K LANGUE FRANÇAISE
1 ribière, il se troube une iboit quauques hardes. >
mot Peyrades) « quauques d'ailleurs, dans Tallemant |uauque » était une forme
;ux mot gascon, dont d'Anouvenlr dans cette phrase :
entreprins un ramelet qui
liqué les différentes signifilées à ce terme en gascon, gné, conformément à Téty- LU a pris le sens de « bouent dans ce sens, avec un jue, que Pierre Goudelin a I qui parut pour la première t moundi (le Bouquet touèces liminaires du Ramelet ileurs 11 de son « bouquet » .
ilalard, comme plus tard le
uque. Voir, sur la vocalisation
'xneste, p. ii.
INFLUENCE SUR LE VOCABULAIRE. SSg
P. Vanière, traduit Ramelet moundi par sertum tolosanum. » Dans la suite^ on donna le nom de Ramelet « à des réunions joyeuses^ où concouraient plusieurs quartiers et où les jeunes gens prenaient des uniformes ou des déguisements caractéristiques... Ainsi le Ramelet était, en même temps qu'une fête populaire^ un ballet paré. Il n'est donc pas surprenant que d'Antras ait donné le même nom à un vrai ballet aristocratique/ »
Religionnaire.
Si l'on en croit Balzac^ ce terme fut introduit dans la langue française par les Gascons^ en même temps que celui de Doctrinaire ; mais nous avouons n'avoir rien trouvé qui soit de nature à confirmer l'opinion de Balzac, a Le mot de religionnaire n'est pas francois; il vient du même pays que celui de Doctrinaire^ et ce fut sans doute un prédicateur gascon qui le débita le premier dans les chaires de Paris,* »
Retirer à (Ressembler à*).
— <c Les enfans retirent au père, » (Monluc*.)
* Cf. Notes des Mémoires, à la suite des Mémoires de Jean d^Antras, p. 1 58. Godefroy donne aussi ce mot, mais avec la signification de « sorte de poème > .
* Socrate Chrétien, dise. lo (cité par Littré, au mot Doctrinaire).
' Nous ne trouvons pas ce sens dans le Dict, béarnais de M. Lespy ; cependant il est bien connu, au moins dans le pays de Bigorre.
* T. II, p. 1 14.
360 LE GASCON DANS LA LANGUE HtANÇAISE.
— «c Nostre vie, disoit Pythagoras, retire à la grande et populeuse assemblée da ]&xx olympiens. » (Montaigne. ')
— a Leur langage, au demeurant, c'est le plus doux langage du monde. , . il retire fort aux terminaisons grecques. » (Id.*)
— « Ce Pline nullement retirant, à mon advis, aux humeurs de son oncle, d Ud.*)
— c Car chacun sçait du cheval d'Alexandre Bucefal, qu'il avoit la teste retirant à celle d'un toreau. » (Id.')
— « Voilà une description qui retire bien fort à l'equîppage d'un homme d'armes. » (Id.*)
— (Il (Tacite) ne retire pas mal à l'escrire de Sânèque; il me semble plus charnu, Sénèque plus aigu.» (Id.')
— « Cette forme retire trop à l'article. » (Id.')
— n Ces bftbouyns capettes s'en fussent moquez, si peu retire l'innocence spartaine â lafrançoise. »
(Id.-)
■ Essais, liv. I, chap. xxv.
* Essais, liv. I, chap. xxxi (édit. i383), chap. xxx (édit. iSgS).
■ Essais, liv, I, chap. zl (édit. iSSS), chap. zxzii (édit. i5gS).
* Essais, liv. I, chap. xlviii.
> Essais, liv. II, chap. ix.
■ Essais, liv. nt, chap. vin
* Essais, liv. III, chap. ix.
* Essais, ibid.
\mêi
— « O Dieu ! que ces gaillardes escapades^ que cette variation a de beauté^ et plus lors que plus elle retire au nonchalant et fortuit. » (Id.*)
Cette acception du mot Retirer est assez ordinaire^ non seulement dans les dialectes de la langue d^oc^ mais encore dans les dialectes de TEst ; nous nous souvenons avoir entendu à Saint- Dié c Retirer à quelqu^un » pour a Ressembler à quelqu^un > . Mais^ dans ces nombreux exemples de Montaigne^ il est bien évident que nous sommes en présence d^un gasconisme.
Repirade^.
— « J'ay autrefois employé à la nécessité et presse du combat, les revirades qui ont faict faulsée oultre mon desseing. » (Montaigne. ')
Se (Si*).
C^est un gasconisme^ non un archaïsme^ que cet emploi de a Se » pour c Si x>, dans ces phrases de Monluc et de Montaigne :
— ft Et 5e aulcune aultre chose surviendra, je vous tyendray adverti, » (Monluc. •)
— « Je m'aprocheray mercredi le plus près de
1 Essais, liv. III, chap. ix.
« Cf. Lespy, Op. cit., Rebira.
