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cet il n’est pas plus affecté que si elle portait sur des «habits».
Enfin, en diminuant au maximum la durée de l’opération, les manipulations des viscères, en évitant les tiraillements et les déchirements, on réduira l’influence de toutes ces causes nuisibles pour les cellules du cerveau.
L'opération est terminée. Il vient immédiatement à Vesprit de critiquer très vivement un procédé, trop habituel, presque réflexe chez beaucoup de jeunes anesthésistes, qui nous paraît aussi peu rationnel que possible. La dernière agrafe vient d’être posée; la respiration, le pouls, la pupille indiquent un bon état général et alors (est-ce pour éviter la peine de surveiller plus longtemps un réveil qui menace de traîner en longueur?) on administre sur les joues du pauvre patient si tranquille.et si, à l’abri encore des cuisantes douleurs postopératoires, quelques magistrales giffles qui ramènent brusquement à une réalité assez peu agréable. Qu'il y a loin de ce regrettable procédé aux soins minutieux que prônent les Américains ou ceux qui les ont vus à l’œuvre?
Bien certainement, les précautions de ces derniers risqueront de paraître et paraîtront une amusante exagération à ceux qui se soucient si peu de l'esprit de leur opéré. N'y a-t-il pas un soupçon de paradoxe, pour le moins, à entendre des médecins ou de futurs médecins qui, semble-t-il, ont comme noble but de soulager leurs semblables, taxer d’exagération les beaux sentiments de bonté, de charité, de courtoisie (1),
(4) Nous lisons dans un auteur américain, avec un certain dépit, ce « mot si français introuvable dans nos classiques,
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disent les Américains, qui commandent tant. de délicatesse dans leurs soins, on pourrait presque dire de tendresse. Ets’il est vrai qu’un blessé, un malade est un enfant, que ne doit-il goûter ces soins attentionnés et la tranquillité morale qu’ils procurent.
Si, en guise de critique, on oppose la perte de temps, le personnel nombreux indispensable, la place nécessaire, les frais en fin de compte, nous sommes obligés de reconnaitre qu’en effet, cliniques et hôpitaux, chez nous, ne sont pas encore assez beaux. assez riches; mais ne soyons pas le renard de la fable, qui trouve que « c’est bon pour les gouJats ».
Si, après l’opération, il est besoin de donner un sédatif, on évitera, au cas où-on aurait déjà morphiné préventivement, de trop en prescrire à nouveau ; de même la belladone ou l’atropine, qui provoquent une sécheresse de la bouche désagréable. $
Le mieux est, dit Gwathmey, un lavement salin avec de la jusquiame ou du chloral. Si l'installation permet l'isolement du récent opéré dans une salle à part, ce que, très humblement, nous croyons absolument normal à notre époque de réclamer dans chaque ‘service de chirurgie, le plus grand calme règnera dans cette chambre, pas d’allées et venues, par de conversations. On laissera se prolonger aussi longtemps que possible, en le respectant, en le désirant le plus long, le bienfaisant sommeil qui suit le retour de la salle d'opérations, Nous ne VOYONS pas d’inconvénients, dans le cas où c’est possible, de laisser en vue, auprès du malade, à son réveil, un époux, une mère intelligente, à qui on aurait. donné
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PÉDALE Prèr
des instructions. L’opéré trouvera chez cette personne un réconfort moral des plus bienfaisants; il n’est pas, pour améliorer le psychisme, de petites consolations qui n’aient leur valeur. Mais pour peu que des vomissements se produisent et que, pour une raison ou pour une autre, cette présence devienne contre-indiquée, on saurait délicatement la supprimer momentanément, en en signalant l opportunité au mieux des intérêts: communs.
Dans les salles communes, on veillera à ce qu’auprès de chaque opéré un infirmier surveille le réveil, ce
qui n’est pas toujours observé.
‘équilibre de la conscience, à ce moment, ne se rétablit pas d’un coup; une idée dans le champ de celle-ci étant seule, risquerait fort, selon les théories de Bernheim et des psychologues modernes, Farez entre autres, nous l’avons vu, de se développer
grandement, don: d’influer. -
L'idée qui semble toujours s'offrir la première est celle-ci: « Quel est le résultat de mon opération? », ou : « Est-ce que cela a bien réussi?» Nous l’avons observé bien des fois. Une affirmation à ce momentlà, simple, sans phrase: «Tout s’est très bien passé, cela va très bien, reposez-vous», «tranquillisez-vous, cela va aller», ne peut que réconforter et calmer, fortifier même le psychisme; car cette idée se développera dans le subconscient et pourra former une base aux bonnes dispositions morales des jours suivants, surtout si on sait l’entretenir de temps à autre, par des mots opportuns. Nous avons vu, il y à peu de temps, une opérée ainsi consolée d’un
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de ces simples mots, se rendormir de suite avec calme. pour un bon moment.
