‹ De L'Insertion Vélamenteuse Du Cordon Dans Ses Rapports Avec La Grossesse & L'AccouchementChapitre 6 sur 34 · CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR L'INSERTION VÉLAMENTEUSE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR L'INSERTION VÉLAMENTEUSE

Définition.

Dans l’immense majorité des cas, le cordon s’insère directement sur le placenta; plus rarement il se dissocie sur les membranes avant de l’atleindre; cette dernière disposition a reçu le nom d'insertion vélamenteuse.

Historique.

L'histoire de l'insertion vélamenteuse remonte à la fin du XVI siècle, car il est impossible d'affirmer si les cas de Gravel (1), de Hertz (2) et de Cornélius van Solingen (3) sont des exemples de celte anomalie du cordon.

À Henri-Auguste Wrisberg (4) revient l'honneur d’avoir le premier décrit cette anomalie, sous le nom d'insertion vélamenteuse. Il la considère comme une rareté. Il conseilla aux accoucheurs de ne pas trop tirer sur le cordon dans cette insertion vicieuse et entrevit la relation entre

(1) De superfoetatione conjecturæ, Argentorati, 1738. In Alberti de Haller Collect. Disputation. anatomic. selectæ, vol. V, pag. 349 d’après Chantreuil.

(2) Herrz, De fun. umb., Helmst., 1767, $ 25, p. 39 (id.)

(3) Corn. Soin, trad. allem. ne 1742 (id.).

(4) Commentat. de secundinar. humanar. varielate, sect. I, obs. IL In

Nov. Comment. Societ. reg. scient. Gottingue, t. IV, 1770 (id.). LEFÈVRE 2

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la rupture de la poche des eaux et l’hémorrhagie rapidement mortelle pour le fœtus dans ce cas.

En 1778, Sandifort (1) donnait la relation d’un nouveau cas d'insertion vélamenteuse et montrait très clairement comment « le cordon ne s’insérait en aucune façon sur le placenta, mais se terminait par l'extrémité dite placentaire aux membranes même de l'œuf. Deux artères, une veine composaient ce cordon. »

Dans un article publié dans les archives des accouchements de Schweighaüser, Jean Frédéric Lobstein (2), prosecteur à la Faculté de médecine de Strasbourg, connaissant parfaitement les cas de Wrisberg et de Sandifort auxquels il fait allusion, cite en 1801 un nouvel exemple de celte anomalie. Après avoir constaté comme ses devanciers la grande rareté de cette insertion, 1l fait remarquer « comment la manière dont les vaisseaux du cordon se sont divisés dans le cas présent, a une sorte d’analogie avec celle qu’on observe dans la plupart des quadrupèdes, surtout si, comme il arrive quelquefois, le placenta est en même temps divisé en plusieurs lobes, qui ne tiennent ensemble que par le moyen des membranes et des vaisseaux. Dans les animaux qui ont des cotylédons cette disposition est nécessaire, car pour que les vaisseaux qui entrent ou qui sortent de ces cotylédons puissent se réunir en un seul cordon, il faut qu'ils se ramifient auparavant dans les membranes. L'auteur ignore si la rupture de celles-ei dans les quadrupèdes donne quelquefois lieu à des hémorrhagies graves, toujours est-il certain qu’une con-

(1) Observationes anatomico-pathologicæ, lib. IT. Lugduni Bat., 17178, p. 93 et suiv. (id.).

(2) Notice sur une disposition particulière des vaisseaux du cordon

ombilical, tome I, Archives de l’art des Accouchements publiées par SCHWEIGHAUSER, Strasbourg, 4801, p. 120.

MS, Pre

formation pareille dans la femme peut être funeste à l’enfant, surtout si la plupart de ces vaisseaux ont un diamètre égal à celui du tronc qui leur a donné naissance comme on l’observe dans l'exemple qu'il vient de rapporter ». Et il conseille, en cette occurrence, de terminer l’accouchement le plus tôt possible soit par la version soit par une application de forceps. |

Dans une thèse soutenue à Heidelberg (1) en 1831, Benckiser réunit un certain nombre de faits connus d’insertion vélamenteuse. Il discute spécialement les rapports de cette implantation anormale du cordon avec l’hémorrhagie et il rapporte un exemple de ce genre. Mais il n’a rien appris de nouveau. Cette hémorrhagie était déjà connue et on l'avait rattachée à sa vraie cause. Pourquoi vient-il réclamer la priorité dans la circonstance ? De plus la dénomination de placenta de Benckiser donnée par certains auteurs pour l'insertion vélamenteuse n'est-elle pas une erreur historique ? Ne serait-il pas plus juste de la remplacer par celle de placenta de Wrisberg ou mieux peut-être de Lobstein, du nom de l’auteur qui en a donné la meilleure et la plus complète description, comme le proposait le D' Bessière (2) ?

En 1866, Hüter (3) attire l’attention sur les troubles apportés dans le développement de l'enfant par l'implantation vélamenteuse et donne sur l’origine de cette anomalie l'explication suivante. A son avis l'insertion du cordon serait normale lorsque les vaisseaux allantoïdiens viendraient se mettre en rapport avec la sérotine ; au contraire

(1) Rogerr Bencriser, De hemorrhagia inter partum orta ex rupto venæ umbilicalis ramo. Thèse Heidelberg, 1831.

(2) Bessikre, De l'insertion vélumenteuse du cordon, Th. Paris, 1883-1884.

(3) Hurer, Monatssch. f. Geburts, tome XXVIII, p. 330.

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