Histoire de l'hyène, t. III, p
Buffon sur ce que raconte Gessner touchant des loutres privées qui obéissaient à leur maître, et qui venaient lui rapporter le poisson qu'elles avaient pris.
Le chien est la conquête la plus complète de l'homme sur la nature. Cet animal nous a donné son espèce entière, et à ce point que le type de cette espèce semble avoir disparu.
Nulle part le chien n'a été trouvé à l'état de pure nature. À défaut de cet état de pure nature qu'on ne connaît pas, F. Cuvier remonte jusqu'au chien le moins modifié par l'homme, c'est-à-dire jusqu'au chien de l'homme le plus grossier, le moins industrieux de la terre, jusqu'au chien de l'habitant de la Nouvelle- Hollande. C'est ce chien qu'il prend pour type de l'espèce. Après le chien de la Nouvelle-Hollande, celui qui se rapproche le plus de l'état sauvage est le chien des Esquimaux. Notre ménagerie les a possédés tous deux : ils n'avaient, ni l'un ni l'autre, l'aboiement net et distinct de nos chiens domestiques; et ils avaient, l'un et l'autre, sous leur poil soyeux, une sorte de
poil laineux ou de duvet , que nos chiens domestiques ont entièrement perdu.
Le chien et le loup sont des espèces si voisines qu'on n'a pu leur trouver encore de caractère qui les distingue. Linné, en ce genre pourtant si habile, n'en a trouvé d'autre que celui de la queue, tournée à droite ou à gauche. Le caractère distinctif du chien, selon Linné, serait d'avoir la queue tournée à gauche 1 .
Notre ménagerie a eu plusieurs loups trèsapprivoisés. L'un d'eux a offert à F. Cuvier un de ces attachements profonds, dont on croirait l'espèce même du chien à peine capable. « Ce loup, dit-il, suivait en tous lieux « son maître, obéissait à sa voix, montrait la « soumission la plus complète... Étant obligé « de s'absenter, son maître en fit don à la « ménagerie : là, enfermé dans une loge, cet « animal fut plusieurs semaines *ans montrer « aucune gaieté, et mangeant à peine ; ce- « pendant sa santé se rétablit ; il s'attacha à