‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 40 sur 226 · Annal., XI, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 36, 37; XIII · texte numérisé non relu

Annal., XI, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 36, 37; XIII

3. AmiaL, XIII, 13 à 16 ; XIV, 1, 2, 3 et suiv. ; XVI, 4, 5, etc., etc. Hist,^ I, 16. On peut voir encore sur la dissolution des femmes et l'ignominie des sénateurs ce qu'il dit, Jnnal., Il, 85 ; et XV, 32.

k. Annal. f XV, 37.

plus pures, sortait cle temps en temps de son découragement pour montrer des caractères énergiquement dessinés. Le plus grand nombre des esprits généreux s'y étaient donné rendez-vous , comme dans une citadelle élevée contre la décadence des hommes et des choses. Ceux que le dégoût des affaires éloignait du sénat cherchaient à y fortifier leur âme par l'étude de la sagesse. Ceux que leur vocation appelait au danger des fonctions pubhques y apprenaient à être meilleurs que les lois et les mœurs de leur siècle , et en rapportaient les moyens de les perfectionner. Sans doute le stoïcisme avait aussi ses indignes et ses faux apôtres. Sans doute les doctrines épicuriennes ne pi oduisaient pas dans tous les esprits leurs dernières et fatales conséquences \ Mais je si-

1 . Beaucoup cle bons critiques pensent que Virgile, l'un des tiommes les plus purs de l'Italie, fut épicurien. Il avait été, en effet, disciple de Scyron, de la secte d'Epicure. (Cicer., ^ca^/., II, 33.) Dans son églogue de Silène, Virgile expose le système de la création développé par Lucrèce. Cependant on trouve dans le sixième livre de son Enéide un cert;un reflet de Platon.

gnale les tendances générales ; et celles du stoïcisme étaient aussi progressives, à l'époque dont je m'occupe, que celles du sensualisme étaient propres à hâter le déclin de la civilisation.

Lorsque le christianisme commença à marcher sur l'Occident^ Sénèque était le plus illustre représentant du stoïcisme dans la philosophie. Je n'ai rien à dire du précepteur de Néron : je ne vois que ses écrits , au travers desquels je ne cherche pas à découvrir les faiblesses du courtisan. Or, ces écrits sont admirables*, et leur influence a été grande sur les destinées ultérieures de la philosophie stoïcienne. Ils marquent surtout un progrès considérable sur les ouvrages dans lesquels Cicéron avait traité les mêmes sujets que lui.

1. M. Villemain a fait un beau portrait de Sénèque {Mélanges fX. III, p. 235 et suir.). Voici un de ses jugements sur ce philosophe, qu'il jnge cependant avec sévérité: a II a des idées si hautes de la dignité de l'homme..., il divinise si éloquemment l'âme vertueuse, qu'on est tenté de le placer parmi les sages dont l'enthousiasme moral préparait le monde aux sublimes leçons de l'Évangile (p. 236).»

Sénèque avait à peu près soixante ans lorsque saint Paul, ayant osé en appeler à l'empereur de la juridiction de Porcins Festus, apporta à Rome sa philosophie si ardemment spiritualiste. On sait que le grand apotre, dont la parole avait ébranlé Agrippa, Bérénice et le proconsul Serge prêcha librement dans cette ville pendant deux années entières'^; il y subit un procès dans lequel il se défendit lui-même ^ Peut-on croire que la nouveauté de cet enseignement et le bruit de ce procès soient restés ignorés de Sénèque, dont l'esprit s'alimentait sans cesse des plus grandes questions philosophiques et sociales ? Sénèque d'ailleurs devait connaître saint Paul de réputation avant même le voyage de ce dernier dans la capitale de l'empire romain ; car Gallion , son frère aîné, s'était trouvé mêlé, pendant son proconsulat d'Achaïe , aux querelles des juifs de Corinthe avec saint Paul ; c'est devant son tribunal que

Page 1