DE LA QUERELLE DES INVSSTITORES
« le choix du clergé, et avec Tapprobation du dislri^ < buteur de tout honneur.
« Enfin, celui qui avait été ainsi éld itibren^nt et « sans simonie, devait se présenter devant le seigneur « empereur, lui jurer fidélité, et lui prêter foi et € hommage pour obtenir la jouissance des droits ré-r « guliers et recevoir l'investiture par la crosse et « l'anneau. Il ne faut pas s'en étonner ; nul, en effets « ne peut être admis en aucuoe manière à jouir au- « trement de cités, de châteaux^ de marches, de « péages et de toutes choses relevant de la dignité « impériale.
» Si le seigneur pape accorde cela, une paix stable « et prospère unira toujours le trône et l'Église à la € plus grande louange de Dieu . »
A tout cela, le seigneur pape répondit sagement par la bouche de l'évêque de Plaisance, orateur distingué ; « que l'église, rachetée' et constituée libre « par le précieux sang de Jésus-Christ ne devait plus tf en aucune manière, redevenir esclave ; que si l'É- « glise fie pouvait élire uç prélat sans consulter l'em- « pereur elle lui était servilement subordonnée, et « perdait tout le fruit de la niort du Christ; que
; ET DU aOLE qu'y REMPLIRENT LES CONCILES. 1S3
« doniier Tihvestitirfe par la crosse et Tanneau, cho-
« ses qui de leur nature appartiennent à l'^ute), c'est
« usurper sut Dieu même ; que mettre en signe d'o-
« béissance, des mains sanctifiées par le corps et le
c sang du seigneur danè les mains d'un laïque, que
c le glaive a teintes de sang, c'est déroger à son rang
a et à l'onction sainte. Quand ces envoyés ïntraita-^
« blés eurent entendus ces observations et d'autres
^ semblables, frémissant avec un emportement tout
« à fait teutonique, ils firent grand bruit et s'ils eus-
« sent cru pouvoir l'oser avec sécurité, ils se seraient
n portés à des violences, et auraient dit des injures.»
« Ce n'est pas ici, s?écrièrent-ils, tnaiàà Rome, et
« par l'épée que se décidera cette querelle (!)•
On voit clairement ce qu'était l'esprit dé ces seigneurs allemands, leur caractère impérieux et grossier. L^empeireur était peut-être domihé par eux plus encore qu'il ne les dominait.
Le célèbre abbé Suger, dont l'âmé était aussi élevée que l'intelligence^ comprenait parfaitemeiil cette
(1) Sugerius, De Vita Ltidovîci Grossi^ Afidré Duehesne,^ toro. lYv p. 289. — Traduction de la coUection des Mémoires^ par M. Guizot, tom. Vni, p. 32-33 et suiv.
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question délicate des investitares. L'épiscopat français avait les mêmes vues que lui^ le même discernement de la distinction des deux pouvoirs. Aussi dans un concile réuni à Troyes, et présidé par le pape Pascal après la conférence de Ghâlons^ on décréta unanimement que les investitures ne devaient pas être données par des mains laïques.
Le même pape fit rendre une décision semblable par un concile tenu dans l'église de Latran au mois de mars lllO..
Mais un an après, l'empereur venait à Rome pour s'y faire couronner, et au mépris d^ engagements pris avec le pape, il l'outrageait, le maltraitait, et lui arrachait par la force une nouvelle concession des investitures.
L'infortuné Pascal II peu de temps après assembla lui-même un concile à Latran, s'y accusa de faiblesse, et proposa de déposer la thiare. Le concile refusa celte généreuse démission, et dans un décret qui (ut lu par Girard évêque d'Angoulêm e, il déclara nul le privilège extorqué au papePascaV par la violence du roi Henri : « privilège portant qu'un évêque élu canoniqoement < par le clergé et le peuple ne sera point sacré qu'il