‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 73 sur 226 · En 426. — 2 C. Theod deresp.prua · texte numérisé non relu

En 426. — 2 C. Theod deresp.prua

deux siècles ? Étaient-ils les meilleurs interprètes des besoins d'une société que travaillaient les idées chrétiennes ? Le droit n'avaitil pas subi d'importantes altérations dans ce qui concerne les personnes, la distinction des choses, les legs, les successions, les obligations, les formes surtout, et la procédure ? N'ëtait-il pas à craindre que les opinions des jurisconsultes classiques, dominées par certains préjugés de leurs temps, n'obscurcissent des questions que la marche de la civilisation éclairait d'un jour nouveau ? Des juges inexpérimentés ne devaient-ils pas être entraînés à reculons par l'autorité de ce consistoire savant, dont les jugements, bien que trèsprogressifs par rapport à l'époque de' ces grands maîtres, avaient été dépassés de beaucoup par deux siècles d'élaboration chrétienne ? Assurément, je suis tranquille avec Papinien quand il s'agit de la logique du droit et du développement de ces idées philosophiques qui, de son temps, s'étaient rendues maîtresses de la jurisprudence. Mais je n'ai

plus la même confiance dans les matières qui avaient conservé avec opiniâtreté la singularité romaine, et je crois que la loi des citations produisit autant de mal peut-être que de bien. Par exemple, je lui attribue en grande partie la persistance du divorce, du concubinat, du mariage non solennisé, de l'exclusion des mères comme tutrices, etc., de beaucoup d'idées formalistes que l'on voit survivre à Constantin et à Constance, malgré les tentatives qu'avaient faites ces princes pour en purger la jurisprudence. Il m'a toujours semblé que lorsque le droit faisait effort pour se détacher de sa base vieillie, c'était, sous un certain point de vue, une imprudence et un contre-sens de l'inspirer du génie qui pouvait l'y captiver.

Quant au code Théodosien, dont la rédaction fut conduite depuis 429 jusqu'en 438 par les conseillers de Théodose le Jeune, c'est une œuvre précipitée, mal faite et pleine de lacunes. L'effroi d'une société tremblante à l'approche des Huns pouvait-il produire autre

chose que le chaos ^ ? Ce code a'eut pas, d'aileurs, pour objet de former un corps de droit complet ; il ne fut qu'une simple compilation par ordre de matières, des constitutions des empereurs chrétiens depuis Constantin jusqu'à Thëodose le Jeune et Valentinien III. Nulle pensée de création ne s'y fait remarquer, et ses auteurs n'y ont mis qu'un travail de recherches, tout matériel et souvent trèsdéfectueux. C'est là, du reste, qu'on étudiera avec curiosité le dualisme de l'élément romain jetant ses dernières lueurs, et de l'équité associée désormais à la fortune du christianisme. La sagesse italique se débat encore pour conserver ce qui lui reste de ses antiques privilèges ; elle réclame ses libertés du divorce et du concubinat ; elle défend l'agnation -, les lois Papia^ et le jus liberorum^ la sortie de la famille par l'émancipation, le système des successions fondé sur la puissance et

1. Ce fut l'époque des invasions^ d'Attila . Gibbon, t. VI, p. 256. Chateaubriand, Études historiques ^ t. II, p. 12^.

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