‹ De l'influence des lois sur la répartition des richesses [microform]Chapitre 15 sur 19 · LES GASPILLAGES · texte numérisé non relu

LES GASPILLAGES

La bureaucratie. — Les subventions aux tiiéâtres. — Les prêts de l’État.

Les états-majors de grande compagnie.

Il \ a le gas()illage des londs (mblics par le gouvernement , et le gaspillage des richesses générales du pays par les particuliers.

Parmi les divers gaspillages qui sc font des fonds publics, il en est un bon nombre dans lesquels nous ne pouvons entrer, parce qu’il nous faudrait éplucher des comptes d administration , dont nous n’avons ni les éléments, ni les moyens de faire la preuve; c’est là l’affaire des commissions budgétaires, qui fort souvent formulent des blâmes sévères, blâmes qui, cependant, n’empêcbent pas les abus de se renouveler et de se perpétuer. Il a fallu que le mal lût arrivé à un bien haut degré d’intensité pour que tout dernièrement la Chambre, malgré les efforts ministériels, se décidât à décréter qu’à l’avenir les modi-

lications d’uniformes ne se feraient plus qu’en vertu d’une loi !

Il semblerait que nos ministres n’ont jamais bien compris d’où vient l’argent qui sert à payer toutes ces fantaisies de décors et d’apparat extérieur; ils agissaient et ils agissent encore comme ferait un homme riche d’un revenu de quelques centaines de mille francs, qui peut modifier à sa guise toutes les dépenses qu’il peut faire en ne s’attaquant qu’à son superllu. Hélas! le superflu des budgets n’est que le composé des (irivations du plus grand nombre des contribuables.

Nous ne parlerons (ju’en passant du nombre d’emplovés

dont s'enorgueillissent toutes nos administrations, surtout

dans les sommités, là où l’on ne Iravaille guère, et on

cliaque traitement dévore le budget d'une douzaine de

lamilles de pauvres travailleurs. Combien avons-nous vu

( inspecteurs généraux qui n’inspeclent rien, de directeurs qui ne dirigent rien!

La France serait effrayée si elle voyait la liste des loinnies qui émargent au budget, comparée avec celle des aulres pays. 11 y a lieu de penser que, pour un fonctionnaire anglais, la France en a dix! Et, malbeiireusenient, ce n’est pas ce luxe de fonctionnaiiTS qui empêche les révolutions, bien au contraire.

Nous appelons gaspillage, et gaspillage illégitime, ces siuventions aux théâtres, toujours combattues et toujours votées avec un nouvel enthousiasme. Il est impossible, cependant, de ne pas le déclarer hautement, le gouveimement n’a pas le droit de demander de l’ai-gent au pauvre pour aider la richesse à payer ses plaisirs. Que fait à celui qm travaille sans cesse et à grande fatigue pour subvenir à grau peine aux besoins de sa famille, que l’Opéra ne puisse avoir tel ou tel ténor, telle ou telle chanteuse, sans in payer des sommes folles? Le pauvre dit, avec raison que ceux qui tiennent à les entendre les payent, mais quoi] ne lui demande pas, ne fùt-ce qu’un centime par lour ou par semaine, pour payer des pirouettes ou des roulades. Les riches sont assez riches pour ne pas tendre la main aux pauvres : s’ils y réfléchissaient, ils auraient lonte de demander ainsi l’aumône à ceux qui ne vivent )eul-ètre que de pain noir.

Et savez-vous pourquoi ces premiers sujets, comme on les appelle, exigent une folle rétribution? (l’est justement parce que vous votez des subventions. Le jour où vous ne iu-ezplus concurrence au marché libre, le prix de leurs

services tombera à son taux naturel, et ils paraîtront sur vos scènes, comme sur celles de Londres ou de New- York. Au lieu de quelques centaines de mille francs, votez une dizaine de millions de subvention , et vous verrez tout aussitôt les prétentions de ces messieui s et de ces daines s’élever et s’enfler dans la même proportion. C’est l’appât que vous leur offrez ijui les rend aussi exigeants.

