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chard). Sans doute, uné partie de cette bile est résorbée dans l'intestin, mais ses éléments les plusnocifs (bilirubine et sels biliaires) y Sont presque complètement précipités (Bouchard).
L’uréogénie a pour résultat de transformer les produits de désassimilation des albuminoïdes, corps plus ou moins toxiques, en une matière cristalloïde, dialysable, diurétique, à D près dépourvue de toxicité : l’urée.
Enfin l’action antitoxique du foie rend inoffensifs un certain nombre de poisons que lui amène le sang Roue et constitue ainsi une des sauvegardes de l'organisme.
En vertu de cette triple fonction, le rôle du foie est, au premier
chef, celui d’un organe dépurateur. Or, lorsque son fonctionnement
est troublé, lorsque les éléments de la bile passent dans le sang (cholémie), ou que les matériaux destinés à leur formation cessent de lui être empruntés par la sécrétion biliaire (acholie), lorsque l’urée fait place aux matières extractives, et que les poisons venus de l'intestin ne sont plus détruits dans le foie, il se produit dans le sang une accumulation de substances toxiques. Pour s'éliminer, ces substancées, dangereuses pour l'économie, ne trouvent guère qu’une voie : la voie rénale. D'où l'hypertoxicité des urines dans les maladies du
foié, constatée expérimentalement par MM. Roger et Surmont.
Le rein remplit donc ici un rôle de suppléance; « le foie et le rein sont, en effet, tous deux des organes dépurateurs, destinés à se suppléer mutuellement » (Rendu). Mais cette élimination de produits hypertoxiques ne saurait demeurer toujours inoffensive pour le filtre rénal. En se prolongeant, elle finit par l’altérer. Il se produit ici quelque chose d’analogue à ce qu'on observe du côté du cœur dans les néphrites : il parvient d'abord à compenser, grâce à son hypertrophie, une partie des effets de la lésion rénale, mais, à la longue, il finit par céder et se laisser dilater. De même,/le rein, après avoir essayé de lutter contre les conséquences de l'insuffisance hépatique, peut devenir insuffisant à son tour.
Cette question du retentissement des maladies A foie sur le rein n'a guère été étudiée jusqu'ici que par un de ses côtés : Les lésions des reins dans l’ictère. En revanche, si l'on cherche à s éclairer sur l’état de ces organes dans les affections hépatiques sans ictère, on est étonné de la pénurie des documents. Les auteurs insistent bien
AD DL sur la gravité des lésions rénales chez les liépatiques, mais ils n’indiquent pas que ces lésions puissent être la conséquence même de celles du foie, ou ils le laissent pressentir à priori sans apporter aucun fait à l'appui. Îls ne sont d'ailleurs rien moins qu 'affirmatifs. « Il est possible, dit Mossé, que les matériaux de désassimilation (leucine, tyrosine, etc.), contenus dans l'urine, irritent les tubes du rein. »
Poucel (de Marseille), dans un travail sur l'influence de la congestion du foie sur la genèse des maladies, écrit que « parfois le mal de Bright serait au début une affection du foie, et non une maladie du rein ». M. Huchard, qui le cite, dit de même: « Il y aurait done un rein hépatique, comme il ÿ a un rein cardiaque. »
Notre maître, M: le professeur Bouchard, est plus -catégorique :
:« Le poison biliaire et les poisons secondairement fabriqués dans For-
ganisme par le fait de la désassimilation imparfaite déterminent. en,
s'éliminant, des altérations rénales, »
Enfin, récemment, H. Mollière (de Lyon), consacre un article aux «néphritesaiguës et chroniques par insuffisance hépatique ». « Nous croyons, dit-il, que l’action du foie sur les reins peut se produire en l’absence d’aucuntrouble dela sécrétion biliaire, chez des cirrhotiques, ou lorsque l'organe est entièrement détruit, comme chez certains cancéreux. On voit se développer alors soit une néphrite aiguë, soit une néphrite chronique, avec leurs symptômes ordinaires. [l n'est pas non plus douteux pour moi que certains cas de maladie de Brightn ne relèvent d’une semblable origine. »
Et plus loin: « Chez quelques sujets atteints d’inflammations chroniques des reins, ilest parfois impossible de trouver dans les antécédents aucune cause générale ou locale, aucune intoxication d'origine
externe ou interne, à laquelle puisse être attribuée -la présence de l'albumine dans les urines.
« Nous croyons, pour certains cas, devoir donner l'explication suivante. De même que Cuffer et Gastou ont signalé pour le rein l’existence de néphrites, partielles, de même aussi le foie peut être atteint d'allérations qui ne s'étendent pas à la totalité de l'organe: véritables hépatites partielles compatibles avec un état de santé relative, fort difficiles aussi à diagnostiquer sur le vivant. Chez les sujets qui en
sont porteurs, le loie, bien que malade, est encore capablede sécréter
la bile, mais il ne détruit qu'incomplètement les poisons venant de
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STE . 2 . . € l'intestin. De la sorte, ces substances nocives, sans donner lieu à des :
accidents formidables, parce que le foie les détruit en partie, n’en traversent pes moins en certainé quantité tout l'arbre circulatoire. et
-arrivent jusqu'au rein, qui doit les éliminer.
