‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 72 sur 226 · L'obélisque du temple cVHéliopolis · texte numérisé non relu

L'obélisque du temple cVHéliopolis

SUR LE DROIT CIVIL DES ROMAINS. l29

Christ, avec ses ridicules offrandes à Vénus et sa réhabilitation des devins et des augures, le progrès du droit s'arrêta tout à coup : car c'est un fait bien remarquable que, parmi les nombreuses constitutions émanées de Julien et recueillies par le code Théodosien \ il n'en est pas une seule qui s'associe au mouvement d'émancipation du droit naturel et de l'équité. Tant il est vrai que le christianisme était désormais le mobile des grandes améliorations sociales.

La tentative rétrograde de Julien ayant avorté, et les idées nouvelles ayant repris leur libre cours, il semble que les difficultés que Constantin avait rencontrées pour constituer le droit à priori sur la base de la philosophie chrétienne aient dû disparaître, alors surtout que le polythéisme, d'abord toléré, eut été l'objet d'une proscription générale sous Théodose le Grand. Mais il n'en fut pas ainsi : les successeurs du premier empereur chrétien ne

1. Voy. auC. Théod., t. 1, p. Ixij, l'art, chronologique de Godefroy.

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sortirent pas de la voie qu'il s'était frayée dans l'étroit défilé du monde ancien et du monde nouveau. Ils acceptèrent comme lui le poids du passé, et s'efforcèrent seulement de l'alléger. Quelquefois on les voit, navigateurs hardis, dépasser de beaucoup la limite que Constantin avait touchée. Mais quelquefois aussi ils reculèrent ; ils défirent l'ouvrage que ce prince avait légué à leur piété. Chose extraordinaire ! il y a des points très-importants sur lesquels nous les trouvons moins chrétiens et moins avancés que Constantin. Par exemple, s'ils sont implacables quand il faut démolir les temples et châtier les idolâtres, ils mollissent devant le concubinage et le divorce, ces excroissances de l'idolâtrie.

Tenons-leur compte cependant des embarras de leur position. Ils régnèrent sur une société qui se trouvait à la limite de deux civilisations rivales et subit toutes les douleurs de leur long combat. Une impulsion providentielle entraînait cette société vers les idées nouvelles ; mais souvent la puissance des

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mœurs la tiraillait en arrière-. Elle avait vu tomber avec joie l'arbre du polythéisme ; elle en conservait cependant les racines cachées dans son sein à une grande profondeur. Pour porter le fer dans leurs lointaines ramifications, il eût fallu le loisir de ces époques pacifiques où le pouvoir prépare avec maturité un grand ensemble de lois. Mais qu'était-ce que l'empire .romain, sinon une mer battue par les tempêtes et roulant ses flots orageux autour d'un navire fracassé ? De toutes parts^ les nations barbares venaient l'assaillir ; les invasions entamaient sa force et énervaient son énergique centralisation. Les provinces s'isolaient ; en recevant les barbares, elles se remplissaient d'éléments réfractaires aux améliorations morales, et le pouvoir avait peine à faire pénétrer jusqu'à elles l'action des lois. On ne le connaissait trop^ ce pouvoir, que par ses impots, ses superindictions, ses levées d'hommes ; sur tout le reste, une résistance d'inertie lui arrachait de fâcheuses capilulations.

Lui-même, préoccupé de ses dangers, s'inquiétait moins des lois que de sa propre défense. Ce n'est pas que les constitutions et les édits aient manqué dans ces temps désolés : ils ne furent jamais plus nombreux, et il faut • l'avouer, plusieurs portent le cachet d'une haute sagesse. Mais ces expédients de détail ne sont pas ce qui me frappe. Quand je parle des lois, ma pensée se porte sur ces grands codes qui résument sur un large plan la civilisation d'une époque. Veut- on savoir, par exemple, ce que fait Valentinien III, fils et pupille de Placidie * ? Par sa fameuse loi des citations, il se décharge sur des jurisconsultes morts dans le troisième siècle, sur Papinien, Paul, Caïus, Ulpien et Modestin, des soins du droit civil ^ ! Il veut que leurs écrits aient force légale dans les tribunaux ! Or, je le demande, ces jurisconsultes, quelque éminents qu'ils fussent, n'étaient-ils pas en arrière des progrès que la jurisprudence avait faits depuis

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