‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 38 sur 226 · Fervca jura, Virgile, Gcorg.^ lib. If, v · texte numérisé non relu

Fervca jura, Virgile, Gcorg.^ lib. If, v

Les unes, échappées de Pharsale*, oscillaient entre les élans d'une fîère résistance et le désespoir de la chose publique. Les autres^ plus jeunes, mais contenues par l'esclavage, par la puissance paternelle, par les lois d'exclusion de la pérégrinité, par^toutes les chaînes enfin qu'avait forgées l'aristocratie antique, attendaient, dans une fermentation sourde, de grands et mystérieux événements. Des oracles avaient prédit une époque fatale ; une crise de l'humanité avait été promise, et les yeux se portaient avec un sentiment d'espérance inquiète vers cet avenir qui devait, sous les ausoices d'un divin enfant, affranchir la terre et ouvrir à l'homme de meilleures destinées ^.

1. Le poëme de Lucain, écrit sous Néron, est un hommage rendu aux vaincus de Pharsale. Le poëte pleure sur Pompée, exalte Brutus, et divinise la vertu de Caton. C'est l'expression des sentiments d'un parti qui avait survécu à la chute de la république.

2. Ce sentiment est exprimé dans la quatrième cglogue de Virgile.

Il se faisait jour partout. Voyez-en une preuve dans Suétone {Aug., ^k).

Entre ces éléments , trop divers pour avoir autre chose de commun que leur malaise, se trouvait la classe des heureux du jour, gens égoïstes, efféminés, portant, dans leur liberté, la servitude du vice, le joug honteux du sybaritisme. Ici, c'étaient des affranchis que les guerres civiles avaient jetés en masse dans les rangs des citoyens, et qui y avaient apporté les richesses mal acquises, l'insolence des parvenus, tous les vices des cœurs visités par la fortune avant d'avoir reçu l'éducation qui prémunit contre ses dangers. Là, et dans les rangs lus élevés et plus polis, c'étaient toutes les ambitions, si ardentes jadis, mainlenant usées ou refroidies, qui s'étaient signalées, d'ans la triste époque du triumvirat, par le trafic des choses publiques par l'achat et la

1. Cic. ad Jttic, IV, 16 et 18 (ed. Panck., t. XIX, p. 292 et 3(i2). Le trafic des consciences se faisait publiquement. « Ammonius, legatus régis (dit Cicéron dans une de ses lettres à Lentulus), aperte pecimia no oppugnat. » {Ad. famil.^ Ij 1, ed. Panck., t. XIX, p. 36.) On connaît d'ailleurs le mot plus ancien de Jugurtha : « O urbem ve." nalem ' / »

vente des jugements par les faux serments %

1. La corruption des juges était affreuse; Cicéron îa signale à chaque instant dans ses lettres comme un fait notoire : « De Procilio rumores non boni , sed judices « nosti !.'... Deinde Pompeimira conlentio, judiciun sordes... « Sed omnes absohentur, nec posthac qu'isquam damnabitur , « nisiqid hominem occident . » (^Ad A tlic. ,1Y ^ 16, ed. Panck., t. XIX, p. 296, 300 et 30^0

2. Cicéron donne un mémorable exemple de l'immoralité des classes supérieures.

« Les consuls, dit-il, sont perdus de réputation, depuis que Memmius a lu en plein sénat la convention que son compétiteur et lui avaient faite avec eux. Elle portait que si les consuls de cette année pouvaient les faire désigner pour l'année suivante, ils leur donneraient 400 000 sesterces, à moiin qu'ils ne leur fournissent trois augures pour affirmer qu'ils avaient été présents le jour qu'on avait rendu la loi Curiata {qui /l'a pas été seulement proposée)^ et de plus, deux consulaires qui attesteraient qu'ails étaient présents lorsqiCon avait dressé le décret pour régler V état des provinces de ces mêmes consuls, quoique le sénat ri eût pas même siégé. » {Ad Attic, IV, 18, ed. Panck., t. XIX, p. 344.) Sur quoi Montesquieu s'écrie : oc Que de malhonnêtes §ens dans un seul contrat! » {Grand, et Decad.^ chap. x.)

On peut voir aussi dans le plaidoyer de Cicéron pour Cluentius quelle corruption et quels monstres offrait la société romaine! Dans un petit municipe des bords de la mer Adriatique, on voit les divorces, les incestes, les faux, les empoisonnements, les juges corrompus, une mère acharnée contre son fils, etc., etc.

par le mépris du peuple^ et de la religion ^ ; c'étaient aussi tous les débris de répicuréisme qui avaient traversé, entre les plaisirs et les dangers les derniers orages de la république, et se reposaient à l'ombre du despotisme et dans les délices d'une vie molle^ des fatigues de la vie militante. Le type de ces épicuriens de bonne compagnie était Mécène, ce ministre d'Auguste, qui faisait des livres musqués et prétentieux sur la toilette ; Mécène qui afficliait le luxe des femmes et se montrait en public dans les replis d'une robe traînante, et escorté de deux eunuques plus hommes que lui ! malheureux, excédé de son bien-être, cherchant dans le vin, les concerts, le bruit des cascades, et les divorces mille fois répétés, de quoi réveiller sa sensibilité émoussée*.

1. Montesq., Grand, et Décad., ch. x, Cicer., ad Attic.^ IV, 18, loc. cit.

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