«Si cette élimination des produits toxiques arrive à sefaire par cette voie, le filtre rénal n’en est pas moins fâcheusement impressionné par eux, et peu à peu-se développent les lésions caractéristiques: de la néphrite chronique, qui finissent par envahir l'organe entier. »
La clinique permet donc de soupçonner, avec assez de vraisemblance, cette subordination de certaines lésions rénales à une affec-
tion primitive du foie, Mais la démonstration expérimentale de ce fait est à peine ébauchée. Elle ne compte guère à son actif, en effet,
que les expériences de M. Gaucher en 1886-1888.-et celles de Pavlow
en 4893. Le premier a étudié l’action sur le rein des matières extrac-
tives que l’on trouve en abondance dans l’urine au cours de l'atrophie aiguë du foie. Le second a observé des altérations rénales après avoir supprimé l’arrivée au foie du 1e porte, et déterminé ainsi l'insuffisance hépatique.
Tout récemment, M. Charrin, dans un article sur l « Influence
- des maladies du foie sur la pathologie du rein », a résumé l’état
de la question, en apportant quelques expériences personnelles sur lesquelles nous aurons à revenir.
Nos recherches ont été commencées en juin 1893, sous l'inspiration de M. Roger, et poursuivies grâce à son concours, pendant plus d’un an, dans le MOOIe du professeur Bouchard. Nous avons cherché, dans ce travail, à nous appuyer le plus possible sur la clinique. Malheureusement, en clinique, il est rare d’avoir affaire à des cas simples. Les seuls quil nous fût possible d'utiliser ici étaient ceux où l’affection hépatique, non seulement avait précédé manifestement les lésions rénales dans l’évolution des accidents, mais encore n'avait été précédée elle-même d'aucune maladie capable de léser le rein, même. d'une façon latente. Or de pareils cas ne sont rien moins que fréquents. D'autre part, alors même que la clinique semble établir que les lésions du foie peuvent entraîner à leur suite des altérations rénales, elle n'indique pas toujours bien exactement-par quel mécapisme. Ainsi, l’on constate que le passage des éléments de la bile
altère le rein ; mais quel est celui de ces éléments qui est nocif?
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le sont-ils tous également ? La clinique, à elle seule, ne permet guère de répondre à ces questions. Aussi avons-nous dû faire une large part à l'expérimentation, bien qu'ici aussi nous nous soyons heurtés à des
difficultés d'un autre ordre.
Théoriquement, rien n'est plus facile que de déterminer l'insuffi-
sance hépatique chez un animal, par différents procédés, et d'étudier
ensuite comment se comportent les reins. Dans la pratique, les choses ne sont pas aussi simples. En effet, ou bien l’on détermine une insuffisance hépatique brusque (par ligature de la veine porte, de l'artère hépatique, etc.), et la mort survient si rapidement que les lésions rénales n'ont pas le temps de se produire ; ou bien (par ligature lente de la veine porte, résection du foie, etc.) on ne produit qu’une insuffisance hépatique partielle, et le foie recouvre presque immédiatement son activité fonctionnelle normale:
Néanmoins, en ‘variant le plus possible les procédés d'expérimentation, nous avons obtenu un certain nombre de résultats qui nous ont paru présenter quelque intérêt, et que l'on trouvera consignés dans ce travail. Nous sommes loin, d’ailleurs, de prétendre avoir tranché une question aussi complexe que celle du retentissement des affections du foie sur le rein : nous avons seulement tenté d'apporter quelques éclaircissements à un point de pathologie générale jusqu'ici peu étudié, et d'ouvrir ainsi la voie à de nouvelles recherches.
Ce travail laisse complètement de côté l’action mécanique que le foie peut exercer sur le rein, c'est-à-dire le rôle qui lui revient dans la production de certains cas de ‘rein mobile. Nous nous sommes occupé exclusivement de l’action foxique, et voici, dans ses grandes lignes, le plan que nous avons suivi. Tout d'abord, nous avons étudié les lésions rénales au point de vue anatomo-pathologique. lei, une grande division s'imposait, suivant que l'affection hépatique s'était, ou non, accompagnée d'ictère : nous avons décrit successivement, d’après la clinique et l'expérimentation, l'état anatomique du rein dans l’ictère et dans les maladies du foie sans ictère, en cherchant à déterminer quels sont, dans ces différents cas, les éléments plus particulièrement nocifs. Nous avons recherché ensuite si, outre cette influence directe, les affections du foie ne pouvaient exercer sur le rein une influence indirecte, en diminuant sa résistance aux agents pathogènes.
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Puis nous nous sommes demandé s'il existait des symptômes permettant de reconnaître pendant la vie ces lésions rénales, et nous avons examiné la valeur de ces symptômes. Enfin nous avons apprécié la part qui revient aux altérations rénales dans l’évolution du pro- | cessus morbide et dans les indications thérapeutiques.
Cette première partie, de beaucoup la plus détaillée, surtout en ce qui concerne l'anatomie pathologique, constitue le fond même de notre travail. Mais nous ne pouvions nous, horner là. Nous avons dû ensuite signaler l’état des reins dans certains états morbides qui, sans être des maladies du foie à proprement parler, dépendent cependant, dans une plus ou moins large mesure, de troubles fonctionnels de cet organe : tels le diabète et la goutte ; sur ces points, qui ne rentrent qu'indirectement dans notre sujet, nous avons été
aussi bref que possible. Enfin, dans tous les cas précédents, les alté-
rations rénales étant, en somme, le résultat d’une auto-intoxication, nous avons cru devoir terminer notre étude par un rapide aperçu de la question des néphrites par auto-intoxication.
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