‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 151 sur 226 · Heinecciiis. Inc. cit · texte numérisé non relu

Heinecciiis. Inc. cit

Tel était Tetat de la législation et des mœurs quand Constantin monta sur le trône. Le concubinat heurtait trop directement les idées chrétiennes sur le mariage pour que ce prince ne cherchât pas à lui susciter des entraves. La doctrine de Jésus-Christ , qui confond l'union conjugale avec le sacrement, n'admet pas de degrés dans la perfection du lien. Le mariage est un à ses jeux. Tout commerce que la bénédiction n'a pas légitimé est une débauche.

Mais comment réformer une coutume qui avait jeté de si profondes racines ? Comment ramener la législation à l'unité sur une matière si délicate et si fortement dominée pai l'empire de l'habitude et des préjugés ?

Constantin n'osa pas attaquer de front l'ordre de choses existant; il recourut à des mesures indirectes. Sa première pensée fut de convertir le concubinat en mariage légal ; et, pour y parvenir, il donna la légitimité pour récompense aux enfants déjà nés dont les parents renonceraient à un commerce illégitime pour

se inarier\ Puis, s'armant de sévérité contre les enfants naturels, afin de mieux arriver au cœur des pères, il défendit de leur rien donner à eux et à leur mère par donation et testament ^ Enfin, il ne permit pas aux personnes élevées en dignité de donner au public le spectacle scandaleux du concubinat'. Ainsi il attaqua cette institution par la triple influence des récompenses, des peines et de l'exemple.

Mais ici revenait la grande et constante difficulté de faire accepter ces réformes par des nations qui^ de l'Orient à l'Occident, épuisaient toutes les variétés de races, de cultes et de mœurs. Les polythéistes, encore si nombreux, je dirai même encore si puissants, comme le prouve la réaction de Julien, murmuraient de ces innovations. Elles blessaient leurs affections et leurs habitudes, et aigrissaient leurs

1. Nous n'avons pas cette constitution. La loi 5 au Code Justin., de nat. liber. ^ nous la fait connaître.

2. Arg. de la loi 1, C. ïhéod. denatur. fdus\ Godefroy, sur cette loi ; et Pothier, t. Il, p. 28^t, no 82.

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