So/.oniène, Hist, ecclesiast., liv. I, c. ix
le système chrétien et vraiment moral de la liberté dans le mariage \
Quelques auteurs, et Montesquieu entre autres, ont cru que Constantin n'avait eu d'autre projet que d'encourager la continence, cette vertu que des âmes contemplatives considéraient comme un effort de la perfection chrétienne. Je pense que le plan de Constantin fut plus large. Toutefois, je ne nierai pas que le célibat n'eût perdu sa défaveur auprès des chrétiens, et que Pexemple de Jésus-Christ n'eût porté un grand nombre d'esprits ardents à renoncer, dans une vue de mortification, à l'union légitime des deux sexes. Je sais que ce fut sous le règne de Constantin que se formèrent les premières associations de solitaires voués au renoncement de tous les plaisirs
terrestres ^ Ce prince admirait leur mépris *
1. L. 1 , C. Theod. de infirmand. pœn. cœlib.^ et C. Justinien, même titre,
2. Gibbon, t. VI, p. 470, parle des avances de ce prince à saint Antoine, fondateur de la vie monastique en Égypte.
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des choses d'ici bas et leur sublime exil de la société \ On ne peut donc contester qu'il n'ait voulu lionorer, par l'abrogation des lois caducaircs^ un genre de vie qui semblait réaliser la philosophie la plus élevée. Mais s'arrêter à ce point, ce serait ne saisir qu'un coté delà question. En brisant les obstacles qu'Auguste avait opposés à un célibat voluptueux, si diflérent de l'austérité cénobitique , Constantin atteignait un double résultat : d'un côté, il donnait satisfaction a la vie solitaire et mortifiée; de l'autre , il épurait la cause même du mariage. En le rendant à la liberté, il le plaçait sous le sceau d'une vocation divine ; il mettait l'esprit de la loi civile d'accord avec le caractère tout nouveau que la loi évangélique avait imprimé au plus solennel et au plus important des actes de la vie civiie.
Constantin, dans la' crainte des blandices conjugales, n'avait pas touché aux lois déci-