L. 4, D. de just. et jw\\ 1. 32, de regulis juris
3. Des lois,\{Y. IX. (Traduct. de M. Cousin (1832\ t. II, p. 17^, 179, 180.)
a i^euty puisqu'elle fait les corps des hommes (( libres différents de ceux des esclaves ^ douce nant aux uns la force qui convient à leur « destination, et aux autres une stature droite « et élevée. » Puis l'illustre philosophe conclut ainsi : « Il est donc évident que les uns sont « naturellement libres et les autres naturel- {< lement esclaves^ et que, pour ces derniers, « r esclavage est aussi utile quil est juste K » Ainsi l'esclavage est de droit naturel ; il trouve sa légitimité dans la justice et la nature : telle est la doctrine qu'Aristote expose sans objection. Cette doctrine n'avait rien perdu de sa rigueur du temps même de Cicéron^ On sail avec quelle froide indifférence l'orateur ro-
1. Pollticj., liv. I, ch. II, § 14, 15. Voyez la belle trad. de M. B. Saint-Hilaire, t. I, p. 27, 29, 31 ; les observations de M. Cousin, Lois de Platon^ argùment, p. 86, 87 ; et son Cours d'histoire de la pliilosophie, t. I, p. 277. (7^ leçon, 1829.) Bodin, La Républi(iiie,\iy . I, ch. v, p. 35.
2. Dans ses Offices il dit : « lis qui vi oppressos imperio coercent, est sane adhibenda s^vitia, ut heris in famulos. d (Lib. II, 7.) Voyer, aussi lib. III, 23, quelques questions de l'antique morale à l'égard des esclaves.
main parle du préteur Domitius, qui fît crucifier impitoyablement un pauvre esclave pour avoir tué avec un épieu un sanglier d'une énorme grosseur ^
Mais quand on arrive aux jurisconsultes romains qui fleurissent après l'ère chrétienne et Sénèque , le langage de la philosophie du droit est bien différent. « La servitude , dit (( Florentinus, est un établissement du droit « des gens par lequel quelqu'un est soumis au « domaine d'un autre contre la nature : contra a naturam^. — La nature a établi entre les ce hommes une certaine parenté, » dit le même jurisconsulte : inter nos cognationem quantdam natura constituit^ . Ces paroles sont empruntées à Sénèque, que désormais nous pouvons appeler avec les Pères de la primitive Eglise, Seneca noster.
Et Ulpien : «En ce qui concerne le droit a naturel, tous les hommes sont égaux, w Quia quod ad jus nalurale attinet, omnes homines
1. In Verrcm^ V, 3, — 2. L. ^, § 1 , D. ^/f statu Jiomin. 3. L. 3, D. de jiiit. et jure.
EQUALES SUNT \ Et ailleurs : ce Par le droit « naturel tous les hommes naissent libres. » Jure natarali omiies liberi nascerentur^. Ce n'est donc plus la nature qui fait les esclaves ; la théorie d'Aristote a fait son temps.
Ainsi voilà la philosophie du droit en possession des grands principes d'égalité et de liberté qui font la base du christianisme ; la voilà qui proteste, au nom de la nature^ contre la plus terrible des inégalités sociales et qui se fait l'écho des maximes de l'Evangile.
Et ne croyez pas que ces idées soient restées dans la région des théories oisives; non ! nous verrons bientôt les adoucissements que la condition des esclaves en retira avant même le règne de Constantin, et à partir de l'époque à laquelle le christianisme s'étendit sur l'Occident.
Certes, une telle rencontre de la philosophie et du christianisme ne saurait être fortuite. Il faudrait même faire violence à toutes