‹ De l'inondation péritonéale dans l'avortement tubaire (sans rupture)Chapitre 18 sur 33 · OU · texte numérisé non relu

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Avant de clore ce chapitre, il est encore un point sur lequel il nous faut insister parce qu'il fut un sujet de discussion lors de la récente (2) séance de la Société de Chirurgie à laquelle nous avons déjà fait allusion.

A cette séance, M. PorneraT demanda sur quoi Louis Bazy s'était fondé dans l'observation qu'il avait publiée en 1906 pour affirmer qu'il avait affaire à une grossesse récente. Il rappela d'anciennes observations de RoBin en 1855 où des hématosalpinx dus à des grossesses tubaires anciennes avaient provoqué des hémorragies pelviennes el même abdomino-pelviennes. Prccier, en effet, étudia également ces cas et retrouva destracesde placentation au niveau de la muqueuse tubaire.

La réponse à M. Pornerar est facile. En premier lieu nous ferons remarquer que depuis 1855 les conditions d'observation ont bien changé. A cette époque la laparotomie pour grossesse extra-utérine n’était pas chose précisément courante. Les pièces que les anatomo-pathologistes pouvaient examiner étaient plus facilement des lésions déjà anciennes chez des malades qui avaient très bien pu ne pas mourir immédiatement de leurs accidents hémorragiques.

D'ailleurs, la question n’est pas là. Il est très facile de savoir, de par les seuls caractères histologiques, si une grossesse est récente ou si elle est ancienne. Dans le cas

(4) Rf. Obs. IL, p. 59.

(2) 42 janvier 1910.

qui à donné lieu à la discussion, et dont on trouvera plus Join (1) l'exposé complet, on peut facilement affirmer deux choses :

1° La grossesse est jeune. Cela est est évident de par la petitesse extrême du placenta etl'absence de modification de la trompe. Les franges de la trompe ne sont pas modiliées et le caïllot qui les baignait, d’ailleurs uniquement composé de globules rouges vivants et non mélangés à la fibrine, n'adhérait pas à la muqueuse, ce qui ne peut se produire que dans les lésions tout à fait récentes.

3° L'interruption de la grossesse venait de se faire. — C'est un phénomène que nous pouvons déduire de l’aspect que présentaient les villosités qui, dans le cas particulier, étaient absolument complètes et caractéristiques dans tous leurs éléments.

Or, rien n’est plus fragile qu'une villosité: cecin’estpasun fait nouveau et Corniz l’a mis en relief depuis longtemps déjà. Très rapidement, lorsque les villosités ont perdu leur raison d'être, c'est-à-dire lorsque la grossesse a été interrompue, elles perdent en même temps leur aspect caractéristique : leur bordure cellulaire disparait très rapidement et est remplacée par une mince bande de fibrine.

Donc on voit qu'il est facile d'affirmer que la grossesse est récemment interrompue.

D'ailleurs, Louis Bazy, dans son travail sur les hémorragies de la trompe non gravide, à forcément été obligé d'insister sur tous ces signes de reliquat de grossesse ancienne et on les trouvera longuement décrits et figurés dans son mémoire (2).

(4) RF "Obs: IV, p. 62.

(2) A paraître dans la Revue de gyn., juillet 1910.

Quant à nous, pour nous résumer, nous dirons donc qu'il s'agira, dans les cas quinous occupent, de grossesses ampullaires ordinairement très jeunes el récemment interrompues.

Les cas de grossesses anciennes causes d'hémorragies pourraient d’ailleurs pourtant entrer, à la rigueur, dans notre cadre à litre de complications tardives de l’avortement, mais ce ne sont pas ces cas que nous avons en vue ici ; ils sont d’ailleurs susceptibles de former une classe à part.

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