‹ De l'influence des deviations de la colonne vertabrale sur la conformation du bassinChapitre 15 sur 20 · CARACTERES ANATOMIQUES DU BASSIN CYPHOTIQUE · texte numérisé non relu

CARACTERES ANATOMIQUES DU BASSIN CYPHOTIQUE

On les a étudiés dans les cas où la déviation de la colonne vertébrale est causée exclusivement par un mal de Pott survenu dans l'enfance.

Les déformations imprimées au bassin apparaissent alors dans toute leur pureté comme le fait remarquer Chantreuil. Mais il faut encore distinguer deux formes principales dans la

1. Uœmng. Beitr âge zur Lehre von kyphotisch-verengten Becken, Bonn, 4870.

Schilling. EinFall von kyphoiisch und ein Fall von kyphoskolioliich' verenglen Becken.Beûm^ 4873.

Kœnig, Ueher das rachitisch'kyphoskoliolische Becken und seinen Einfluss auf die Geburt, Zeisch. fur. Geb^ 1876.

Martin. Kyphoskoliotische-querverengtes Becken nach Knochenve^ reiterung der untersten Lendenwirbelkôrper, Zeilsch. fur, Gebur^ 4876,

Schrôder. Lehrburg der Geburtstulfe, 4877.

Spiegelberg. Lehrburg der Geburtstulfe, 4878.

Léopold. Rachitisches Becken, 4879.

modification da bassin saivant que la cyphose est dorso-lom* baiie ou lombo-sacrée.

Cyphose dokso-loxbaire. — Les modifications anatomiques sont les suivantes.

La colonne vertébrale présente une gibbo^té à convexité postérieure et le plus souvent de forme angulûre et non arrondie. L'angle cyphotique est presque droit dans la plupart des observations.

Ainsi sur les pièces 658 et 55S du Musée des hôpitaux et dans l'observation de H. Bailly. (Acad. de médecine). Ainsi encore sur les deux pièces de la collection de M. Depaul recueillies à la Clinique en 1870.

Sacnan. — La partie supérieure de cet os est portée en haut et en arrière. — « La face antérieure du sacrum forme avec les corps des dernières vertèbres lombaires une surface légèrement convexe : les vertèbres sacrées supérieures participent seules à cette lordose, les vertèbres sacrées inférieures formant au contraire avec le coccyx une concavité qui fait proéminer cet os en avant. L'excavation longitudinale du sacrum a donc presque complètement disparu : sa surface antérieure pandt faiblement courbée en S italique. Si on prend la mesure de cet os au niveau de la face antérieure, du sommet à la pointe, on trouve une augmentation de longueur. La face postérieure du sacrum participe aux changements qu'on rencontre sur la face antérieure ; elle est donc d'un^ manière générale presque plate dans le sens longitudinal. Sa hauteur est moins augmentée que celle de la face antérieure, car la colonne lombaire vient s'insérer sur la face postérieure du sacrum plus bas que l'état normal. — Le sacrum est concave transversale-

ment surtout au niveau des vertèbres supérieures et les ailerons de cet os proéminent fortemeni en avant. Celle concavité transversale parait d'autant plus marquée que la corde correspondante, c'est-à-dire la longueur du sacrum à ce niveau est plus petite.

Il Le corps de la vertèbre supérieure s'élève notablement audessus du niveau de ses ailes; c'est ce qu'on peut constater facilement en joignant par une ligne les extrémités supérieures des surfaces auriculaires du sacrum.

H Os coxaux. — Ils semblent avoir tourné autour d'un axe autéro-postérieur passant par les cavités cotyloïdes, de sorte fjue les fosses iliaques sont éloignées l'une de l'autre el les lubérosités ischiatiques, au contraire, rapprochées. L'arc du pubis est plus étroit, plus aigu qu'à l'état normal et, au niveau de la symphyse pubienne, les surfaces arlîculaires sont plus rapprochées en bas qu'un haut. »

Examinons un peu en détail les modifications survenues dans la figure des os iliaques.

