kinkiéchan-est, constituait une bonne position d'artillerie battant les approches sur le flanc droit et au centre du front nord. Il canonnait également les pentes de Siaokouchan et tenait sous son feu le village de Palitchouang. Sa garnison était d'une compagnie.
Wangtaï-haut ou Grand Nid de P Aigle était disposé plus à l'arrière sur une montagne à la cote 1 76. Canonnait toutes les baies avec ses deux canons de 1 5 cm (3 o4o kg). Les vallées au sud et à l'ouest n'étaient pas très bien battues par les caponnières disposées sur la ligne de défense.
Les redoutes n°* i et 2 (Panlong-est et Panlong^ouest)^ projetées à l'emplacement de deux vieux ouvrages chi-
nois, devaient avoir chacune une compagnie et quatre canons légers de campagne. Elles devaient servir de lien entre les forts II et III et battre le terrain très découpé qui séparait ces deux forts.
Le fort /// {Ehrlong-est ou simplement Fshrlong) se trouvait à i 65o m du fort II. Il devait avoir pour garnison une compagnie avec 6 canons de i5 cm (i 920 kg). Canonnant parfaitement la vallée du Lounho, sa caponnière arrière battait suffisamment bien les approches du fort II et des redoutes Panlong. Il tenait également sous son feu le village de Souichiyng. En prévision d'un assaut sur la gauche du fort par un vallon non battu par l'ouvrage, on avait proposé de préparer un emplacement pour une batterie de campagne sur la colline qui dominait le vallon.
\^ ouvrage nP 3 ÇEàrlong-ouest ou Songchouchan), pour une compagnie, à 636 m du fort III et à la cote 106, devait servir de soutien à ce fort en cas d'attaque par la route des Mandarins. Il devait en effet battre les approches des forts III et IV, ainsi que les vallées des villages Sigoou.
En général, on avait l'impression que les approches de ce front et en particulier celles du fort III n'étaient pas très bien battues par les ouvrages eux-mêmes. Toutefois, le fort II f)araissait pouvoir soutenir efficacement Songchouchan.
Secteur ouest
Ce secteur s'étendait du fort IV à la redoute n° 4 et devait comprendre : trois forts permanents (IV, V et VI), deux ouvrages de type plus léger (n°* 3 et 4), trois ouvrages temporaires (redoutes 3 et 4 et une lunette), quatre batteries permanentes (V, G, D et Solianaia ou du Sel) et sept batteries de mobilisation. Outre les canons de ces
dernières batteries, les ouvrages de ce front devaient être armés de 119 canons et 4 mitrailleuses, dont : 61 canons légers de campagne contre Tassant et pour battre les lieux en avant; puis 3o canons de i5 cm (12 de 3o4o kg et 18 de I 920 kg) pour la lutte d'artillerie aussi bien sur terre ferme que pour canonner la baie du Pigeon, ainsi que l'étendue d'eau comprise entre la presqu'île du Tigre et les rives escarpées de Laotichan ; enfin 28 canons de 57 mm à tir rapide pour le flanquement des fossés. La longueur du front atteignait 11, 5 km.
Le fort IV {ltsouchan\ pour une compagnie, sur la montagne Caponnière, haute d'environ i5o m, soutenait parfaitement les forts voisins, canonnait Panlongchan, la vallée du Sigoou, la rivière Lounho et Palitchouang. Ses faces étaient sur un rocher à pic haut de 56 m, aussi ses approches devaient-elles être défendues par des retranchements projetés en avant.
La batterie permanente V, sur la colline Dentelée, à la cote 170, canonnait toute la vallée du Lounho, les approches de Songchouchan et des forts Ehrlong et Itsouchan.
La batterie G ou du sapeur flanquait très bien toutes les approches du front. Ces deux batteries devaient recevoir 10 canons de i5 cm (i 920 kg).
U ouvrage n° i {Grand Antsechan)^ pour une compagnie, avait une très bonne vue sur les approches du fort V et fermait la sortie de la vallée Chibautaou. Par son voisinage de la nouvelle ville, constituait l'un des points d'appui de l'enceinte du noyau central à créer.
Le /or/ F {Tayangkou^^ pour une compagnie, sur le sommet de la montagne du Vautour, formait la clef de la position du front ouest et devait également couvrir le rang de batteries qui allaient être nécessairement éta-
blies à sa gauche pour canonner toute la vallée jusqu'à la baie du Pigeon incluse. Battait aussi les approches d'Itsouchan, mais il était pris d'enfilade par la montagne Vysokaia qui le dominait fortement au nord-ouest.
