Traité des sensations, troisième partie, chap. m
2. « Il semble qu'on ne sache pas qu'il y a de la dif- « férence entre voir et regarder; et cependant nous ne « nous faisons pas des idées aussitôt que nous voyons; « nous ne nous en faisons qu'autant que nous regardons « avec ordre, avec méthode. En un mot. il faut que nos « yeux analysent..... » Ibidem,
dans Femploi de certaines expressions qui ne sont pas justes, et que Condillac sait très-bien n'être pas justes.
Ainsi, par exemple, il dit : que le toucher seul juge des objets extérieurs par lui-même 1 ; que les autres sens n'en jugent que par le toucher 2 ; que c'est le toucher qui instruit les autres sens 3 , etc.
Et cependant il avait dit ailleurs que les sens ne sont que cause occasionnelle; qu'ils ne sentent pas; que c'est l'âme seule qui sent à V occasion des organes 4 .
A n'employer ici qu'un langage rigoureusement précis, c'est donc Y esprit seul qui sent, Yesprit seul qui juge, Y esprit seul qui s'instruit. Aucun sens n'en instruit un autre. V esprit seul s'instruit en corrigeant un sens par l'autre, ou, à parler plus exactement encore, en corrigeant les impressions