HISTORIQUE
pourtant certains cas qu'il rapporte pourraient sembler démonstratifs, si leur relation n’en était trop brève. Il en est de même pourles observations citées par GAUTHIER. — ViaL, par contre, qui à fait une thèse très complète sur l'avortement tubaire, dit « qu’on ne trouve pas un seul cas de mort uniquement attribuable à l'avortement tubaire ». Pourtant, parmi les observations qu'ileite, il en est qui semblent bien rentrer dans le cadre des inondations, ce qui paraît un élément de gravité peu compatible avec son opinion générale, mais il n’y insiste pas.
Cet optimisme nous semble d’ailleurs démenti par des observations très nettes où l'avortement lubaire, sans rupture, contrairement à la formule apparemment classique dont nous parlions ci-desssus, à été cause d’inondation mettant en jeu la vie de la femme.
Boursrer, de Bordeaux, au Congrès de Chirurgie de 1902, en à rapporté deux absolument nettes. Pour lui ces cas seraient fréquents et il aurait fait le diagnostic exact avant même d'intervenir dans ceux qu'il relate.
AGUINET, dans sa thèse, insiste sur ces faits et en décrit deux cas inédits très détaillés avec description des pièces, avec une dizaine d’autres qu'il a recueillis dans la littérature médicale tant étrangère que française.
BLair Bezz (1), Hanpriezp Jones (2), Bouvier, de Bordeaux (3), en rapportent également. Vicnarp, de Nantes, en parle (4).
(4) Brum Bec, North of England obstetrical and gynecological Society, 18 déc. 1903.
(2) Hanoriæp Joxes, Obstetrical Society of London, 2 mars 1904. (3) Bouvier, Journal de médecine de Bordeaux, 190%, n° #4, p. 69. (4) Vicxarn, Diagnostic de l'avortement tubaire. Gazelté médicale de a
Nantes, t. XXI, p. 10.
Louis Bazy enfin, en 1906, à l’occasion d'un cas qu'il avait pu suivre complètement et dont il avait examiné histologiquement les pièces, esquisse une revue de la question (1).
A partir de cette date, nous avons pu réunir un certain nombre d’autres cas dont certains inédits qui nous ont paru démonstratifs. Et si nous nous sommes déterminé à en faire le sujet de notre thèse, c’est que, bien que cette question de l'inondation péritonéale dans l’avortement tubaire semble devoir être déjà connue par les observations des auteurs que nous avons cités, en réalité il semble que ces cas ont peu attiré l'attention et qu'on soit resté malgré tout à la vieille formule : Rupture, inondation ; avortement, pas d’inondalion. Et une de nos observations (2) est typique à cet égard, puisque cette fausse idée des choses a été cause, comme nous le verrons, de la mort de la malade.
Ce qui prouve, d’ailleurs, qu'il reste au moins dans cette question quelques points à approfondir, c’est la discussion qui à eu lieu récemment (3) à la Société de Chirurgie de Paris, à propos d’un rapport de M. Marion sur une observation de M. Silhol; nous y reviendrons plus loin quant au fond. Ce qu'il nous importait seulement de montrer dans ce très rapide coup d'œil jeté sur l'historique de la question, c'est que celle-ci, pour n'être pas absolument neuve, n’est pas non plus absolument au point et que nous pouvons espérer que notre modeste contribution ne sera pas tout à fait inutile.
(1) Louis Bazy, Presse médicale, no 87, 31 oct. 1906. (2):Rf-0bsl..p.52:
(3) Société de Chirurgie de Paris, Séance du 12 Janvier 4910.