‹ De l'influence du dialecte gascon sur la langue français de la fin du 15e siecle á la seconde moitié du 17eChapitre 24 sur 38 · Au · texte numérisé non relu

Au

Les Gascons, au.xvi^ siècle, donnaient à au le son aw; Hindret nous l'apprend, a Le Gascon donne

* L'Art de bien prononcer et de bien parler la langue françoise ; discours en tête de la 2«^ édit. (1687). Ce son gascon a -f- i, qu' Hindret appelle d'une expression un peu étrange, « une double diphtongue », c'est, dit plus simplement Th. de Bèze, le véritable son de la diphtongue grecque v.i. Cf. plus haut, Phonétique gasconne, p. Sg.

un son de double diphtongue à au. . . , prononce cause en faisant sonner Vu\ « Mais^ ici encore, Tinfluence a été faible : tout au plus si Ton songe que les Gascons aiment à changer o en au, peut-on supposer qu'ils ont dû contribuer à maintenir la prononciation et Torthographe de « aumelette » pour omelette. Aumelette fut longtemps en faveur ; cette forme se trouve dans le Dictiojinaire des rimes de Lanoue; près d'un siècle plus tard, Ménage fait remarquer que « à Paris, on dit amelette et omelette . . les Gascons écrivent et prononcent encore aujourd'hui aumelette. . . On dit à Paris et à la Cour aussi un peu plus communément omelette- .»

S 3. - Eu.

Nous avons déjà parlé, à propos de la voyelle u, de la confusion fréquente chez les Gascons, des deux sons eu. u.

§ 4. — Ion, len.

Au xvii^ siècle, ces groupes de voyelles ne comptaient que pour une syllabe dans la conversation

* L'Art de bien prononcer, . . , ibid.

2 Observations sur la lang^fr., chap. xxxv.

(tandis qu'en poésie ils étaient dissyllabiques). Andry, qui fait cette remarque^ ajoute que les Gascons et les Provençaux n'observent pas cette règle, a Dans la prose^ il faut dire passion, action ; c'est à quoy' doivent prendre garde les Provençaux et les Gascons^ et dans la poésie, il faut dire : passi-on, acti-on ^ . »

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