‹ De l'influence du Moral en ChirurgieChapitre 23 sur 24 · ER EN · texte numérisé non relu

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au lit, ni dela diète qu’ils arrivent d’ailleurs à réduire.

Avant l’opération, on administrera un centimètre cube de morphine destinée à amoiïndrir la conscience, à supprimer, par là, les réactions émotives, et, au moment de l’opération, à faciliter l’anesthésie par diminution précisément des facteurs psychiques d’angoisse et de lutte; de plus, la confiance se trouvera augmentée et la dose anesthésique nécessaire sera diminuée, d’où amoindrissement des risques du choc anesthésique par excès. « On a vu, dans des cas sans nombre, la narcose possible avec une dose beaucoup moindre d’anesthésique»; la souffrance postopératoire, en outre, sera diminuée, car le réveil sera retardé.

Ces chirurgiens réclament beaucoup de précautions dans l’administration de la morphine avant sept ans et après soixante-dix ans. Les réactions émotives à ces âges, nous l’avons vu, sont beaucoup moindres.

Lorsqu'on doit endormir au chloroforme, celui-ci et la morphine étant dépresseurs, il peut être avantageux de donner de préférence de l’atropine ou un mélange d’atropine-morphine ou du chloral.

Il y a lieu, toujours d’après ces auteurs, de ne pas instituer cette médication trop tôt ni trop tard. Ils indiquent une demi-heure avant l’intervention. L'effet du mélange atropine-morphine est perçu par un ralentissement léger du pouls et de la respiration, et par une sensation de sécheresse dans la bouche.

Delbet et Herrenschmidt préconisent l'emploi de ladrénaline, qui régularise la narcose et diminue le choc opératoire. k

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À partir de la piqûre, le malade est au plus grand repos, au Calme, à l obsotpitel Au moment de lopération, on le transporte avec précaution; l’anesthésiste saura distraire le malade, lui parler de choses étrangères au moment actuel. Farabeuf recommande

-de faire que le malade rassuré « collabore» à l’anesthésie; « suggérez-le, afin qu’il commence volontaire- «ment à respirer posément». Aux enfants, on parlera de choses propres à les intéresser.

Un petit de dix ans qui, dans une clinique où nous avions été ‘externe trois ans auparavant, nous reconnut il y à quelque temps et nous interpella; nousmême ne nous souvenions pas de lui. Il nous rappela ce qui lui restait de ce moment si souvent pénible :

- «© Vous n'avez demandé les bêtes qu’on élevait chez nous, celles qu’on avait, ce qu’elles mangeaient; je vous ai répondu qu’on avait, ete.»; suit toute une histoire de basse-cour, moins impressionnante que celles: que racontent bien d’autres sujets: des sons de cloches, des bourdonnements, des sensations indéfinissables ou désagréables.

I faut avoir soin de préparer le champ opératoire quand le sujet est déjà obnubilé, par le chloroforme et non pas raser, savonner, badigeonner la place avant

- le sommeil. Notre esprit, fatalement endurci à la

vue des souffrances. ne se rend plus compte que des

HER pratiques de ce genre perout affecter bien des gens plus sensibles.

Les moyens, tels que Panesthésie rachidienne,

K qui coupent très bien la voie centripête, done tout

; - transfert des sensations douloureuses au cerveau

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diminuent, c’est vrai, grandement le champ de la conscience et donc les facultés; il ne faüt pas oublier cependant que l’état de torpeur laisse cependant le sujet conscient et fréquemment dans un état pénible auquel s'ajoutent le manque d’air, la chaleur, la position inclinée, et le chirurgien, comme les aides qui entendent les plaintes du patient, ne devront pas.les négliger et l’encourageront, de temps en temps, à la patience. (Pour notre compte personnel, sans nier les avantages de la méthode, elle ne nous parait pas moralement très bien acceptée. Mais 1l est vrai que les inconvénients postopératoires du chloroforme sont plus grands.) |

Le sujet est ainsi endormi; mais, pour Crile, là ne se borne par l’action protectrice des centres supérieurs psychiques. Il est endormi, c’est-à-dire que son cerveau, qui reçoit quand même les impressions venues des tissus traumatisés par le bistouri, la pince, ne les Jnterprète pas parce que la conscience et les facultés sont abolies. Mais les lésions des cellules se produisent quand même. Aussi, pour que tout le traitement soit d’accord avec ses idées, devra-t-on. veiller à éviter toute nuisance envers les cellules : «a nocere»; et Crile nous enseigne son anoci-association, qui a provoqué des résultats très beaux: done, par un anesthésique, il supprime la conscience de son malade; puis, pendant l'opération, il « bloque» les voies nerveuses dans le champ opératoire même, par une infiltration locale ou intraneurale de solution de novocaïine : «Le cerveau est ainsi isolé complè- «tement, dit-il, de l'influence nocive qu'est l'opération,

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