‹ De L'Inondation Péritonéale dans L'avortement TubaireChapitre 10 sur 29 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Historique.

Ce chapitre ne peut être qu'un résumé. Nous n'avons pas la prétention de reprendre par le menu les nombreuses opinions émises par les innombrables auteurs qui ont apporté, surtout depuis ces vingt dernières années, leur contribution à la question des hémorragies de la trompe gravide. Le lecteur pourra, s'il désire plus de détails, se reporter à la bibliographie placée à la fin de ce travail. Mais nous voudrions en quelques mots montrer le chemin parcouru et l’état actuel de la quesüion.

La grossesse extra-utérine, longtemps méconnue, ne fut ensuite, considérée que comme une des causes possibles des hémorragies péritonéales.

C'est en 1853 qu’on trouve à ce sujet un cas décrit par ARAN.

À cette époque, c'étaient l’exhalaison péritonéale, la péritonique hémorragique de Vircuow, la pachypéritonite de Bernurz et Besxier, la rupture du plexus utéro-ovarien de Ricner, le reflux du sang menstruel par les trompes de Bernurz el À. GuéRIN qui étaient considérés à tour de rôle comme les causes hémorragipares. Cesran à longuement rappelé ces choses dans sa thèse (1).

(1) CEsran, Des hémorragies intra-péritonéales et de l'hématocèle pelvienne, Thèse de Paris, 1894.

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Pourtant d'autres observateurs, d'abord Récamier. NÉéLaron, puis et surtout Lawson Tarr (1) finirent par démontrer que la grossesse ectopique, et particulièrement la grossesse tubaire, était la cause presque constante des hémorragies péritonéales.

Depuis Lawsox Tarr on admit même que « toute hémorrage de la trompe était fonction de grossesse lubaire ».

Cette affirmation est un peu trop absolue et notre collègue et ami Louis Bazy a mis nettement en lumière, dans son récent mémoire de médaille d’or, des cas des plus intéressants, inaperçus avant lui, d'hémorragies de la trompe simulantmacroscopiquement la grossesse, mais que l'examen histologique approfondi a montrés différents ; et 1l en à établi la pathogénie et le mécanisme.

Mais pour en revenir à ce qui nous occupe, nous constatons que les cas qui frappèrent les premiers l'attention furent surtout des cas de rupture tubaire et MAYGRIER, dans sa thèse d’agrégation en 1886, sur la terminaison des grossesses extra-utérines, n'envisage guère que ces faits, divisant son travail en cas de rupture et cas de rétention avec ou sans complications.

L'avortement tubaire fut done au début une chose négligée. Néanmoins bientôt de nombreux auteurs l’étudient à son tour. BLAND SurTroN, WESTERMARK, MARTIN ORTHMANN et beaucoup d’autres, tant en France qu'à l'étranger, en rapportent des cas. ORTHMANN (2) même, donne une statistique de cent vingt-quatre grossesses tubaires avec soixante etune ruptures etsoixante et un avor-

(4) Lawson Tarr, Lectures on ectopic pregnancy and pelvic Hematocele,

(2) ORTHMANN, « Zeitschrift für Geburtshülfe und Gynäkologie », 1894, vol. XXIX, p. 74 et suiv.

PAPE RS Ne SR 12 AVORTEMENT TUBAIRE ET INONDATION

tements. Murer fait la division en avortement complet et incomplet (1). En 1893, GaurmiER, dans sa thèse (2), en cite sept cas opérés et ajoute que « l'avortement est plus fréquent qu'on ne le croit ». Pizcrer (3), CESTAN (4), AGuixer (5) el surtout CouveLaiRE (6) en étudient le mécanismeet les conditions. Pour Bazrour MarsHALL, « l’avortement s’observe plus fréquemment que la rupture » (7). LeJars émet une opinion analogue (8).

Mais nous ne pouvons citer tous les noms, la simple constatation de l'avortement {ubaire étant devenue une chose banale depuis l'époque où nous étions remontés pour la clarté de notre exposé : arrivons au point plus particulier qui nous intéresse.

Pour la plupart des auteurs, la conclusion de l'étude de la rupture et de l'avortement tubaires dans leurs rapports avec les hémorragies péritonéales se résumait en cette

formule très simple : ARuplure — inondation péritonéale ordinaire.

Avortement — hémorragie nulle ou légère donnant une hématocèle.

Évidemment la formule varie un peu suivant les auteurs. Certains, comme CEsTAN, ne voyant pas de raison pour que l’avortement ne soit pas cause lui aussi d'inondation, dit seulement n’en pas connaître d'observation nette, et

(1) Muret, « Beitrag zur lehre der Tubenschwangerschaft » (Zeitschrift. für Geburtshülfe und Gynekologie, vol. XXVI, 1893, p. 31, 58). 2) GauruiEr, Thèse de Paris, 1893.

(3) Pizuier, Progrès médical, 7 avril 1894.

4) Cesrax, Thèse de Paris, 1894.

5) AGUINEr, « De l’inondation péritonéale dans les grossesses ectopiques », Thèse de Paris, 1903.

6) Couveraire, Thèse de Paris, 1901.

7) Bazrour Marsnaie, Glas. obst. and Gyn. Soc., 9 mars 1904. 8) Lesans, Semaine médicale, 190%, p. 380.

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