* Essais, liv. III, chap. viii.
* Cf. Lespy, Op. cit., Se.
VOUS que je pourray, est à Feuilles^ ^e le mal ny est arrivé. » (Montaigne/)
Seringade.
Voici encore un de ces mots en -ode, si chers aux Gascons ; il ne se trouve que dans d^ Aubigné, qui fait ainsi parier le baron de Fasneste :
— a Lui et sa femme me tirèrent tout d^un temps, lui^ une pistoulade sans valle, et sa femme une seringade.^ j»
Serre (Colline, Hauteur').
— c Je montis à cheval et men allant le long de la serre pour voir le chemin. » (D'Antras.*)
Str optât. Estropiai (Estropié).
Ce mot, placé par M. Voizard parmi les mots gascons qui se trouvent dans Montaigne', doit être plutôt regardé comme italien. Au xvi^ siècle, il est d^un usage courant; Littré cite des exemples de
* Lettre aux jurais de Bordeaux, 3o juillet iSgS.
* Aventures du baron de Fœneste, p. i lo. On remarque, dans cette même phrase, le terme < pistoulade » que le baron emploie encore dans un autre endroit : a sa troupe oyant les pistollades > (cité par Littré). Les Gascons ont forgé, avec le mot Pistolet, le mot Pistouletade, ainsi défini dans le Dict, béarnais : a Décharge de pistolets, en signe de réjouissance, aux noces de village.
' Cf. Lespy, Op. cit., Serre.
^ Opm cit,, p. 23o.
nah
€ estropiât y» dans Rabelais et dans Carloix ; Tabourot des Accords (p. 179, v®) et Nicot l'admettent; Furetière indique le sens restreint qu'il avait souvent à cette époque: soldat qui a perdu quelque membre à la guerre et qui se sert de ce prétexte pour mendier. » Mais il est juste de rappeler qu'à côté de la forme italienne <i stroppiato ï> il existe une forme gasconne semblable.
— « Me voyant stroptat presque de tous mes membres. » (Monluc.*)
— « Et puis les voyla stropiats et borgnes et estourdisde coups. % (Montaigne.')
Surpoids.
— « Mon livre est toujours un; (ce que j'y ajoute), ce ne sont que surpoids qui ne condamnent pas la première forme, mais donnent quelque prix particulier à chascune des suivantes. t> (Montaigne.')
Ce mot semble n'avoir été employé que par Montaigne ; peut-être l'a-t-il formé à l'imitation des mots français « Surcharge, Surabondance, etc. »; mais, puisque ce composé existait déjà en gascon*, il est plus naturel de supposer qu'il l'a créé sur le patron du mot gascon. Ce terme a été relevé par César Oudin. c< Surpoids, m. sobrepeso, sobrecargo >
' Essais, liv. II, chap. xxxi. Dans Tédition de iSçS c stropiats » a été remplacé par c estropiez 9 . ' Essais, liv. III, chap. ix.
♦ Cf. Lespy, Op. cit., Suberpes.
364 L^ GASCON DAMS LA LANGUE FKANÇAISE.
Tauïade iTablée')-
— « Toute la taulade se prit à rire. » (D'Âubigné. *)
Tocsin*.
H. Estienne a signalé ce mot comme gascon, et il en recommande l'emploi. « Il vaut mieux, ajoutet-il, escrire toquesing... en adjousiant un g, on approchera plus près de Tétymoli^ie, car c'est un mol gascon, composé de « toquer, au lieu de ce que nous disons toucher ou frapper, et de sing qui signiâe cloche, et principalement une grosse cloche commevolontierseneffroyonsonne la plus grosse*. » Au lieu de « Tocsin », les Gascons disaient aussi « Batsin >. « Alors pour la troysiesme fois ib firent sonner le batsain à toutes deux les cloches.* >
Tourner.
Ce verbe, quand il est suivi d^un infinitif, indique en gascon la répétition d'une action ; c'est ainsi que Monluc remploie très souvent.
— « M. de Saint-Pol tome parler sm roi.'»
< Cf. Lespy, Op. cit., Taulade ; (de Tabulalam ; sur B médial iniervoc., Voir plus haut, p. 87.) ' Aventures du baron de Fcenesie, p. 5o.
' Cf. Lespy, Op. cit., Toquessenh.
* Précelience du lang.fr., p. i8ô.
■ Lettre de George de Bourg, seigneur de Clermoni (Gers) Cî. Revue de Gascogne, X..W^^.%i. M.Ph.Tamizey de Larroque, qui publie cène lettre, ajoute en note : Nous appelons encore aujourd hui, en patois, le tocsin lou batsin.
• T. Lp. 25i.
— a J'avertis le capitaine... du lieu auquel ils Tavoinct tournée copper. * »
— « Et je toumajr mander audit Bassompierre de renvoyer à la poudre.*»
— a Nous nous t ornâmes r'embrasser.^n
— € Il me tourna demander. * »
Dans Tancien français, on trouve « tourner » pour <K retourner » ; mais l'expression gasconne a un sens particulier un peu différent, car elle n'implique pas nécessairement l'idée d'un mouvement d'un lieu à un autre lieu.