Dans tous les cas, il y a là une appropriation illégitime des deniers publics, et nous ne saurions !rop la condamner, malgré toutes les éloquentes réclamations en faveur de l’art et des artistes.

Nous croyons qu’un grand pays comme la France peut et doit avoir des musées, ouvrir des galeries de sculpture ou de jieinture ; la vue et l’étude des chefs-d’œuvre que l’on y voit réunis épurent les sentiments, les élèvent, calment les passions et disposent riionimeà chercher à acquérir la connaissance et la pratique du beau et du bien. Ces gale- 1 ics , ces musées, ne sont pas le patrimoine seulement du riche, comme semblent l’être les plaisirs du théâtre; tous y ont accès, et tous éprouvent un légitime sentiment de fierté en les parcourant. Au moins avec les collections de sculpture et de peinture, on ne ])oiisse pas l’ironie jusqu’à ouvrir leurs tiorles une fois on deux par an , dans les jours de fêtes dites nationales, pour qu’au prix de quelques coups de poing, les pauvres puissent y entrer gratis! On semble faire l’aumône d’une représentation à ceux qui ont payé pour que de plus riches qu’eux en profitent quelques centaines de fois par an!

Parlerons-nous des réjouissances publiques, à l’occasion desquelles la Restauration, se souvenant du panem et circenses des Romains, faisait distribuer des produits de la chai CLiterie ? On faisait l’aumône à ceux qui avaient jiayéau centuple ce qu on leur donnait dédaigneusement! (^ue dire des lampions, des illuminations et des feux d’ar-

tifice, smon que c’est le gaspillage le pins éhonté de la lortune publique ?

Chose étrange, on fait des lois pour moraliser le peuple on renchérit par des taxes excessives les boissons avec lesquelles il peut facilement s’enivrer, et on lui fait paver ( es lues qui ne sont logiquement pour vous qu’une excitation aux excès et à la débauche! Soyez donc logiques

dans votre système, et ne frappez pas d’une main ce que vous encouragez de l’autre.

Sous la Restauration, car une foule des abus que nous |.vons a signaler datent ,1e celte épo,|ue pré, en, lue moraisalnce. l habitude s’inlroduisit de donner de succulents il.,nn-s nninslériels. Tous les régimes qui ont succédé à cette triste époque ont religieusement suivi ses errements sous ce rapport. Les traitements îles iriiiiistres et autres grands personnages sont calculés en vue des ban (incts olliciels qu’ils doivent offrir à ceux ,,„i sont cliai-és t e juger leur conduite et d’apurer leurs comptes ' 11 v a""!'! non-seulement gaspillage de la richesse publique, '.nais entame de corruption envers les délégués de la nation La force de l’habilnde est telle, que, bien que nous avons eu (I honnêtes et probes ministres, nous n’en connaissons pas un qui ait osé s’affranchir de celle humiliante coutume.

Nous comprendrions qu’un pays, dont tous les habilaiils seraient plus ou moins millionnaires, se fit représenter ,i 1 etranger d’une manière splendide et fastueuse; mais un pays on les travailleurs à la journée se comptent par

millions, tandis que ceux ,pii vivent d’une manière imlépenilanle de leur fortune acquise ne sont qu’au nombre :1e quelipies dizaines, mettons, si vous le voulez, quel,, ues tentâmes de mille, se fasse représenterd’une manière prinnere, en donnant des centaines ,1e mille francs à ses ambasladeurs, sous prétexte de faire danser quel,|uefois louiours es mêmes attachés et secrétaires, on de faire dîner tou-

— îti."! —

jours les mêmes représentants étrangers et les ministres en expectative ou en activité de service, c’est le comble du grotesque et de l’insanité.

Ce n’est pas pour payer des fêtes de ce genre que le contribuable des campagnes se courbe sur le sillon à l’ardeur du soleil ou sous des torrents de pluie, et que le travailleur des villes sue sang et eau pour recevoir sa paye à la tin de la semaine.

Oui ne dira, comme nous, qu’il y a là mal-appropriation d’une partie des richesses publiques?

