‹ De L'Inondation Péritonéale dans L'avortement TubaireChapitre 20 sur 29 · RE CLINIQUE A · texte numérisé non relu

RE CLINIQUE A

et se remplir progressivement, jusqu’à ce qu'une crise un peu plus forte nous ramène au tableau de l'hémorragie immédiatement grave et d'autant plus grave que la femme est déjà fort anémiée : cette évolution, dans ces cas, est en effet souvent plus lente et peut se répartirsur quelques semaines, permettant mêmealors parfois quelquessoupçons sur la grossesse. Et c’est dans un cas semblable (1) que Boursier, de Bordeaux, à pu faire le diagnostic complet, avant l'opération qui le vérifia, en diagnostiquant non seulement l'inondation mais encore lintégrité de la trompe.

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Dans des cas analogues, peut se produire également l'éventualité dont nous avons déjà parlé : la trompe peut se rompre, mais non plus comme dans les cas ordinaires de rupture, au niveau de l'insertion ovulaire, mais par éclatement en un point quelconque, sous la pression du sang qui la remplit ; nous en rapportons plus loin un cas typique et intéressant, parce que cet éclatement s’est produit au moment où, le diagnostic étant fait, on se préparait à endormir la malade pour l'opérer (2).

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Le diagnostic, d’ailleurs, dans ces cas où l’hémorragie se fait ainsi par à-coups qui remplissent successivement la trompe, n’est pas non plus très facile.

Il faut, en effet, éliminer les cas de salpingites où la rétention dans la trompe, suivie d'évacuation dans l'utérus, donne une sensation analogue au toucher.

(4) R£. Obs. p. 75.

(2) Rf. Obs. IIL, p. 59.

C'est dans ces cas, el pour s'assurer du contenu de la trompe, que certains auteurs étrangers ont pu conseiller la ponction de celle-ci à travers la paroi abdominale. Sans recourir à cette méthode qui, au premier abord, parait bien osée, ilsemble qu'on puisse arriver au diagnostic par l'examen des pertes vaginales, le toucher et l'étude systématique du pouls et de la réaction thermique.

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En résumé, le diagnostic d’avortement tubaire, cause d'inondation péritonéale, est des plus délicats à poser.

Le plus souvent, évidemment — et malheureusement — il ne sera pas fait avant l'opération qui, de ce chef, sera souvent tardive ; mais, là encore, il importera d'y penser au cours de l'intervention pour éviter l'erreur que nous rapportons dans une de nos observations (1) : devant l’aspect de la trompe en apparence saine, alors qu’on pensait primitivement à une rupture, il ne faut pas se laisser influencer par l’idée préconçue ; il faut y regarder de près, bien examiner le pavillon, et c'est à ce niveau qu'on trouvera le point qui saigne : la goutte de sang ou le caillot révélateurs.

Il faut savoir que, même si l'écoulement semble arrêté, il est toujours menaçant; que l'hémorragie de l'avortement est aussi grave quecelle de la rupture dans ces cas, et l'on ne fermera le ventre qu'après avoir supprimé, avec l'annexe malade, la cause du saignement — sublata causa…

Mis cela nous fait empiéter sur le chapitre suivant où nous allons dire quelques mots du traitement et du pronostic.

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