XIV
La paralysie labio-glosso-laryngèe.
M. Duchenne a eu tort de faire une espèce morbide de la paralysie labio-glosso-laryngée. Cette paralysie, comme d'ailleurs toutes les autres, n'est qu'un symptôme dont la cause peut être fort variable.
M. Proust, dans ses leçons cliniques, s'est étendrç sur cette démonstration (1).
M. Duchenne a décrit la physionomie de cette paralysie avec un rare bonheur.
Le premier symptôme observé est la parésie, puis la paralysie de la langue.
Plus lard sont pris à leur tour les muscles du voile du palais, et après ces derniers, l'orbiculaire et quelques muscles moteurs des lèvres. La paralysie ne frappe que les groupes musculaires servant à articuler les mots, à former le bol alimentaire et à le faire pénétrer dans le pharynx et l'œsophage.
Quand la maladie est arrivée h sa période d'état, le sujet affecté n'émet plus que des sons inarticulés; la voix s'affaiblit, et aussi les mouvements respiratoires. La salive coule de la bouche, la déglutition est des plus pénibles, les liquides repassent parles lèvres et s'échappent par les fosses nasales ; le bol alimentaire ne peut être formé, et l'alimentation, d'insuffisante qu'elle est, finit par devenir presque impossible.
A la dernière période apparaissent des accès de suffocation et des syncopes qui peuvent être la cause d'une mort subite (2).
Quand la paralysie affecte cette marche; nul doute qu'elle ne soit causée par une lésion dont l'existence progressive détruit successivement les fonctions des nerfs de la langue, des lèvres, du
(1) Proust, Sur la paralysie labio-glosso-laryngèe, (Gaz. des hop., 1870).
(2) Duchenne, De l'ùleclrùation localisée. Paris, 1872.