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Jusqu'ici nous n'avons eu en vue que les cas dans lesquels le diagnostic n’était fait qu'au moment où les signes d'inondation étaient nets el à grand fracas :
Quelle conduite tiendrons-nous dans les cas, malheureusement plus rares, mais qui deviendront peut-être plus fréquents, où l’on pourra dépister l'hémorragie avant cette période ? D'après tout ce que nous venons de dire on devine que nous conseillerons la méme conduite que précédemment et l'intervention rapide. En effet, l'opération aura d’autant plus de chances d’être efficace, le diagnostic étant plus précoce et l’état général meilleur, et là encore nous n'avons pas d'éléments suffisants pour affirmer que l'hémorragie est ou va s'arrêter, et qu'elle ne va pas reprendre incessamment, nous forçant à intervenir alors dans des conditions bien moins satisfaisantes.
Pour l’appui de cette façon de voir, nous renverrons à une de nos observations à laquelle nous avons déjà fait allusion, etoù, l'opération allant se faire pour avortement, la rupture ou plutôt l'éclatement de la trompe se fit au moment où on se disposait à endormirla malade, causant naturellement une hémorragie supplémentaire qui n’était certes pas faite pour améliorer les conditions de l’intervention (1).
Il ne nous semble donc pas qu’il y ait lieu, même dans ces cas, de temporiser longtemps.
Quant à l'opération, il ne nous paraît pas discutable (1) R£. Obs. IL, p. 59.
que ce soit la laparotomie. Car nous ne voyons pas les avantages nimême l'indication de la colpotomie dans ces cas et une observation de Borpr, où cet auteur commença par une colpotomie postérieure, fut plutôt malheureuse puisque aussitôt après, il fut forcé de faire la laparotomie et que, pour terminer, la malade mourut (1).
Mais, au cours de la laparotomie, faut-il enlever l’aulre trompe, même si elle est saine? Certains auteurs, se basant sur la récidive fréquente de la grossesse extrautérine chez la même femme (2), suivent cette technique : il ne semble pas pourtant que ce soit celle qui soit suivie par la majorité des chirurgien; peut-être à cause de la hâte que l’on a à terminer l'intervention dans ces cas.
D’autres, au contraire, ont été beaucoup plus conservateurs et, dans les cas de rupture, après avoir cureté et suturé la trompe malade, l'ont laissée en place. Nous n'avons jamais vu cette technique employée dans des cas d'avortement et nous ne savons pas quels en seraient les résultats, mais elle nous semble bien osée et peut-être pas très logique dans ces cas.
Enfin disons un mot de l'opinion de Murer (3) qui, dans les cas d’avortement incomplet, conseille la laparotomie et l’ablation de la trompe, tandis que l'avortement complet guérirait spontanément : après ce que nous avons dit au sujet de l'avortement complet et incomplet on conçoit facilement que nous ne partageons nullement son avis.
(1) R£. Obs. p. 83.
(2) Voir aussi à ce sujet le mémoire de L. Bazy (Rev. de gyn., Juillet 1910).
(3) Murer, loc. cit. Zeitschrift für Geburtshülfe und Gynäkologie, 1893, vol. XXVL, p. 31, 50 et 58.
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