‹ De l'information officieuseChapitre 13 sur 48 · KP · texte numérisé non relu

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Plus critiquée mais non pas moins importante est l’œuvre de la Police proprement dite.

Elle peut, tout d’abord, sembler mieux préparée que la gendarmerie à contribuer à une information judiciaire. Dégagés de toute préoccupation et de toute entrave militaires, techniciens rompus à toutes Les difficultés du métier, les commissaires de police, souvent recrutés aujourd’hui parmi les juristes, ne sontils pas l’organe idéal de l’information officieuse ?

De fait, les enquêtes de la police revêtent bien souvent une importance plus grande que les enquêtes de gendarmerie. Elles ont trait à des infractions commises dans les agglomérations urbaines, infractions qui intéressent l’ordre social au plus haut degré. Elles concernent par exemple des affaires d’espionnage, d’avortement, des crimes ou délits contre la chose publique, des escroqueries ou des abus de confiance intéressant l’épargne publique, etc...

D’autre part, le personnel de la Police comprend

des agents spécialisés, auxquels on fait appel dans

les conjonctures graves : ce sont, par exemple, sans parler des inspecteurs de la Sûreté, les commissaires et inspecteurs de police mobile, de police spéciale et de la Sûreté générale. Certains ont un rayon d'action très étendu et effectuent des enquêtes d’une extrême importance, qu’ils consignent dans des dossiers parfois fort volumineux.

Aussi ces informations, des plus détaillées et des plus complètes, tendent à imiter les instructions régulières menées par le juge. L’habitude d’executer des commissions rogatoires fortifie encore ce peachant. Certains commissaires finissent par se comporter comme de véritables instructeurs. Leur compétence territoriale étendue les incite à témoigner de quelque indépendance à légard des magistrats, dont, théoriquement, ils exécutent les ordres. Quelques-uns terminent leur enquête par un rapport d’ensemble, véritable réquisitoire résumant toutes les charges : tel est notamment le procédé des commissaires divisionnaires de police mobile.

L'information de police offre d’autres traits distinctifs encore. Les témoins sont convoqués et non pas entendus à domicile. Les enquêteurs policiers s’entourent d’une discrétion et d’un secret, inconnus des gendarmes dont l’uniforme annonce à tous la présence.

Enfin, à côté de ce prestige et de ces avantages divers, il convient de signaler certains défauts. C’est d’abord l’intrusion de la politique, vice que la gendarmerie n’a jamais laissé paraître. C’est ensuite l'emploi de certains procédés assez discutables, vio-

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