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De l'influence des etudes histologiques sur la connaissance des maladies du systeme nerveux

Les études histologiques nous font connaître ]a structure intime du système nerveux et les éléments anatomiques qui le constituent. Elles nous le montrent d'abord formé par des éléments spéciaux, la cellule et le tube nerveux combinés avec des éléments communs, les vaisseaux et le tissu conjonctif qui affecte ici une forme et des dispositions particulières, encore incomplètement connues d'ailleurs. Elles nous le montrent ensuite comme constitué par l'assemblage d'éléments nerveux unis pour former des systèmes secondaires indépendants les uns des autres en quelque sorte, quoique toujours solidaires entre eux.

Les études histologiques pénètrent plus loin encore. Elles analysent l'élément nerveux et nous le font voir composé lui-même de parties distinctes :

le noyau de la cellule et le protoplasma, le cylindre d'axe, la gaîne de myéline, la gaine de Schwann, etc.

Toutes ces données, la découverte des ganglions intra- viscéraux, des plaques terminales motrices, des terminaisons nerveuses sensorielles, etc., l'étude des ganglions périphériques, les essais de coordination entre toutes les parties diverses dont le système nerveux se compose, en nous faisant connaître de plus en plus exactement les dispositions anatomiques principales de ce système, nous permettent de pénétrer plus sûrement dans la science de ses fonctions. Elles nous permettent surtout de rattacher les actes nerveux à des parties organiques bien déterminées ; et elles ont ainsi concouru à agrandir les connaissances que nous devons aux études de physiologie expérimentale.

Mais les études histologiques ne nous livrent pas seulement les caractères de l'état normal du système nerveux ; elles nous font connaître aussi ses altérations si variées. Nous pouvons suivre l'élément anatomique dans les transformations qu'il subit sous l'influence de l'impression morbide, nous pouvons suivre la lésion de ses débuts à sa fin et en étudier tous les progrès. Ainsi nous voyons, en quelque sorte, l'élément nerveux naître dans l'embryon, se développer, s'altérer, revenir à l'étal normal ou mourir. Et de môme que nous avons rattaché l'activité nerveuse normale à des éléments or-aniques sains, de môme nous rattachons les per-] turbations de cette activité aux éléments organiques lésés.

Tels sont les fondements de l'influence que les éludes histologiques exercent sur la connaissance maladies du système nerveux. Je démontrerai p&t des exemples, dans la suite de ce travail, l'étendue de cette influence, et combien déjà elle à été sensible sur la plupart de ces maladies.

Mais les études histologiques ont-elles donné leur dernier mot ÈMt la connaissance des maladies du système nerveux? Qui pourrait le croire?

Dés faits importants, fondamentaux même, sont acquis et resteront il est vrai : mais que de données essentielles nous font encore défaut! Et, poitr ne citer que quelques exemples : connaissons-nous bien la structure de la moelle cà l'état normal; connaissons-nous exactement le trajet des tubes nerveux dans cet organe et la véritable origine des racines des nerfs? Il suffit d'avoir attentivement cherché les anastomoses qui unissent les cellules nerveuses entre elles, ou avec les tubes nerveux, même sur les meilleures préparations, pour comprendre l'impossibilité où l'on est, aujourd'hui encore, de se faire sur ces points particuliers une opinion certaine basée sur une analyse approfondie. Comment, dans de semblables conditions, faire progresser Tanatomie pathologique du centre médullaire ? On parle beaucoup de sclérose, d'hyperplasie avec transformation fibrillaire de la névroglie, et il semble que nous connaissions définitivement, dans son principe, cette lésion si fréquente du système nerveux. Cependant, la connaissance que nous en avons doit être bien imparfaite si nous

en jugeons par les récents travaux faits sur la névroglie a l'état normal. Tandis que Deiters (1) et d'autres histologistes admettent l'existence de cellules étoilées et rameuses de la névroglie, M. Ranvier regarde les figures rameuses comme des faisceaux de tissu conjonctif entrecroisés et décrit dans ce tissu des cellules plates.

Pourtant, ce qui reste à faire ne doit pas nous empêcher de tenir compte des travaux accomplis. Et ce que les études histologiques ont déjà fait pour la connaissance des maladies du système nerveux depuis le court espace de temps qu'elles sont cultivées, nous est un sûr garant de progrès qu'elles lui feront faire encore.

Mais les études histologiques seules ne sont pas capables de nous donner une connaissance complète des maladies du système nerveux. Je n'ai pas besoin de signaler le rôle de la clinique : son rôle est fondamental. A côté de la clinique et de l'histologie se range la physiologie expérimentale qui, elle aussi, a singulièrement éclairé l'étude de ces maladies. Il n'a pas encore été fait de travail de synthèse sur les résultats obtenus par ces trois moyens d'investigation; peut-être même n'est-il pas encore possible de le faire avec fruit. Et c'est pourquoi il serait au moins prématuré, sinon téméraire, de porter un jugement définitif sur l'influence propre exercée par les études histologiques sur la connaissanc e des maladies du système nerveux.

(1) Deiters, Unters. ûber Gehirn und Mark L. Menschen u. d. Sùugeth. Brunswick, 1865.

Je n'ai pas besoin d'indiquer les raisons qui m'empêchent de tenter un pareil travail de synthèse qui seul, m'autoriserait à juger en connaissance de cause l'influence particulière des études histologiques. Je me contenterai donc de donner quelques exemples choisis, qui nous indiqueront les caractères essentiels de cette influence et ce qu'elle a déjà donné.

Je diviserai ce travail en deux parties : J'exposerai dans la première partie l'idée générale de l'influence qu'ont exercée les études histologiques sur la connaissance des maladies du système nerveux ;

Et dans la seconde, je présenterai des exemples des progrès accomplis, sous l'influence de ces études, dans la connaissance des maladies qui affectent chacune des grandes divisions de ce système.

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