Pendant la guerre, un moyen classique de réconforter le blessé et de lui donner du courage, de la patience, en somme de fortifier son psychisme, de le traiter, était de donner à son réveil une balle, un éclat d’obus emballé dans une compresse... Quelquesuns parfois sôrtaient du tiroir où on les gardait pour
- la circonstance. C’était une petite rouerie anodine:; elle a maintes fois contribué à faire supporter ses peines à plus d’un blessé.
D'ailleurs on a coutume d° apporter fréquemment à l’opéré, d’après le même principe, le calcul enlevé de sa vésicule ou de son uretère, ou son appendice, tous moyens que le chirurgien bienveillant ne néglige pas.
Lorsque, par malheur, l’opération n’a pas donné satisfaction, que lé malade est compromis à brève échéance où à échéance plus lointaine, lorsqu’on n’a pu réaliser par elle qu’une mesure « palliative», c’est encore une fois que se complique la situation; c’est Ià encore que devra jouer pleinement la thérapeutique du psychisme et elle impose plus d’une fois. ‘une série de mensonges au chirurgien. L’illusion trompeuse, mais bénie, il doit la distribuer généreusement; son front soucieux, plissé derrière la porte, doit se dérider en l’ouvrant; malgré les inquiétudes les plus fondées, les pensées les plus sombres, 1l doit trouver un mot de réconfort, d’entrain; ce très pénible effort, il doit le renouveler à chaque visite. « Rudes émotions, dit J.-L. Faure,
vas
«qui viennent sans trève agiter notre âme oppressée !» Mais il doit les surmonter et savoir donner quand même la foi en la réussite : «L’espoir est tenace et s’exhalte aux plus faibles indices» (J.-L. Faure); qu'il les saisisse lui aussi ces indices, s’y cramponne, les fasse valoir aux malheureux, il aura fait son devoir et souvent soulagé.
Enfin, s’il ne reste rien de mieux à faire, comme dit un autre auteur: « En avant la bonne morphine», elle est encore un moyen de soigner les douleurs de Fâme avec celles du corps.
Nous venons de dire, en un tout homogène, les
idées de Crile, celles de nos maîtres, celles que nous
avons pu recueillir, enfin quelques réflexions personnelles; il en résulte une idée d’ensemble de ce que
nous pensons de la thérapeutique du moral.
Les résultats très récents de certains chirurgiens américains viennent confirmer l’utilité de ces mesures que l’on est tenté de ne pas prendre au sérieux, que l’on traite de petits riens très peu importants ou alors «si naturels que tout le monde les pratique», et pourtant, si l’on veut bien observer autour de soi, on se rendra compte qu’à n’en pas douter, on ne fait Jamais attention au.moral |
Crile pense avec justesse que « la valeur d’une «méthode chirurgicale se juge à ses effets », etil publie très récemment une statistique portant sur un grand nombre d’opérés ainsi traités, ceci pendant les quatre dernières années, à Lakeside Hôpital, mortalité générale tombée de 2,4 à 12%.
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Proportion des 1.000 dernières thyroïdectomies : 0,7 % de mortalité;
Proportion des 500 dernières ligatures: 0,7 °/, de mortalité;
Proportion des 500 derniers goîtres: 0,6 9/0 de mortalité.
On ne peut, de gaieté de cœur, mépriser de tels succès et refuser son attention aux procédés qui les ont amenés.
« Le visiteur d’une clinique, dit Flagg, où se pratique l’anoci-association, est frappé par le remarquable esprit de coopération que possède tout le personnel. Tout est fait en vue du bien-être du malade. »
Vu : à Vu :
Le Président de la Thèse, Le Doyen, Nancy, le 2 juillet 1923. Nancy, le 3 juillet 1923. B. MICHEL. E. MEYER.
Vu et permis d'imprimer :
- Nancy, le 4 juillet 1923.
Le Recteur de l’Académie :