Pour qu’un pays puisse produire tout ce qu’il peut donner et que la richesse se développe et s’accroisse in- ' déliniment, il est nécessaire que toutes les parties dont il se compose soient non-seulement travaillées et mises en rapport, mais aussi soient accessibles à tous ceux qui par le travail ou leurs richesses acquises antérieurement, peuvent être désireux de les acquérir. Il importe que celte accessibilité de tons à la terre, instrument suprême de la production, soit absolue et sans réserve. Dans les pays d’Orient, où, par un a us impardonnable de la force, les rois se sont attribué la propriété exclusive du sol, l’agi'icultnre est restée dans son enfance, la terre ne donne que peu de j)roduits, et la misère est extrême.

Si la moitié de la France appartenait à l’État, nos jjopulations seraient à peu près aussi misérables que celles de l’Orient.

Ces i)rincipes sont généralement admis comme vrais, comme irréfutables; comment se fait-il alors que l’État détienne encore d’immenses étendues de terres, des forêts considérables qui n’entrent aucunement dans la circulation des richesses et ne donnent que des produits dérisoires, quand leur culture ou Icui' aménagement comme propriétés individuelles augmenteraient dans une trèsforte proportion la masse de nos produits?

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Dans tous les cas, cette raison ne peut être valable que pour les forêts situées sur des hauteurs; mais qui empêche de les aliéner avec défense de défricher? En outre, est-ce que les forêts de Saint-Germain, de Gompiègne, de Fontainebleau et autres, sont un préservatif contre les inondations? N’y a-t-il pas, dans la plupart de ces forêts, d’immenses espaces qui ])ourraient être livrés à la charrue, et donneraient au pays des blés qui lui manquent?

La tel I e n est laite pour la chasse que dans les pav s sauvages, où l’intelligence de l’homme fait défaut, où il ne vit pas encore en sociétés stables et sédentaires. Parlont ailleurs, la terre Veut être cultivée, appropriée aux uns ou aux autres, et c’est un crime que de la laisser en friche ou couverte d’épais fourrés.

ün a encore dit que les forêts étaient un capital en léserve qu’il fallait soigneusement garder pour faire face aux calamités qui pouvaient fondre sur le pays! A quelle extrémité veut-on donc que la France soit réduite, si, après les malheurs que nous venons d’éprouver, on ne trouve pas le moment venu d’utiliser cette resene?

Prenez garde, vous imposez des charges au commerce et à 1 industrie sous lesquelles l’un et l’autre peuvent sombrer ; n attendez pas que le dépérissement se fas.se sentir trop vivement pour remédier à la situation ; peut-êtj’e serait-il trop tard.

Répondrons-nous à ceux qui prétendent que cet avoir torestier de l’État est le gage de ses créanciers? Quelle raison auraient-ils de se plaindre si le produit de la vente de ces forêts était appliqué à l’extinction d’une partie de la dette, ou , ce qui reviendrait au même, à la réduction des charges publiques?

Il y a là un reste de féodalité qu’il importe de faire disparaître; l’homme vaut mieux que la terre, et il est néces-

saire qu’une hoime appi-opriation du sol lui permette de se nourrir, de se vêtir et de se log'cr convenablement.

Et, puisque nous sommes à parler de forêts pour chasses princières, qu'il nous soit permis de dire ici que leur suppression mettrait fin à un scandale public qui n’a pas peu contribué à jeter la démoralisation dans les masses. Il n’y a pas un de ces banquets officiels dont nous avons pai-Ié, et dont les feuilles officielles nous donnent avec soin les splendides menus, dans lesquels le gibier ne ligure en abondance, même aux époques où la chasse est le plus stiictement prohibée. Comment veut-on qu’une loi des plus convenfiomielles soit respectée, quand les chefs d’Ëlat donnent eux-mêmes l’exemple publique de sou infraction. Le jirince et le giand dignitaire peuvent, contrairement aux lois sur la chasse et sur les octrois, infi-oduire dans les Villes telles pièces de gibier qu’il leur plaira, les lois semblent nêtre pas faites pour eux; mais le pauvre Iiracoimier, le propriétaire même qui chassera sur ses terres en temjis prohibé, non-seulement seront poursuivis, mais leur fusil, leurs engins de chasse ou de pêche seront saisis et confisqués, au mépris de farticle de nos constitulmns qui a aboli la confiscation. Tl fallait ajouter que cet aiücle ne concernait (jiie les grands conspirateurs, les grands traîtres au pays et autres ejusdem farinæ !

