DIPHTONGUES
L'ancienne prononciation française {a -f- /) subsistait au xvi*^ siècle, dans certaines provinces, mais principalement dans les provinces méridionales ; elle
' Thurot. Hist. de la pron., t. II, p. 542.
^ Dumas. La Biblioth. des enfants, t. III, p. i58.
affectait surtout les mots en -aire. Hindret l'atteste en particulier pour les Gascons : a Ils donnent un son de double diphtongue » et « prononcent faire en faisant sonner Vi\ » Mais, comme au xyi*^ siècle^ il n'y avait plus lutte entre les deux prononciations, rinfluence gasconne n'a guère pu s'exercer sur ce point ; et, de cette prononciation gasconne, à peine s'il reste un souvenir dans la prononciation de quelques localités : Blaye (Gironde), A^<3/ (Basses-Pyrénées), et Toiirnay (Hautes-Pyrénées), qu'on prononce Bla-ye, Na-y, Tourna-y. (Les Français — non Gascons — sont tentés, au contraire, de dire Né, Tourné).
Les Gascons lettrés ne prononçaient pas a ^- i, au xvi^ siècle; ils avaient une tendance à prononcer cette diphtongue comme é fermé ; c'est ainsi qu'on peut expliquer, dans du Bartas, l'orthographe de quelques mots : sésons, néssance, éclers, etc.