« Ils sont plus étendus d'avant en arrière; la courbure de leur ligne innominée est plus douce, d'un plus grand rayon que dans un bassin normal. Les cavités cotyloïdes sont placées proportionnellement plus latéralement et ont une inclinaison en bas plus forte qu'ordinairement,

« Les fosses iliaques sont plates : les épines iliaques antéroînférieures sont ordinairement très développées.

« Les épines iliaques postérieures et supérieures sont rapprochées l'une de l'autre et occupent une position élevée par rapport à la partie supérieure de la face postérieure du sacrum.

(1 Les épines iliaques postêro-inférieures sont plus éloignées l'une de l'autre que les supérieures.

(c L'eEcavatioQ qui part du sommet de la courbure en S des crêtes iliaques pour se diriger vers la partie postérieure est aussi plate dans les bassins cypholiques, qu'elle est prononcée dans les bassins rachitiques.

Il Arc du pubis. — Les branches pubiennes forment un angle aigu; puis, elles prennent, tout en s'inclinant moins que d'habitude, une direction fortement inclinée en arrière.

o Les bords internes des branches descendantes du pubis sont légèrement tournés en avant ; à l'eodroit où la branche descendante du pubis et la branche ascendante de l'ischion sont réunies, elles forment un angle obtus ouvert en arrière.

fl Les tubérosilés ischiatiques sont rapprochées l'une de l'autre, mais elles sont plus arrondies qu'habituellement; leurs faces sont moins développées et elles sont inclinées sur la branche ascendante de l'ischion en arrière et eu haut, un peu en dehors. » fP. 32. Tki^se Cliantreuil.)

CYPHOSE LOUBO-SACREE — CABACTKRES ANATÛ«lQliES

Sacrum. — Il est diminué de volume. Sa largeur prise au niveau soit du détroit supérieur, soit des premiers trous sacrés n'atteint pas la mesure d'un bassin ordinaire.

Les bords antérieurs des surfaces auriculaires proéminent de chaque côté en avant des surfaces correspondantes des os iliaques adjacents.

La longueur de l'arc transversal du sacrum au niveau des premiers trous sacrés est diminué : Moor a compté lOl"" au lieu de 128.

La concavité du sacrum diminue dans le sens longitudinal. Tandis que la distance du sommet de l'angle à la corde de

Tare coiTespondant, c'est-à-dire la profondeur de rexcavation du sacrum dans le sens antéro-postérieur est de 22"»", à l'état normal (Schwegel), elle n'atteint que la moitié par le fait de la déformation due à la cyphose : on compte 11""°* sur le bassin de Zurich (Moor).

La hauteur antérieure du sacrum parait diminuée plutôt qu'augmentée, à l'inverse de ce qui se passe dans la cyphose dorso-lombaire.

Les trous sacrés sont plus petits et les distances qui les séparent très inégales, de sorte qu'ils paraissent disposés irrégulièrement.

Les parties latérales du sacrum sont plus minces et moins larges qu'habituellement : c'est la diminution de largeur de ses parties latérales ajoutée à la compression produite par les os iliaques qui contribue à donner au sacrum cette forme en coin si prononcée dans le cas de cyphose, à mesure qu'on s'approche du coccyx. — Tandis qu'ordinairement le sacrum atteint sa largeur maximum au niveau du détroit supérieur, dans le cas de cyphose dorso-lombaire au contraire, c'est au niveau de la première paire des trous sacrés qu'existe la plus grande largeur.

La convexité postérieure du sacrum est diminuée parallèlement à la déformation de la face antérieure dont la concavité est devenue moindre, ainsi que nous l'avons vu.

Os iliaques. — Ils sont plus plats que dans un bassin de femme bien conformé, plus petits et plus minces. — L'angle des fosses iliaques sur l'horizon est dans le bassin cyphotique plus aigu que dans le bassin normal.

La partie postérieure de la crétc iliaque, à partir de l'articulation sacro-iliaque, décrit une courbe plus douce dirigée

moins directement en haut, et est loin de proéminer au-dessus de la base du sacrum autant que dans l'état normal.

11 faut encore noter que la partie inférieure de l'os coxat {portion hypogastrique ou ischiatique), est plus inclinée en dedans que ne le ferait supposer l'inclinaison de la portion supérieure ou iliaque.