Tout dernièrement encore, un tribunal de Bordeaux ^ient de taire une nouvelle application de ce droit de confiscation interdit par nos constitutions. Des industriels avaient établi des bascules, où acheteurs et vendeurs allaient, usant d’un droit qui semble et qui devrait appartenir à chacun, faire peser les marchandises qu’ils échangeaient. Des arrêtés municipaux, paraît-il, avaient confisqué ce droit au profit d’un pesage municipal, en remplacement, croyons-nous, des anciens pesages féodaux ou bauals. Toujours les souvenirs de la féodalité et de ses

us et coutumes ! Le Tribunal a condamné les peseurs à l’amende, et a ordonné la confiscation de leurs bascules!

Quand donc aurons-nous une Cour de droit constitutionnel, qui rappelle au respect de nos constitutions, et les maires qui prennent des arrêtés de ce genre, et les tribunaux qui les sanctionnent par des amendes et des saisies?

Pauvre droit de propriété, quand donc seras-tu respecté par nos législateurs et nos administrateurs?

Chacun a le droit incontestable d’user de son bien comme il l’entend , mais en l’absence de prescriptions légales, impossibles à établir, il y a pour nous tous une obligation morale, qui nous défend de le gaspiller, de le détruire d’une manière improductive. La société est en ipielque sorte copropriétaire de ce que nous possédons, car si nous Pavons acquis légitimement par notre travail, c’est avec l’aide de moyens qui font partie de l’avoir social et que nous ont légués les longues suites de générations, auxquelles nous sommes redevables de notre savoir et de toute l’expérience amassée par les siècles passés.

Nous ne voulons pas appeler gaspillage les dépenses de luxe que font ou peuvent faire les gens riches, car ce qui peut être luxe pour l’un n’est souvent pour l’autre qu’une dépense proportionnelle à sa fortune, et nous ne voyons pas ce que la société gagnerait, par exemple, à la suppression de la fabrication des riches et belles dentelles pour la remplacer par celle de bas communs ou d’étoffes grossières. Mais la vaniteuse fantaisie de ce duc de Bridgexveter, qui, dit-on, fit frapper en métaux précieux quelques milliers de médailles à son effigie et alla les jeter dans tous les grands fleuves de l’Europe, afin que les généra-

MslilhloT ]»">■, nous semble uu

gaspillag-e des mieux caractérisés.

Diissioiib-nous, en outre, froisser quelques susceptibis nous appellerons gaspillage de richesses toutes les é enses qu entraîne une dévotion crédule et supersti-

, ’ pe'«'int>ges, si fort à la mode en ce moment

e ennagessentblables de tous poiutsà ceux que Louis XIV oblige d interdire sous des peines sévères.

.Nous nedisons pasque ceu.x dont l’avoirestconsidérable dont les cbàtcaux sont entourés dejardinset de paresmar Uibques, gaspillent leurfortune, car rbonune n’est pas sui' .1 tel re pour y boue, manger, travailler et donnir • il est t atis sa nature de recbereber des jouissances inlelleciuelles de plus d une sorte, et nul no saurait être blâmé pourreleicber la solitude, le calme et la fraiebeur des bosquets

terrar' I les accidents de

- < 1 plus ou inoms luttoi-esques; mais nous dirons que

-eux a ( onent elre imposés proportionnellement à ces

ntemes jomssauces. C’est là une des raisons qui nous fout

pi tfei er I impôt sur le capital à tous les autres.

fie que dit à ce sujet .M. Courcelle-Seueuil, qui, cepeu- ..ni, ne conclut pas à l’impôt sur le capital, est trés-reuarquable: . La plupart des impôts sur le revenu dit-il ' proposes ou établis présentent uu vice de réparlition’

I qu 11 suffit de signaler, parce qu’il est facile de le faire disparaître. C’est une exemption aceordée par inadvertance ai es revenus considérables composés d’intérêts, lorsque

