DOUCHES
Les douches se divisent quant à l'étendue de leur application en douches générales et en douches locales. Les douches générales, comme leur nom l'indique, soQt réparties uniformément sur toute la surface du corps. Elles se donnent principalement avec la douche mobile en jet ou en arrosoir et sont destinées à produire des effets généraux. Les douches locales sont dirigées sur une région limitée du corps, et destinées à agir plus spécialement sur telle ou telle partie de la surface, cutanée ou par action réflexe sur tel ou tel organe que Texpérience a prouvé être en relation sympathique avec ce point de la peau. Les douches locales les plus usitées sont :
a et b) La douche hépatique^ et la douche splénique^ utilisées par Fleury dans le traitement de la congestion chronique du foie et de la rate; \^ douche hypogastrique employée quelquefois dans les maladies utérines ; les douches se donnent au moyen de la douche mobile en jet que Ton proinène sur la région en question.
Les douches vaginales et utérines j qui sont administrées, dans le bain de siège, au moyen d'un tuyau à canule ;
La douche hémorrhoïdale^ dont nous avons déjà parlé à propos de bains de siège à aiguilles;
é) Enfiû la douche cucendante au moyen de laquelle on intraduit une certaine quantité d'eau dans le rectum et qui est administrée surtout contre la constipation.
f) Il est enfin une dernière forme de douche de création plus récente, la douche filiforme^ inventée par Laurès, dans laquelle Teau est projetée avec une grande force à travers un orifice capillaire. Cette douche, par la haute pression qu'elle possède, déterminera une vive excitation de la peau. C'est le moyen de rubéfaction locale le plus puissant qui existe. Elle a été employée comme révulsif, dans les névralgies, dans les afl'ections spinales, le long de la colonne vertébrale, enfin dans les anesthésies locales.
Dans les douches, l'eau est projetée sur le corps en forme de jet ou de pluie, au moyen d'appareils spéciaux disposés à cet effet, et dans lesquels l'eau est soumise à une pression plus ou moins forte. Ici l'effet mécanique de la percussion s'ajoute à celui de la température du liquide. Les douches sont un des moyens les plus puissants que l'hydrothérapie possède. Elles forment à elles seules l'élément principal de la médication dans la plupart des traitements. On distingue :
g) La douche en jet mobile^ c'est la plus usitée, celle dont le maniement est le plus facile et qui rend le plus de services.
h) La douche mobile peut être convertie en douche en éventail en brisant le jet avec la main ou avec une palette spéciale. On amortit de cette façon la force de percussion de la douche, et on Pétale sur une plus grande surface.
ï) La douche en arrosoir s'échappe par une pomme d'arrosoir, l'eau y est très-divisée, on la nomme dotiche en pluie quand elle tombe verticalement.
j) Dans la douche en cercle ^ Teau s'échappe de 7 tuyaux en forme circulaire horizontalement disposés -et percés d'une grande quantité de petits trous. Le malade se place au centre de l'appareil et reçoit Teau sur toutes les parties du corps à la fois. Ce sont là les douches principales.
k) Il en existe encore d'autres moins fréquemment employées telles que la douche verticale en colonne^ la douche en cloche^ la douche à lames concentriques ^ la douche en nappe ^ etc., etc.
Dans les douches, l'eau agit à la fois par sa température, par sa pression et par sa division. Plus la température de l'eau sera basse, plus sa pression et sa division seront grandes et plus les effets de la douche seront énergiques. En général les douches sont les agents de la médication excitante. Par Timpression produite sur le système nerveux, elles stimulent vivement l'ensemble des grandes fonctions, et particulièrement la vascularisation périphérique; à ce titre, elles produisent des effets révulsifs très-puissants.. C'est à Fleury que Ton doit d'avoir mis en relief tous les avantages que Ton peut retirer de l'administration méthodique des douches froides. C'est à son emploi judicieux qu'il a dû ses plus beaux succès.
Nous n'énumérerons pas ici tous les effets que Ton peut produire avec les douches froides, ni toutes les affections qui sont susceptibles d'être traitées par elles. Le sujet est trop vaste, c'est presque l'histoire de ^hydrothérapie tout entière. Nous nous contenterons de dire qu'elles trouvent leur place dans le traitement de presque toutes les affections chroniques, justiciables de l'hydrothérapie, soit dès le début du traitement, soit plus tard après d'autres opérations préparatoires.
Pour être complet dans ce rapide aperçu des procé-
dés employés en hydrothérapie, il nous reste encore à parler des opérations hydrothérapiques dans lesquelles on associe aux applications froides les applications préalables de calorique.