INTRODUCTION
Avant l’utilisation de l’insuline, le diabète infantile était une maladie extrêmement grave et redoutable, puisque son évolution se faisait de façon inexorable vers la mort en quelques mois ou quelques années au maximum: Tandis que progressaient l’amaigrissement et la déshydratation, que s’arrétait la croissance, les poussées d’acidocétose amenaient inévitablement le petit malade au coma acidosique, terminaison habituelle de la maladie.
Tel était donc le triste sort des enfants diabétiques il y a un peu plus de 30 ans. C’est en effet en 1922 que Banting et Best isolaient l’insuline et cette découverte permet de vivre aujourd’hui à des milliers de jeunes diabétiques voués autrefois à une mort certaine dans des délais très courts.
Ainsi, l’évolution du diabète infantile fut-elle transformée de manière absolument complète, mais de ce fait, elle présenta de nombreuses complications qui n’avaient jusqu'alors pas eu le temps d’apparaître. A côté du coma diabétique toujours possible et du coma hypoglycémique, à côté des infections qui favorisent l’acidose, des lésions dégénératives vasculaires, oculaires, rénales, on constate fréquemment et à des degrés divers chez le jeune diabétique une hépatomégalie, le plus souvent isolée mais qui, dans certains cas, s’accompagne d’obésité et de signes d’infantilisme, réalisant ce que l’on a appelé le syndrome de Mauriac.
Ces complications, inhérentes au diabète sont dans la majorité des cas favorisées et peut être même causées, par une mauvaise adaptation des doses d’insuline, insuffisantes ou au contraire trop élevées, et surtout par une mauvaise équilibration du régime, comme le prouvent les résultats du régime libre dans le traitement du diabète infantile.
Il est en effet un point capital qui semble avoir été bien souvent oublié dans les divers régimes imposés à ces enfants :
le diabète de l’enfant évolue sur un organisme en voie de croissance, auquel il est nécessaire de fournir quotidiennement une ration calorique suffisante pour que la croissance et le développement s'effectuent comme chez un enfant bien portant du même Âge. Cette ration doit maintenir un équilibre physiologique normal entre les quantités d’hydrates de carbone, de protides et de lipides ingérés, pour éviter les troubles du métabolisme de ces éléments, cause de dénutrition d’une part, de surcharge de l’organisme en l’un ou l’autre d’entre eux, d’autre part.
Nous pensons en particulier qu’un déséquilibre alimentaire est à la base du syndrome de Mauriac dont l’isolement en tant qu’entité et forme spéciale du diabète infantile nous paraît discutable. C’est ce que nous nous proposons de démontrer à l’aide des observations que nous avons recueillies à la Clinique médicale infantile. -