MURET
On nous permettra de compléter ou de corriger ici quelques passages de notre livre sur Muret.
VApologia pro Mureto sodomiæ reo , que nous n’avions pu découvrir, existe à la bibliothèque Angelica de Rome (CCXXV. 6 — ); elle me paraît mal fondée; l’auteur après avoir insinué l’opinion insoutenable, que les Registresjournaux de Toulouse ne mentionnent pas d’arrêt contre Muret, prend les marques d’égards données à Muret pour des témoignages de son innocence, la persistance des bruits fâcheux pour des traditions contradictoires, enfin appelle argumentum invictissimum les dénégations de Muret en réponse aux avis de Lambin.
Le lieu de séjour de Muret en France en 1561-1563 est la riche abbaye de Chaly. (Voir la biographie du Tasse par Serassi, édition Guasti, I, page 220, note 1, et le passage de Valéry qui y est indiqué.)
J’ai expliqué en partie l’interruption du cours de Muret sur Platon par la répugnance de l’Eglise pour les dissertations religieuses composées par des hommes qui n’étaient point gradués en théologie : en effet, Jac. Mazzoni dut se
faire recevoir docteur en théologie pour avoir la permission de soutenir celles de ses 5197 conclusions qui concernaient les matières religieuses. (Voir sa biographie par Serassi, pages 39-40.) Le cardinal Hosius avertit Sirleto que Van Linden, déjà invité à ne plus engager les laïques à s’occuper des affaires de la foi, vient d’écrire une deuxième apologétique où il demande qu’à la prochaine diète impériale, on travaille à apaiser les discordes religieuses, et où il dit que ce serait facile, vu que, sur nombre de points importants, les catholiques et les protestants sont d’accord ; le cardinal demande que le nonce qu’on va envoyer en Pologne examine ce livre, dont l’auteur a du zèle et de la science, mais peu de jugement (Ms. 387 Reg., page 93).
La requête de Muret à l’effet d’obtenir son congé (Muret, p. 345) est effectivement adressée à Sirleto; la suscription l’indique. Celle où Andréas Maës présente sa justification est adressée à Baldassaro Ansidei, alors bibliothécaire à la Vaticane sous les ordres de Sirleto, et plus tard garde des archives du Vatican.
C’est bien d’hydropisie que Muret est mort (V. une lettre d’Orazio Cardaneto dans le manuscrit 5317, fonds Vatican, II, p. 493. Ce manuscrit comprend des Oraisons funèbres d’habitants de Pérouse et des lettres, les unes et les autres de Cardaneto. Il était lié avec Gisberto degli Oddi, le Gisbertus Oddus à qui Muret donna des leçons. Il parle plusieurs fois de Muret dans ses lettres).
On lit, dans une lettre du cardinal Granvelle à Fulv. Orsini : La morte del Moreto (sic) veramente ho sentito assai perché era nella professione sua huomo raro (13 nov. 1585, ms. 4104 fonds Vatican, page 225), et, parmi les sonnets du Tasse, un brillant éloge de notre humaniste.
La critique de Muret sur un vers de la Divine Comédie (Muret, p. 138) se trouvait probablement dans un com-
mentaire sur Dante, s'il est vrai que Muret ait composé un travail de ce genre, comme le dit M. Ferrazzi à la page 396 du deuxième volume de son Manuale Dantesco.
Les manuscrits 4104 (p. 95) et 4105 (p. 72) du fonds Vatican contiennent deux lettres de Muret à Fulv. Orsini. Dans la première , il le remercie d’un commentaire que celui-ci lui a envoyé, et donne son avis sur le sens du mot ecloga ; dans la deuxième , il lui recommande Gabriele Bartoluccio, un de ses anciens élèves de Venise.
Le poète lyrique Ghiabrera fut aussi élève de Muret (Morsolin, Il Seicento, chez Franc. Vallardi. Milan, 1880, p. 49).
Il faut lire, aux pages 199-210 de mon Muret, Marini et non Murani ; à la page 65, note 1, Ochino et non Ocelli ; à la page 171, en note , Marc. Cervin et non Mich. Cervin.