La batterie permanente Z? de 6 canons de i5 cm (3 o4o kg), avec trois batteries de mobilisation comprises entre elle et le fort VI, devait canonner la vallée jusqu'à la baie du Pigeon et soutenir les forts Tayangkou et VI.
\J ouvrage n° 5 {Yahutsoui)^ sur la colline Valtchenepova, à l'altitude 8i , était de par sa position extrêmement important, puisqu'il fermait l'entrée du bassin ouest. En outre, cet ouvrage enlevé, l'adversaire pouvait agir facilement sur tout le reste du front. Aussi devait-on le constituer très fortement pour lui permettre de se défendre seul et vigoureusement.
La lunette et la redoute n° 3 de type permanent, pour une compagnie et 4 canons, étaient considérées comme points de soutien arrière fermant les approches de la nouvelle ville à l'ouest.
hQ fort permanent VI, pour une compagnie, sur une colline à la cote 6o, distant de 4 km du fort V, devait flanquer la gauche de la position en fermant l'accès de la presqu'île du Tigre.
La redoute n° 4} siu- la montagne du Loup blanc, était destinée à la défense de l'isthme et devait barrer la route aux troupes de débarquement qui auraient contourné le Laotichan.
Le front ouest paraissait faible, tant comme absence réciproque de soutien des ouvrages que par suite de la proximité des hauteurs dominantes environnantes.
Tels étaient les ouvrages projetés pour l'ensemble de la ligne des forts ou première ligne de défense.
Positions avancées ou ouvrages de deuxième ligne
Par suite du manque d'entente entre les divers services intéressés, on avait négligé de fortifier les positions avancées ou de deuxième ligne. Sous la pression des événements, on se mit à faire des projets. On décida de renforcer la défense de terre par l'occupation de Takouchan, à l'aide d'un ouvrage temporaire et d'une batterie de 6 canons légers, ainsi que par la construction d'un groupe d'ouvrages au nord-ouest.
Le but principal de l'occupation de Takouchan était d'empêcher l'ennemi de s'y installer, et cependant on avait d'abord présumé que cela n'était pas possible en raison des pentes très escarpées de cette montagne des côtés nord et est. On ne pensait même pouvoir y accéder du côté ouest qu'avec des mules.
Au nord-ouest on avait proposé de construire deux ouvrages parmanents [P et D] du type de Kikouan-nord, un ouvrage de type léger sur la montagne Ouglovaia, deux batteries permanentes E et Vyièzdnaia et sept batteries temporaires. Outre ces dernières batteries, les ouvrages devaient être armés de 68 canons et 4 mitrailleuses. Ces bouches à feu comprenaient : 24 canons légers de campagne pour battre les approches et se joindre aux mitrailleuses contre les troupes d'assaut; 8 canons de 1 5 cm (3o4okg) et lo de 10,7 cm pour la lutte d'artillerie et tirer sur les places probables de débarquement; 26 canons à tir rapide de 57 mm pour flanquer les fossés.
Kikouan-nord avait, comme on l'a déjà dit, une très grande importance, car non seulement il canonnait parfaitement Suichiyng, mais encore il battait les approches d'Ehrlong qui barrait la route des Mandarins par laquelle
SUR LA GONSTÏIUCTION DES FORTS i3
l'ennemi pouvait tenter de percer cette ligne de défense reconnue un peu faible. C'est pourquoi on avait décidé de lui donner tous les moyens pour résister aussi longtemps que possible et on avait projeté encore de construire deux batteries sur les hauteurs tout à fait inaccessibles de la montagne du Renard, à gauche du fort.
La batterie E devait battre les trois vallées en avant d'elle.
Le fort D devait canonner la vallée de la baie du Pigeon et les approches de la batterie E, de Songchouchan et de Tayangkou. Il devait principalement empêcher l'ennemi d'occuper la montagne Vysokaia ou Haute.
L'ouvrage de la montagne Ouglovaia pouvait canonner la vallée de la baie du Pigeon, ainsi que les approches du fort D et de la batterie E ; en même temps, il contribuait à interdire à l'ennemi l'accès de Vysokaia.
Enfin, la batterie Vyièzdnaia devait battre la vallée en avant de E et aider les batteries de mobilisation pendant la lutte d'artillerie.
Enceinte centrale
L'enceinte projetée autour de la vieille ville devait se présenter comme une ligne de défense continue avec remparts et fossés. Dans les saillants, on avait décidé de construire quelques lunettes et quatre points de soutien ayant la forme de redoutes. L'armement devait se composer de 4 canons de 10,7 cm et i!\ canons légers de campagne dans les redoutes, puis de 26 mitrailleuses installées sur l'enceinte même pour le flanquement des fossés. Elle s'étendait sur 7 km'.
