‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 111 sur 226 · Voy. Montesq., liv. XXVI, chap. xiv · texte numérisé non relu

Voy. Montesq., liv. XXVI, chap. xiv

2. Sextus Marins, Vun des plus riches d'Espagne, a} an? abusé de sa fille, fut jirécipité de la roclie Tarpéîenne.

DE l'influence DU CHRISTIANISME, ETC. 193

Mais où doit s'arrêter la barrière qui sépare les parents des parents? à quel degré l'amour peut-il prendre la place de Tamitié ?

Les circonstances en décident beaucoup. Plus les parents vivent entre eux dans l'intimité domestique, plus les mœurs de la famille doivent être protégées par des prohibitions absolues.

Au contraire, plus ils vivent séparés à mesure que les degrés s'éloignent, plus les lois peuvent se montrer faciles*

Le christianisme trouva, il faut le reconnaître, de sages prohibitions établies à Rome; mais elles ne lui parurent pas suffisantes; il les élargit. Voici pourquoi* :

Voy. ce que dit Virgile, jEneid.^ liv. VI, vers 623 et 624, des- vetîtos hjmenseos. Junge Tacite, Annal. ^ XII, 4. En Égypte, il était permis d'épouser sa sœur de père et de mère. A Athènes, le mariage n'était permis qu'avec sa sœur de mère. Sénèq., Apocol.^ VIII (éd.Pank., t. II, p. 315).

1. Je crois utile de consigner ici la doctrine de saint Augustin, qui me paraît admirable {de C'wït. Dei, lib. XV, C. XVI, de Jure connubiorian) :

a Au commencement du monde, quand il n'existait

Le christianisme a été à son origine une association dans laquelle tous ceux qui avaient la foi étaient unis ensemble par l'attache d'une parenté spirituelle et par la communauté volontaire des biens ^ L'identité des croyances, qui rapprochait les étrangers, resserrait, à plus forte raison, les liens de la famille; elle engendrait entre les parents des rapports de protection et d'affection réciproques plus nonibreux et plus étroits. Mais, pour la fin que le christianisme se proposait, il fallait que ces rapports fussent contenus dans les bornes

qu'vine seule famille, Adam et ses enfants, les hommes durent épouser leurs sœurs. Plus tard, le lien de parenté devint un obstacle dans l'opinion commune et dans les législations, parce qu'il sembla utile de multiplier autant que possible le nombre des liens d'' affection entre les membres de la société humaine. S) (( Habita est enim ratio rectissima caritatis, ut homines, qulbus esset utilis atque honesta concordia, diversarum necessitudinum vinculis necterentur ; née unus in uno multas haberet, sed singulse spargerentur in singulos, ac sic ad socialem vitam diligentius colligandam, plurimœ plurimos obtinerent. . . . Sic numerosius se caritas porrigit. . . Atque ita se, non in paucitate coarctatum, sed latius atque numerosius, propinquitatibus crebris^ vinculum sociale diffundere. a 1. Act, apost.^ II, kk h kl ; etiv, 32, 3^ à 37

d'une familiarité austère ; car il a voulu épurer toutes les relations civiles, et les assujettir autant que possible à une règle de spiritualité. 11 le fallait aussi dans les vues d'une politique éclairée. On parlait, chez les païens, de la mauvaise vie des chrétiens, de leurs incestes, de la promiscuité des femmes ! Comment répondre à ces calomnies, si ce n'est par la sainteté dans les mœurs, par la rigueur dans les pratiques * ?

De ces idées et de cette situation sortait donc la nécessité de proscrire les noces entre parents; car souvent l'espoir du manage enhardit la passion et fascine la faiblesse. Or, la passion doit être privée de cette arme, la faiblesse doit être prémunie contre cette embûche !

Enfin, à ces raisons de haute moralité et do sage gouvernement venait se joindre une raison générale rentrant à merveille dans l'espril du christianisme, qui est de propager dans h

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