Taciti^/ina/.,III,28, 5. De l'amour des pères
mœurs, et dont son génie admire cependant la belle politique !
Mais que serait-ce, s'il fallait en croire Juvénal, lorsqu'il met dans la bouche d'un complaisant adultère ce langage effronté :
«De quoi te plains-tu, ingrat? te voilà père; c'est moi qui te vaux les jura parentis ; c'est par moi que tu pourras être institué héritier. ïu recueilleras et les legs qui te seront faits, et le doux émolument des caduques (et dulce caducunï), et si j'arrive jusqu'à mettre trois enfants dans ta maison, ne vois- tu pas les autres avantages que tu as à attendre même en sus des caduques ^ ? »
Quelles mœurs ! quelle société !
C'est sur ces entrefaites qu'arriva le christianisme, trouvant le mariage ainsi dégradé par l'avarice, souillé dans ce qu il a de plus
\ . Jani pater es : dediraus quod famae o|)ponere possis. Juid parentis liahes ; propter me scribcris /ucres ; Legatum omne capis, nec non et dulce caducum. Commoda pricterea jungentur multa caducis
Si uumeruin, si très implevero
[Satjr. IX, vers, 8G.)
saint par les lurpiuides de Tainour du gain, reposant politiquement sur la base de. l'intérêl. Mais le christianisme n'avait pas été institué pour rester spectateur de cet abaissement. Dans ses principes, le mariage doit être le résuhat d'une vocation libre; l'union de l'homme et de la femme s'épure au feu de la grâce, par l'assistance de l'Esprit divin ; elle s'élève jusqu'au ciel par la dignité du sacrement'. A ce point de vue sublime, qu'étaitce que la loi Pappia, sinon un oubli des voies de la Providence^ et un matérialisme condamnable? Les lois d'Auguste devaient donc être sacrifiées ; leur abrogation était un préliminaire nécessaire à la régénération du mariage. Constantin le comprit, et la suppression des peines contre les célibataires substitua au s^'stème païen, fondé sur l'intérêt pécuniaire,
1. Saint Mathieu, chap. xix, 11° 11 : « Tous ne sont pas capabies de celte résolution (de se marier), mais ceux-là seulement à qui il a été donné d'en haut. »