Ox du pubis. — La symphyse par^t un peu poussée en avant en forme de bec ; sa largeur est inférieure à sa hauteur, tandis qu'en général, c'est le contraire.

Les épines du pubis sont assez prononcées ainsi que les crêtes qui en partent; celles-ci sont saillantes, tranchantes. La crête pectinéeest également très marquée des deux côtés. Les bords de la symphyse pubienne s'écartent en haut. — L'angle formé par les branches horizontales du pubis est moins arrondi que dans l'état normal. — Le fond des cavités cotyloldes fait une saillie très caractéristique dans l'intériem' du petit bassin, qui, selon Chantreuil, est liée au changement de position du plan du détroit supérieur survenu dans la jeunesse et à une augmentation de pression consécutive des têtes des fémurs contre les parois du petit bassin.

Ischions. — On est d'abord frappé par la gracilité générale de ces os. Le diamètre transversal des tubérosités est aussi plus petit que dans l'état normal. Les bords internes des tubérosités sont tournés directement en dedans, au niveau du détroit inférieur et les tubérosités paraissent elles-mêmes comme recourbées en dedans.

En résumé, dans îa cyphose dorso-lombaire et dans le cyphose lombo-sacrée, les lésions ont entre elles une grande ressemblance: il y a cependant quelques différences qui tiennent surtout au siège de la lésion vertébrale. La cyphose agit

d'aulant plus qu'elle est plus inrédeure. En meilaul de côté les cas où la lésion vertébrale primitive atteint plus ou moins le sacrum lui-mânie et modifie directement la forme du bassin, il reste démontrû que la cyphose de la région lombaire iiiférieui'e est celle qui produit les déformations les plus accentuées du bassin cypbotique.

La rotation en dehors des os iliaques est très prononcée alors, les fosses iliaques sont très plates, les diamètres du détroit supérieur sont augmentés d'une manière sensible. Ceux du détroit inférieur sont rétrécis dans le sens transversal d'une façon sérieuse; t'étroitease du pubis est considérable, tous ces phénomènes sont assez prononcés pour gêner d'une manière notable le travail de l'accouchement.

On a donc affaire à des bassins en entonnoir. « Quand les caraclèrea d'un bassin vicié par cyphose sont bien accentués, la coupe médiane antéro-postéi'ieure affecte la forme conique; mais à l'inverse de ce qui se passe dans les bassins rachitiques (avec abaissement du promontoire et rectitude ou convexité antérienre du sacrum), la base du cône est au niveau du détroit supérieur et le sommet tronqué au niveau du détroit inférieur. Au point de vue des axes, les modifications portent surtout sur l'axe du détroit supérieur. Ce dernier prolongé tombe soit sur le coccyx, soit sur un point plus ou moins élevé de la face antérieure du sacrum. » (Page 52, Thèse Pinard.)

Quelques détails au sujet des mesures offertes par le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur dans les bassins cyphotiques nous paraissent utiles à exposer ici. — Dans sa thèse de doctorat*, M. Pinard a donné les longueurs des diamètres antéro-postérieurs d'un certain nombre de bassins dé-

1. Pinard, Nouvelles recherches de peivimélrte, etc. Thèse, Paris, 1874,

formés par la cyphose. Dans tous les exemples que noua allons citer, la cyphose n'était pas toujours sans autre déformation vertébrale; mais néanmoins son influence sur l'agrandissement du diamètre sacro-sus-pubien est reconnaissable.

Fia. S. — Qdform&tLOD du bassin par auitc de ta cyphose.

Coupe BiQtéro-postÉrieure. Les distAncea tr&nsvcrsiiles sont iadiquées

par dee chiflres l'eprésenlsat Is loQguaur ea mi lli mètres.

Mesures des diamètres antéro-postérieurs prises sur des cyphotiques.

N- 87. (Clamarl.) PI. LXXIII. (Thèse

Diam. sacro-sus-pubien . O",^

— sacro-soua-pubien . 13

— minimum 10 B

— coccy-pubien. . . O'J

Dans ce cas, la cyphose est dorso-lombaire : les modifications propres à cette déviation vertébrale sont peu marquées sur ce bassin : cependant la face antérieure du sacrum est rectiligne. Nous citons cet exemple comme le premier degré de l'agrandissement antéro-postérieur. — Le squelette nous a d'ailleurs paru être celui d'un homme adulte, ce qui confirme davantage l'existence d'une légère augmentation dans le diamètre droit.

