‹ De l'influence sociale des concilesChapitre 12 sur 60 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

DS L*ESGLAVà6E

LTÉglise chrétienne dut d'abord se constituer ellemême. Les premières assemblées, tenues sous le feu des persécutions, eurent pour but de veiller à Torganisation de son culte et de régler Tordre hiérarchique de son clergé. Elle était alors tout à fait séparée de l'État, qui tantôt affectait de l'ignorer, tantôt ne paraissait s'informer de son existence que pour la proscrire et l'exterminer. Eh bien! même à cette époque, l'Église exerçait sur k société une action latente, mais incontestable.

La doctrine évangélique était tellement contraire aux doctrines, aux mœurs, à l'esprit même de la so-

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ciété païenne, qu'elle ne put pas s'y répandre sans y apporter des altérations profondes.

Suivant les préjugés de cette société antique, la divinité devait se révéler par les symboles de la puissance ou de la beauté : Jupiter avait la foudre, Vénus possédait la séduction. Dans le cbristianisme, on proposait à Tadoration des peuples un Dieu venu au monde dans une crèche et mort ignominieusement sur là croix !

Y^ez les Romains, l'illustration, la considération s'accordaieAt à la naissance, aux fonctions publiques et à la première de toutes les fonctions, eélie de la souveraineté. L'empereur représentait toutes les forces de la vieille république et était censé résiimer la volonté du. peuple tout entier ; il se trouvait placé sur une espèce de piédestal que )*adulation s'efforçait d'exhausser de plus en plus : il ne lui suffisait plus d'être respecté comme un prince : il fallut qu'on l'adorât comme un Dieu .

Dans la société chrétienne une tout autre mesure était appliquée aux hommes : les premiers rangs étaient donnés a la sainteté, au dévouement de la charité et du zèle apostolique, sans aucune acception de

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