■ le propriétaire du capital les consomme sans les rece-

■ voir des mains .Paucuu intermédiaire, .\insi, l’on con- ' sidere 1 babitant d’un vaste château de campagne le < proprietaire d’une riche galerie de tableaux, de statues

• et meubles de prix, comme ne recevant, quant à ce cbà-

• leau, (|uant à ces tableaux, statues et meubles, aucun « revenu imposable : on ne prend jias garde que ce re-

« venu existe, mais que son propriétaire en jouit et le « consomme directement. Cela est si vrai, que le château, « les tableaux, statues ou meubles, peuvent être loués, « tout aussi bien qu’un fonds de terre, une maison de « ville ou une somme d’argent. Ajoutons que, lorsque ces « capitaux, que l’on peut appeler « de jouissance », sont « prêtés à loyer, ils sont loués à un taux d’intérêt fort « élevé, à cause des risques du propriétaire, toujours e.x- « posé, soit à une détérioration, soit à une mévente. Ne « serait-il pas étrange d’imposer légalement des revenus « provenant de la location de ces capitaux et de les exemp-

« ter, lorsque c’est le propriétaire lui-même qui les perçoit « et en jouit? »

Ne serait-il pas plus simple, ajouterons-nous, d’imposer tous les capitaux sans exception?

Nous appellerons encore gaspillage l’habitude qu’ont les linanciers en renom , de recbereber et d’accepter de taire partie des conseils d’administration d’un nombre indéterminé de compagnies par actions. 11 y a là appropriation illégitime de richesses très-évidente, car non-seulement ces diiecteurs ou administi’ateurs, qui cumulent ainsi tant de positions lucratives, n’ont ni le temps, ni la capacité nécessaires pour remplir leurs diverses fonctions d’une manière satisfaisante et profitable aux actionnaires, dont les fonds servent a payer ces sortes de sinécui’es , mais encore ces directeurs et autres occupent des places que d’autres, aussi habiles et moins affairés, rempliraient dignement au plus grand avantage des intéressés.

Nul 11 est encyclopédique, nui ne possède la science univei selle, et ion est en droit de s’étonner que le même homme prétende à la fois à diriger une mine, un établissement decrédit, une entreprise de gaz, des compagnies de clieminsde ter, des paquebots, des télégraphes, et nous ne savons plus quoi ! Sans doute toutes ces entreprises

oflrent un côté financier qui semble toujours à peu près le même ; mais l’organisme industriel d’une entreprise de gaz II est pas le même que celui d’un paquebot ou d’une imne, et, nous le répétons, il y a et il doit y avoir gaspillage quand les mêmes hommes prétendent gérer des aflaiies aussi diverses. Que l’on ne nous dise pas qu’il y a des ingénieurs et que les détails d’organisme les regardent exclusivement : s’il en est ainsi, il y a gaspillage dans le nomlire des directeurs ou administrateurs que se donnent ces compagnies, car il n’est pas besoin d’être aussi nombreux pour discuter et décider les seules afïai res sérieuses

qui restent à traiter, celles qui regardent les finances de 1 entreprise.

« La société humaine, a dit M. Cberbuliez, produira « d’autant plus, son travail productif sera d’autant plus el- « ticace, que les fractions grandes ou petites, collectives « ou individuelles, dont elle est formée, spécialiseront da- « vantage leurs travaux. » C’est là un axiome généralement compris : ainsi l’on ne voit guère une compagnie de gaz lusionneravec une entreprise de télégrajihie, ni un chemin de 1er s amalgamer avec une institution de crédit. Pourquoi donc ce qui n’est pas dans la nature des choses serait-il dans celle des hommes? Est-ce que leur spécialité

n est pas tout aussi notoire, tout aussi reconnaissable que celle des choses ?

On dirait que nos grands tinanciers ont adopté la théorie de f ourier, qui voulait qu’un homme passe incessamnent d’un travail à un autre! Il est vrai que pour justitier lette théorie, ils ont su rendre ce papUlonage industriel

des plus attrayants : reste à savoir s’ils l’ont rendu plus ju-oductif relativement à la masse.

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