Les exemples suivants sont beaucoup plus nets et démontrent entièrement la déformation dont nous nous occupons actuellement, bien que, dans la plupart de ces exemples, la cyphose soit unie à une scoliose vertébrale.

N» 64. (Glamart.)

PI. LXXV. (Thèse Pinard.)

Diam. sacro-sus-pubien . 0"*,^ 7

— sacro sous- pubien . 43 4

— minimum 41 5

Diam. antéro-post. d. inf. 08 4

(Dans ce cas, la cyphose s'accompagne de scoliose dorsale.)

N° 66. (Glamart.)

PI. LXXVI. (Thèse Pinard.)

Diam. sacro-sus-pubien . 0"^, 12

— sacro-sous- pubien. 13 4

— minimum .... 41 7

— coccy-pubien . . . 06 4

Gyphose de la région dorsale.

(Glamart.) PI. LXXVn. (Pinard.)

Gyphose lombaire Diam. sacro-sus-pubien ; -^ sacro-sous-pubien *

— minimum ... *

— coccy-pubien. . .

O-jlg 13 4 41 5 07 4

N° 70.. (Glamart.)

PI. LXXVIII. (Pinard.)

Gyphose lombaire :

Diam. sacro-sus-pubien . 0"\12

— sacro-sous-pubien. 13

— minimum 44 5

— cocc y-sous-pubien. 06 8

(Maternité.)

PI. LXXX. («Thèse Pinard.)

(Musée des Hôpitaux.) PL L XXXI. (Pinard.)

(Maternité.)

PI. LXXXIII. (Pinard.)

Cyphose dorso-Iombaire :

Diam. sacro-sus-pubien .

— - sacro-sous-pubien .

— minimum ....

— coccy-sous-pubien .

Cyphose dorso-lombaire :

Diam. sacro-sus-pubien .

— sacro-sous-pubien .

— minimum ....

— coccy-sous-pubien,

Cyphose :

Diam. ^acro-sus-pubien .

— sacro-sous-pubien.

— minimum

— coccy-sous-pubien.

Om,

Qm

N*» 40. (Clamart.)

Déviation de la colonne vertébrale,

mal de Pott.

Diam. sacro-sus-pubien . 0'»,43 2

"- sacro-sous-pubien. 44

— minimum .... 43

— coccy-sous-pubien. 08 3

N*» 76. (ClamarL)

Cyphose dorso-Iombaire :

Diam. sacro-sus-pubien . 0™,43 4

— sacro-sous-pubien. 44 2

— minimum .... 43 4

— coccy-sous-pubien. 08 7

L*étude du diamètre antéro-postérieur dans les bassins cyphotiques présente certaines considérations à établir au point de vue pratique.

Ainsi, en examinant les divers bassins de ce genre^ nous pouvons constater que si le diamètre antéro-postérieur vrai, c'est-à-dire la distance sacro-pubienne prise de l'angle sacro^

vertébral au bord supérieur de la symphyse est augmentée d'une façon très notable, le diamètre antéro-postérieur utile^ c'est-à-dire la distance allant non plus de l'angle sacro-vertébral, mais du point le plus saillant du sacrum à la face postérieure de la symphyse, est moindre que le précédent d'une quantité très notable.

Cette longueur est cependant presque toujours égale à celle du diamètre antéro-postérieur vrai dans les bassins normaux.

Expliquons un peu ce qui précède :

Sur le no 589 (musée Dupuytren). — Squelette dû à Gruveilhier.

Le diamètre sacro-sus-pubien est de 0"sl2, tandis que la distance véritablement utile pour l'engagement dans l'excavation n'est que 0"»,105.

Surle n°658 (Clamart). — La disposition indiquée plus haut est encore plus évidente.

Le diamètre antéro-postérieur de l'angle sacro-vertébral au bord supérieur de la symphyse est de 0"sl30 , tandis que la distance entre la symphyse et le point du sacrum qui correspondrait au promontoire d'un bassin normal n'est que deO^H.

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