Histoire du renard, t. II, p
%, Histoire du chat, t, II, p. 497,
gnanimité du lion, de sa fierté , de son courage, et de la violence du tigre, de son insatiable cruauté, de sa férocité aveugle. F. Cuvier a toujours vu dans ces deux animaux le même caractère : tous deux également susceptibles d'affection, de reconnaissance, et tous deux également terribles dans leur fureur.
On suppose communément aux animaux carnassiers un caractère moins affectueux, moins traitable, qu'aux animaux herbivores.
L'observation montre que tous les ruminants adultes, surtout les mâles, sont des animaux grossiers, farouches, qu'aucun bienfait ne captive, reconnaissant à peine celui qui les nourrit, ne s' attachant point à lui, et toujours prêts à le frapper, dès qu'il cesse de les intimider.
Le tigre, le lion, Yhyène, etc., sont, au contraire, sensibles aux bienfaits ; ils reconnaissent celui qui les soigne; ils s'attachent à lui d'une affection sûre. « Cent fois, » dit F. Cuvier, « l'apparente douceur d'un herbi- « vore a été suivie d'un acte de brutalité;
« presque jamais les signes extérieurs d'un « animal carnassier n'ont été trompeurs : s'il « est disposé à nuire, tout dans son regard et « dans son geste l'annonce ; et il en est de « même si c'est un bon sentiment qui Tact nime. »
Les animaux herbivores (du moins certains d'entre eux, surtout les ruminants), quand ils ont la force, sont donc, au fond, d'une nature plus intraitable que les carnivores; c'est que leur intelligence est beaucoup plus grossière, beaucoup plus bornée, et que, pour agir sur les qualités intérieures de l'animal, nous n'avons qu'un moyen : son intelligence.
Plutarque, dans un de ces moments , il est vrai, où il exalte un peu les bêtes aux dépens des hommes 1 , prétend qu'une bête ne s'asservit jamais à une autre.
« Ny ne vit-on jamais, dit-il, que un lion « s'asservist à un autre lion, ny un cheval à « un autre cheval à faute de cœur, comme « fait un homme à un autre homme, con-