‹ De l'influence des maladies du foie sur l'État des reinsChapitre 4 sur 42 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

< Exposition et division du sujet.

\ Si la physiologie nous apprend à connaître la spécialisation fonctionnelle de chaque organe, elle nous enseigne en même temps qu'aucunne travaille isolément, exclusivement pour son propre compte, et qu’il existe entre eux une étroite solidarité. Cette synergie, qui relie

. nos différents organes à l’état physiologique, se retrouve elle-même à l’état pathologique, en ce sens qu'il est bien rare qu'aucun d’eux reste quelque temps malade sans qu’un ou plusieurs autres subissent

\ le contre-coup de ses altérations. À ce point de vue, certains organes sont plus particulièrement liés l’un à l’autre. C’est ainsi que l’on connaît bien aujourd'hui le retentissement des affections du rein sur le cœur, et réciproquement; on sait de même l'influence des affec-

‘tions cardiaques sur l’état du poumon, et des affections pulmonaires sur l’état du cœur. Or il existe entre la pathologie hépatique et la pathologie rénale un rapport qui, pour être moins connu, n’en est ni moins étroit, ni moins important. Murchison l'avait déjà entrevu. « Le rein.et le foie, dit-il, sont intimement liés par leurs fonctions, le principal rôle des reins étant d'éliminer certains produits qui sont

- en grande partie sécrétés dans le foie. Le trouble d’un de ces organes peut donc ämener le dérangement de l’autre. »

En fait, si l'on cherche seulement à constater la concomitance des altérations du foie et du rein, on voit qu'elle est assez fréquente. Roberts, Bamberger, Dickinson, Grainger, Stewrart, Frerichs, Rosenstein, Wagner, Rayer, l'ont signalée. Mais il s’agit là d'un fait brutal qu'il faut interpréter. Or, suivant les cas, trois Papier tions sont possibles (Rayer) :

4° Les lésions hépatiques et rénales sont l'effet commun d’une même cause ; elles sont, par exemple, sous la dépendance d’une affection cardiaque, ou d’une malddie infectieuse; ou bien les deux organes sont atteints au même titre par l’infiltration amyloïde ; ou encore un même agent, tel que le phosphore, a déterminé, dans le foie comme dans le rein, une dégénérescence graisseuse.

2° Les lésions hépatiques sont subordonnées aux lésions rénales : c’est le foie brightique, bien étudié par MM. Hanot et Gaume. D’après ces auteurs, « le foie est fréquemment atteint au cours du mal de Bright. Cliniquement, cette participation du foieau processus brightique se traduit souvent par une augmentation de volume plus ou moins appréciable, par un sentimentde tension et de gêne dans l’hypochondre droit pouvant arriver jusqu’à une dyspnée intense, enfin par certains vomissements. Anatomiquement, les lésions consistent principalement en une pâleur spéciale du tissu hépatique, qui paraît lavé sur les coupes. Au microscope, on trouve une ectasie capillaire dif= füse, qu'on reproduit expérimentalement. Les cellules hépatiques sont profondément altérées. Autour des noyaux plus où moins hypertrophiés, le protoplasma est atteint de dégénérescence hyaline, et pars fois creusé de vacuoles. Dans les cas extrêmes, il est complètement détruit ». M. Hanot attribue ces lésions à l'action du sang porte, chargé de principes toxiques par suite de l’imperméabilité rénale.

3° Les lésions rénales sont commandées par les lésions hépatiques. C' est le rein hépatique, que noùs nous proposons d'étudier ici. :’Pour comprendre sa pathogénie, il suffit de se rappeler la multiplicité et surtout la nature particulière des fonctions du foie, dont on peut résumer ainsi les principales : fonction biligénique, fonction glycogénique, fonction uréopoiétique, fonction d'arrêt des poisons. Or la sécrétion biliaire a pour effet d'éliminer directément, sans passer par le rein, un certain nombre de matériaux éminemment toxiques. La bile est, en effet, neuf fois plus toxique que l'urine (Bous

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