‹ De l'inondation péritonéale dans l'avortement tubaire (sans rupture)Chapitre 24 sur 33 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Traitement. — Pronostic.

Nous devons aborder à présent une question des plus délicates, c’est celle du traitement.

Doit-on intervenir? À quel moment? Quelle doit être l'intervention?

Autant de questions épineuses sur lesquelles les avis les plus autorisés et les plus différents ont pu être émis dans les cas d'inondation à la suite de rupture.

Or, si nous ne faisons le diagnostic d'inondation dans les cas d’avortement qu'au moment des accidents cataclysmiques, nous sommes dans les mêmes conditionsque dans les cas de rupture : avec cette aggravation que dans les premiers, où le sang a coulé goutte à goutte depuis longtemps déjà, les accidents bruyants arrivent à une période où la quantité sanguine épanchée est plus grande qu'elle ne l’est ordinairement dans les seconds.

Ce seront donc, dans un cas comme dans Fautre, les mêmes arguments à faire valoir, tant pour les abstentionnistes que pour les interventionnistes.

Les premiers, avec BouizLzy, jugent que dans les cas gra-

, 1 'e) D ves le choc opératoire ne peut qu'achever une malade mortbondé (1).

(4) Bouizey, Semaine gynécologique, mai 1898, p. 164.

Dans les cas moins graves, par contre, ils pensent que l'hémorragie peut être minime, et que si elle est considérable, elle à pu où peut s'arrêter: son enkystement ou sa résorplion étant possibles, il faut attendre.

A cela les interventionnistes répondent avec SEGoxD (1), Picoué (2), que, dans nombre de cas désespérés en apparence, la malade à fort bien surmonté l'opération. Dans de nombreuses observations heureusement terminées, on note que la malade était sans pouls, en état de mort apparente : la famille ou même des médecins présents déconseillant au chirurgien une opération dont l'issue fatale semblait hors de doute.

Mais certains, comme OrTHMaxx et FEHLING, pensant que l’avortement est plus fréquent que la rupture, et admettant, à l'encontre de ce que nous avons dit ici, que Jamais l’hémorragie de l'avortement n’est mortelle, en lirent cette conclusion qu'on a toujours intérêt à attendre et que l’abstention doit être la règle générale. Or, rien ne peut mieux démentir, expérimentalement, pour ainsi dire, cette opinion que notre première observation (3) où, la malade ayant été opérée en pleine inondation grave, le chirurgien n’enleva pas la trompe qui était le siège de l'avortement cause de l'hémorragie. Or, primo : la malade vécut jusqu’au lendemain, ce qui prouve qu'elle élait en état de supporter le choc opératoire ; et, secundo, ne mourut que parce qu'elle continua à saigner par sa trompe malade, ce qui prouverait, à soi {out seul, que les

(1) SEcoND, Rapport au Congrès de gynécologie de Marseille, oct. 1898. Traitement des grossesses exftra-utérines.

(2) Prcoué, Bulle el Mémoires de lu Société de chirurgie de Paris,

1896, t. XXII, p. 30.

(3) R£. Obs. I, p. 52

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