Le but de cette fortification était de mettre les réserves et le port à l'abri d'une attaque de vive force de l'ennemi
i4 DE L'INFLUENCE DES COMBATS LIVRÉS SOUS PORT-ARTHUR
qui aurait réussi à pénétrer rapidement à travers la ligne des forts, mais elle ne pouvait servir de réduit à la garnison pour une résistance prolongée. La banquette de tir était dominée à faible distance, en particulier de la Grande Montagne et de la montagne Dangereuse, et principalement de la colline placée non loin du flanc gauche de Tenceinte. Presque toute la ligne des remparts aurait ainsi été soumise à un feu de flanc et même d'arrière.
Armement des batteries de mobilisation
Pour l'armement des batteries de mobilisation on avait prévu :
1° Les pièces d'arlillerie de réserve, dont i6 de 10,7 cm et des canons de i5 cm (3o4o kg), 24 canons légers de campagne et 24 mortiers de campagne de 16 cm.
2° Les pièces qui devaient devenir disponibles après le désarmement de l'artillerie de campagne du détachement du Kouantong.
Résumé de la défense d'après les projets
La défense de Port-Arthur était par suite basée sur la construction de : 25 batteries permanentes de côte (*),
8 forts permanents, 9 batteries permanentes de terre,
9 ouvrages semi-permanents, 9 ouvrages temporaires (en comptant les redoutes de l'enceinte centrale), 24 batteries de mobilisation et 6 km d'enceinte. Une telle quantité d'ouvrages édifiés avec des moyens suffisants pendant la période de cinq années qui précéda le début des hostilités aurait créé une force passive menaçante.
D'après le colonel Velilchko : « Toutes ces constructions devaient être faites en temps de paix, et on devait élever non seulement les forts, mais encore les ouvrages
(') Il devait môme y en avoir vinyt-sept, ainsi qu*il a été dit précédemment.
SUR LA CONSTRUCTION DES FORTS i5
temporaires, les redoutes, les batteries et même les retranchements d'infanterie avec leurs obstacles. »
De cet exposé, on voit, en ce qui concerne les fortifications de terre, que :
1° La ligne des forts se trouvait sensiblement sur un arc de cercle décrit du centre et de 3,5 km de rayon; les forts I et VI en étaient seuls distants de 4 km. Toutefois, en avant de cette ligne principale, on avait prévu des ouvrages permanents sur les motits Takouchan, Vysokaia et Ouglovaia qui étaient éloignés respectivement de 5, 6 et 7 km.
2° L'enceinte entourant seulement la vieille ville avait ses remparts *à des distances du centre variant de i à 2,5 km.
3** La distance entre les forts était de 2 à 4 km.
4° De Songchouohan à la batterie A, les gorges des ouvrages étaient réunies par une levée de terre exécutée autrefois par les Chinois et que pour cette raison on a dénommée le mur chinois.
L'établissement des forts à une dislance aussi rapprochée de la ville tenait à deux causes : à la position choisie pour le combat et à l'importance prévue de la garnison. L'auteur du projet s'était bien rendu compte que cette disposition ne garantirait pas la ville d'un bombardement, aussi avait-il prévu l'occupation des hauteurs dominantes en avant de la ligne des forts et ayant une grande importance tactique. Toutefois, on n'avait pas songé au massif de Laotichan et pendant la durée du siège son importance apparut pleinement, car il aurait dû garantir le flanc gauche du côté ouest.
Malheureusement, certaines causes (') empêchèrent de réaliser le projet tel qu'il avait été conçu et ainsi qu'on
(*) L'auteur se dispose à les cnumcrcr en détail dans un prochain ouvraç|e, Défense de Port-Arthur, qu'il prépare en collaboration avec le capitaine RomanoYski.
i6 DE L'INFLUENCE DES COMBATS, ETC.
le verra ci-après, bien peu d'ouvrages étaient terminés et beaucoup d'autres à peine ébauchés. D'autre part, les Japonais devaient disposer de moyens d'action sur lesquels on n'était pas renseigné : c'est ainsi qu'outre les canons ordinaires de i5 cm, ils devaient encore pouvoir utiliser des obusiers de 1 5 et 20 cm, des mortiers de 28 cm et des canons de marine de i5 cm ayant une portée de 12 km. Aussi, dès le début du siège, put^on se rendre compte que l'ennemi, en s'installant à i,5 km de la montagne Ouglovaia, c'est-à-dire à 8 km du centre de la ville, pouvait parfaitement bombarder cette dernière et même le port.