INTRODUCTION
Pour étudier avec fruit les modifications qui se produisent dans la forme du bassin sous l'influence des diverses déviations de la colonne vertébrale, il est indispensable de rappeler certaines particularités anatomiques ou physiologiques de la plu3 haute importance à ce sujet.
Bien des raisons font comprendre comment le bassin par ses usages, par sa structure, par ses maladies, est exposé à subir des modifications de forme.
« Le bassin représente un anneau complet que l'on peut décomposer en deux cintres, dont le postérieur et supérieur reçoit tout le poids du corps, et l'antérieur et inférieur lui sert d'arc-boutant, de sorte que le poids du tronc et des membres supérieurs transmis par le rachis au sacrum, qui est enchâssé entre les os coxaux comme la clef d'une voûte entre les voussoirs, se répartit sur les os des iles, puis sur les pubis qui pres^ sent l'un contre l'autre avec plus de force.
(( Sur les parties latérales de ce cercle viennent s'attacher les deux membres inférieurs, qui, dans certaines postures, supportent à leur tour tout ce faix, soit ensemble, soit séparément. Cet usage du bassin, intéressant à connaître pour le physiologiste, l'est encore plus pour l'accoucheur, parce qu'il donne la
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raison des formes vicieuses et bizarres qne prend cette cavité lorsque l'ossification des os qui en forment les parois se fait trop lentement ou rétrograde. »
De même cet asage du bassin nous servira à expliquer dans certains cas de déviation de la colonne vertébrale la pathogénie des modifications dans la forme pelvienne, par suite de conditions nouvelles survenues dans la statique du corps. Mais avant d'en arriver aux explications de physiologie plus ou moins normale, il nous importe de rechercher encore s'il existe d'autres conditions anatomiques intéressantes pour notre sujet.
Je ne ferai que signaler pour mémoire l'influence des déviations congénitales de la colonne vertébrale s'accompagnant de déformation du bassin. Elles n'ont été observées que chez des sujets monstrueux, présentant, par exemple, des éventrations (Fleischmann, Depaul).
Il est plus intéressant de signaler la forme spéciale que présentent le rachis et le bassin du fœtus : peut-être pourrait-on y trouver quelque explication utile au point de vue des déviations du rachis et de la conformation du bassin, par exemple, pour la lordose lombaire.
« Le bassin du fœtus, dit Fehling\ diffère de celui du nouveau-né. Chez le fœtus, le promontoire ne fait pas de saillie notable, les vertèbres supérieures du sacrum forment avec les deiTîières vertèbres lombaires une surface convexe en avant, dont le point le plus saillant est situé au-dessus de l'aire du détroit supérieur ; il en résulte que la concavité du sacrum se trouve beaucoup plus bas. Au contraire, chez le nouveau-né, la courbure dépendant de la colonne lombaire se redresse, et la partie supérieure de la première vertèbre sacrée s'infléchit
4 . De la forme du bassin chez le fœtus et le nouveau-né, et de ses rapports avec le bassin de l'adulte.
(Arch.fur Gynœk. ïîaud. X. Heft. î, <877.)
en formant un angle; aussi la concavité dn sacrum commencet-e!!e immédiatement au-dessous du promontoire alors constilu6 : le maximum de l'excavation se déplace en haut, la pointe du coccyx parait relativement moins saillante.
Il Le poids de la colonne vertébrale a une action très éloignée sur la forme ovalaire du bassin et, à défaut d'autre hypothèse discutable, on est obligé de considérer cette forme comme une disposition originelle. »
M. Guéniot, dans sa remarquable thèse sur les Luxations' coxo-l'émorales au point de vue des accouchements, avait déjà reconnu la direction rectiligne de la colonne vertébrale chez le fœtus et l'enfant nouveau-né et, dans des cas assez communs, une certaine asymétrie dans le bassin au moment de la naissance, sans qu'il y ait eu aucune cause appréciable de déformation .
C'est aussi l'opinion de liouland sur la production des courbures normales du rachis. D'après cet auteur, le rachis humain présente à l'époque de la naissance Jeux courbures, une cervicale, une dorsale; la courbure lombaire existe quelquefois, mais elle fait le plus souvent défaut. C'est vers l'âge de deux ans et demi à trois ans que la courbure lombaire commence à se former et à devenir constante.
Nous avons vu que dans quelques cas la courbure lombaire fait défaut même chez l'adulte et qu'il en résulte des déformations sur te bassin. Ces connaissances sont utiles à rappeler, mais c'est surtout dans le développement ultérieur de l'organisme et dans l'apparition de certaines lésions que se trouveront les conditions plus actives qui amènent les déviations vertébrales et leur retentissement du cûié du bassin. — Ainsi l'apparition du rachitisme dans les premières années de la vie pourra porter directement son effet sur le bassin et sur la colonne vertébrale à la fois, de sorte que les déviations de la colonne ver-