Tuile (Brique*).
Cette confusion de tuile et de brique est fréquente en Gascogne et en Languedoc.
— « L'esglise est bien. . . . pavée de thuille. » (Enquête de i546.*)
(c II y a quelques années, dit Desgrouais dans ses Gasconismes corrigés (p. 19), qu'on donna à traduire dans un collège de cette ville (Toulouse), ces paroles de Suétone : Gloriabatur Augustus marmoream se relinquere Romam, quam lateritiam acceperat. Later, lateris, signifie brique, et lateritius,
« T. II, p. 26.
5 T. II, p. io5.
* T. IIÏ, p. 304.
* Cf. Lespy, Op. cit , Teule (tuile, brique).
* Cf. Revue de Gascogne, t. XXXII, pp. lyS, 177 et passim.
adjectif formé de later, »gnifie de brique. La plupart des jeunes gens traduisirent ainsi : Auguste se glorifiait d'avoir trouvé Rome bâtie de tuiles, et de ta laisser toute de marbre. Une ville bâtie de tuiles, au lieu de briques, aurait fait rire à Paris ; mais cela ne fit pas de sensation à Toulouse ; personne ne releva ce gasconisme. »
Tuppin (Pot de terre').
Deux cordeliera avec deui jaccopins (sic) Semblant deux sacs entre deux gros luppins.
(Donav. des Périers.) *
Ce mot se trouve aussi dans Rabelais'; Nicot, Furetière, Richclet l'ont omis; mais César Oudîn l'a recueilli. « Tupin : m. oUa. »
Tuquet (Petite élévation*)
— « Je m'arrestai sur un petit tuquet plus haut pour boir au loin. » (D'Aubigné*.)
— « Le fourrier de la compeignie et moi montasmes sur un petit tuquet, seulement par curiositai. > (H.-)
' Cf Lespjr, Op. cit., Toupi.
■ Voir édit. Jannet, Glossaire.
* Cf, Lespy, Op. cit., Tuque, qui signifie Hauteur, d'où Tuquet, petite hauteur.
■ Avent. du baron de Faneste, p. 109.
« Ibid., p. 309.
César Oudin cite ce mot : « Tuquet: m. Relexe, Terron. »
Veguade, Begade (Fois^),
Bonaventure des Périers etd'Aubignéont emprunté au gascon ce terme^ qui d^ailleurs avait déjà été employé par Rabelais. César Oudin signale Torigine gasconne de Vegada. c Vegada^ f.^ mot gascon^ una vez, una vegada. >
~ « Les nymphes
. . . Prennent ja seing De venir faire d'eigade, Si tu dors une veiguade, >
(Bon. des Périers.)*
— « Je n^usse point esté las sans ces bilaines vottes^ qui à toutes vegades s^embrouilloient dans ces genêts. » (D^Aubigné*.)
— <c Aide-enseigne est un honneste home qui aide par begades à pourter lou drapeau, n (Id.^)
Vietd'a^e (Juron gascon*).
— « Mais escoutez, piet\ da^es, que le maulubec vous trousque. j> (Rabelais.*)
* Cf. Lespy, Op. cif., Vegade; — Luchaire, Recueil de textes gascons, Glossaire, Begada.
' Avent. du baron de Fceneste, p. 225.
* Ibid., p: 3o8.
> Cf. Lespy, Op. cit,, Bietdazou.
* T. I, p. 7 (Prologue de Gargantua).
— « Cambaire^ ayant ouï ce dicton^ répondit incontinent en son gascon : Cap de Diou^ be vous douni lou reste (je vous donne le reste) pour un viet d^aze. » (Bonav. desPériers.*)
Fbw/oir.
Ce verbe a souvent en gascon le sens de ce être sur le point de » . Les Gascons disent, par exemple : e II veut pleuvoir » pour « Il va pleuvoir » ; « Teau veut bouillir » pour c va bouillir t>.
— « Et comme j'euz attendu une heure là... et voyois que le jour se voulloit approcher. » (Monluc. *)
— - a Nous y atandismes jusques à ce qu^il feust si tard que le soleil se voulait coucher. » (Id.*)
Il faut entendre de même cette phrase de Brantôme : i Lorsqu^il voulut mourir » c'est-à-dire « lorsqu'il fut sur le point de mourir. * »
Yens (Gens).
Henri IV avait l'habitude d'écrire t yens » pour gens, comme le remarque E. Jung*; cette forme n'est autre chose qu'un gasconisme*.
« T. II, p. 280.
■ T. III, p. 2ia.
* T. III, p. 190.
* T. I, p. iio.
• Thèse, p. 6î.
• Voir plus haut, p. 73.
INFLUENCE SUR LA SYNTAXE. SÔg